Daniel & Jean-Claude Besse

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Management de la performance

Après des années passées dans le triathlon, peut-on encore changer quelque chose dans notre préparation d’une saison ?

La réponse est oui, surtout lorsqu’on s’entraîne sans plan à long terme, et que la distance de nos compétitions augmente au fur et à mesure des années s’écoulant. Et la réponse est d’autant plus oui, lorsqu’on se dit qu’avec un Master of Science en poche, on devrait comprendre les modèles de l’entraînement et de la performance d’un oeil plus scientifique.

Avec Daniel depuis un peu plus d’une année on s’est un peu plongé dedans (lui peut-être bien plus que moi), on a compris l’intérêt de certaine formulations, implémenté quelques concepts, eu des réticences face à certaines déclarations, et gentiment convergé vers notre façon d’analyser nos entraînements, leur charge sur notre corps et la fatigue qu’ils génèrent, etc.

Le travail a débouché sur 3record.de (en beta privée, nous contacter si intérêt il y a), qui évolue encore peu à peu, mais permet déjà une belle analyse de la saison passée. Reste encore à tourner cela en un plan pour la suivante avec les acquis de connaissance. J’avais de la chance de commencer aussi avec presque 5 ans de journaux d’entraînements en poche (peut-être que je transformerai l’évolution de mes saisons en une news plus tard), ainsi que depuis cette saison des pédales mesurant la puissance à vélo (car pour analyser des données, mieux vaut les avoir collectées auparavant, et le plus précisément possible).


Le but pour 2016 était de continuer comme les années précédentes, avec un parallèle toutefois 3record.de pour avoir un feeling des informations utiles à extraire. J’ai toutefois l’impression qu’il en a parfois fait un peu plus, preuve que c’est un outil utile.

TSS, ATL, CTL, TSB, késako ?

Avant de commencer, quelques définitions (ici en version crash course simplifiée, les détails mathématiques peuvent être trouvés sous http://www.3record.de/about/metrics par exemple) :

  • FTP : Estimer la fatigue et la forme peuvent se faire par la durée et/ou la distance des entraînements uniquement, mais ne sera pas très précis. L’intensité entre aussi en compte. (J’insiste sur estimer. Beaucoup de facteurs - mentaux, professionnels, familiaux, liés à la santé, etc - non pris en compte dans le modèle peuvent affecter la performance.) Toutefois l’intensité d’un entraînement ne dépend pas seulement du travail fourni, mais de la capacité de chacun à fournir ce travail. Ainsi on définit le Functional Threshold Power comme la puissance maximale qu’un athlète est capable de tenir sur environ 1h. La FTP est donc la référence de notre niveau en endurance (par exemple 1’30/100m en natation, 325W à vélo et 3’25/km en course).

  • NP : Le corps réagit à l’effort fourni non pas instantanément, mais un peu plus lentement (de l’ordre de 30s). De plus, l’effort fourni ne dépend pas du travail moyen (ie. 10km en 50min régulier seront plus faciles que 2x5km, le premier en 20min le deuxième en 30min). Le Normalized Power (ou Normalized Pace en fonction du sport) donne ainsi la puissance (ou vitesse) correspondant au même effort si maintenue constante pour la durée de l’entraînement.

  • TSS : Armé de la FTP ainsi que NP, on peut faire des calculs intéressants. Leur ratio donne un facteur d’intensité (IF), qui mis au carré et multiplié par la durée et par 100 donne le Training Stress Score. Le TSS est une mesure du stress généré dans le corps par un entraînement dans sa globalité. Une course d’une heure donne 100 points, des intervalles durs sur plus d’1h30 peuvent donner 100 voire 200pts, un footing récup de l’ordre de 30-50 par exemple.

  • ATL : Pour Acute Training Load, ou la charge d’entraînement récente, est calculé comme une moyenne pondérée du TSS sur la dernière semaine. L’ATL est souvent comparé à la fatigue, car c’est une charge à court terme.

  • CTL : Pour Chronic Training Load, correspond à la charge d’entraînement chronique, calculé comme l’ATL mais sur une période correspondant plutôt à un mois. Le CTL est associé à la forme, c’est une charge accumulé sur du plus long terme.

  • TSB : Enfin on calcule le Training Stress Balance, par simple soustraction CTL-ATL. Le TSB est positif lorsque la charge récente est inférieure à la charge chronique (de manière équivalente lorsque la forme est supérieure à la fatigue). Il devient négatif dans les périodes de croissance de charge, lorsque la fatigue se fait sentir. Ainsi TSB est aussi référencé comme la fraîcheur.

Note : Ceci est la première d'une news en 3 volets, qui devriendra de plus en plus orientée pratique. La deuxième partie est publiée sous http://www.besse.fr.nf/news/260-Management-de-la-performance-2e-partie, la troisième sous http://www.besse.fr.nf/news/261-Management-de-la-performance-3e-partie.

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bravo, ça devient top !
par PA le 17-10-2016 à 09:00


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Seelandtriathlon

Circuit déjà gagné

Ayant le circuit déjà gagné avec le maximum de points suite à mes victoires sur olympiques à Zug, Nyon, Lausanne et Uster, c’est sans pression que je me rends à Morat pour un dernier triathlon cette saison. Malheureusement le temps pluvieux et venteux du matin m’enlève un peu de motivation en me levant et me préparant pour la course et, comme le rappel swisstriathlon depuis quelques semaines dans ces news, j’ai tout gagné jusqu’à maintenant mais la concurrence se voudra plus rude cette fois-ci.

Bonne natation sans faire de grosse différence

Sur la partie natation tout d’abord, je m’attends à devoir m’accrocher à Reiny Brown qui m’avait mis plus d’une minute à Uster sur les 1500m sans néoprène. Parti pas loin de lui à sa gauche, je force sans trop regarder devant au départ pour le suivre. Mais voilà, je me retrouve devant et lève alors la tête. Voyant plus de buée que de bouée je me décide à rejoindre un autre groupe qui nage sur ma gauche à une bonne vitesse. Je me retrouve ainsi sur la droite de Julien Coudert à la hauteur de ses hanches avec quelqu’un dans mes pieds (probablement Reiny). Pour l’instant je me cale sur le rythme mais finis par me retrouver d’un coup devant lorsque mon acolyte s’arrête après s’être pris une vague le bord du kayak, que sais-je. Au passage de la première bouée, les mouvements du lac se font alors ressentir. Les vagues que venaient de l’arrière-gauche sont maintenant de plein face et les efforts se font plus importants.  Je nage alors pour moi comme sur tout le retour où les autres n’ont pas suivi exactement la même trajectoire. Sur la toute fin, je me fais dépasser par la gauche et finis dans les pieds de Coudert sur la rampe de sortie.

Pas un rouleur après tout ?

Transition rapide, éviter la glissade de justesse en montant sur le vélo, et essuyer la buée sur la visière ; c’est bon je suis en tête sur le vélo et tout va bien. Je me cale vers 320W (au compteur, sachant qu’il surestime un peu avec mon pédalier ovale, mais de toute façon ce n’est pas le chiffre absolu qui m’intéresse, plus rester constant) et si c’est rapide je dois au début plutôt faire des efforts pour ne pas exagérer comme l’année passée (où j’avais pété ensuite en course). Il souffle pas mal effectivement et j’ai peur de me faire rattraper par les rouleurs, mais pour l’instant je me sens bien. L’instant fatidique arrive à 10km déjà. Je n’avais pas fait beaucoup d’écart en natation et Philipp Koutny me passe alors comme un avion sur le plat juste avant la première montée du Vully. Faut-il tirer pour le suivre ? Petit coup d’œil en bas, 340W, reste calme, ça ira. La mauvaise vision est vite passée… mince c’est mauvais signe ! Peu après la descente, c’est au tour d’Adrian Haller de me passer lui aussi. La différence est moins flagrante là, mais à forcer derrière lui pour le garder à vue je passe la deuxième montée un peu dans le rouge et dois le laisser lui aussi fuir sur le retour. Bon, au moins j’ai tenu bien mieux que l’année dernière derrière lui. Maintenant, il faut juste espérer que je puisse tenir. Pourtant, ça commence déjà à venir dur avant le rond-point pour repartir sur le deuxième tour. Les écarts estimés au compteur sont importants (facile 3’ pour Koutny et 1’ pour Haller), et malheureusement uniquement devant mais pas derrière où un groupe semble se rapprocher dangereusement.

Les doutes se confirme et si je me « retenais » pour 320W sur les premiers kilomètres, passer les 300W est un effort sur la même partie dans ce second tour. Je tiens malgré tout jusqu’à la première montée avant de me faire rejoindre par le groupe et suis alors relativement facilement les autres pour les garder à distance. Je me mets relativement proche mais de manière correcte me semble-t-il, même si après la deuxième descente un autre concurrent me tape sur la fesse en passant en me traitant de tricheur qui ne doit pas savoir ce que 10m représente. Cet intermède me laisse perplexe et je navigue alors comme je peux dans le groupe un peu perturbé jusqu’à l’arrivée (et avec des watts nettement plus bas qu’avant en ayant l’impression d’être tiré/bloqué par le groupe plutôt que choisir mon rythme ; c’est de ça que se plaignent les pros sur ironman ?).

Assurer la course

2016 Seelandtriathlon Daniel cap
Départ course à pied (photo Swisstriathlon)

Ma foi, si cette fin de vélo s’est trouvée être un peu spéciale, il me faut maintenant courir vite ; et ça j’ai prouvé dernièrement que je sais le faire. Transition éclair, je pense être 4e (mais suis en fait 3e), et je m’élance en un rythme rapide pour scier les jambes et le moral des autres. Mes mollets se réveillent alors subitement ; veulent-ils me suggérer que la séance sur piste de mardi était un peu rapide ? Probablement, et ils ont peut-être même raison, mais la question ne doit pas être posée à ce moment ; on court et c’est tout. Au coup d’œil à la montre, je cours aux alentours de 3’45/km, en forme c’est faisable de tenir, sinon vaut mieux caler après que les écarts soient faits, dans les deux cas il faut donc continuer. Après 4km, je ralentis un poil le rythme (peur de la déconvenue du 5e km de l’année passée) et laisse alors revenir celui que j’entends derrière moi. Il lui faut un petit moment mais il me rejoint finalement et prend alors un relai de pace-maker que je ne lâcherai plus jusqu’à l’arrivée. Les seuls fois où je suis passé devant doivent se compter sur les doigts d’une main : les ravitaillements où je ne ralentis pas alors que lui le fait pour boire, et une autre fois vers 17km lorsqu’il a légèrement laissé tomber le rythme. Ma stratégie est donc clair, tenir, tenir, tenir et si possible prendre le sprint à la fin. Ce que j’ai réussi à faire.

Content du résultat et de 2016

Si on compare avec l’année passée, j’ai fait exactement le même temps à vélo (alors qu’Haller et Samuel Jud, 1er et 2e en 2015, on les deux mis 1-2 minutes de plus) et est pourtant réussi à faire une excellente course avec 1h15 pour 20km contre 1h26 en 2015 où les 5 premiers kilomètres m’avaient fait exploser. En conséquence, et même si c’est le premier triathlon que je n’ai pas gagné cette saison, je suis content de ma course et ne pense pas que les deux premières places auraient été accessibles par une meilleure gestion. Mes remords seront aussi effacés par mon compagnon en course qui m’a confirmé m’avoir suivi longtemps à vélo et n’avait pas l’impression que je roulais plus proche que le groupe qui nous a rattrapé.

2016 Seelandtriathlon podium
Podium

Sur ce, se conclut pour Jean-Claude et moi la saison 2016. Une belle saison où notre niveau course à pied s’est clairement amélioré. Jean-Claude a eu quelques problèmes de confiance en fin d’année (conséquence, en tout cas en partie, de la chute à Uster) mais a aussi bien couru à Morat. Pour titiller les tous meilleurs, ne nous reste donc plus qu’à faire un même saut à vélo… J’ai ouï dire qu’au Rushteam « yapluka » était la solution miracle.

2 commentaires
Top ! Comme à chaque fois, c'est un plaisir de vous lire.
Félicitations pour votre incroyable saison à tous les deux et tous ces beaux podiums. Ça promet de très belles choses sur la distance supérieure l'année prochaine !!!
Une première sous les 9 heures ? Une double qualif' pour Hawaï ? C'est tout ce que je vous souhaite à tous les deux !
Sportivement,
Simon

par Simon le 22-09-2016 à 09:30
Merci.
Sous les 9h c'est effectivement l'objectif qu'on a officiellement annoncé. Pour l'instant, ça peut dépendre encore de beaucoup de choses mais ça fait un joli défi...

par Daniel le 22-09-2016 à 09:45


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Des résultats divergeant à Uster

Si Daniel a pu confirmer sa belle lancée avec une victoire de plus, il en est allé un peu différemment pour ma part, avec une course partie en vrille au 30e km...

Mais avant cela, faut préciser qu'Uster était une course à départ par intervalle en contre-la-montre, quatre personnes à la fois toutes les dix secondes. Les sensations à l'échauffement sont mitigées, avec une prépa pour Nyon super bien réussie mais derrière des traces de fatigue ressentie à Lausanne et déjà en trottinant le long du Greifensee. Il fait chaud, peu de vent, pas un nuage. L'eau est à 25 degrés, ce sera pour une fois sans néoprène. Je propose à Daniel de partir assez devant, pour éviter des bouchons. Sur le ponton les gens nous demande de passer devant en nous reconnaissant plus ou moins. On se retrouve à partir dans la deuxième vague, avec un autre excellent nageur.

Départ, descente d'escaliers jusqu'à l'eau et premiers coups de bras. Très vite on reprend les 4 partis devant et c'est à notre tour de faire la trace parmi les bateaux ammarrés (décidemment Uster n'arrivera jamais à les déplacer juste pour un jour de course). Ensuite Reiny Brown, parti avec nous, me dépasse et d'une traîte rejoint puis dépose Daniel ! Il avance vite.

Moi je me sens moyennement bien, ça glisse mais manque peut-être un peu de cadence. Je me ferais reprendre par Guillaume Wicht sur la fin du premier tour. Sortie à l'Australienne et replongeon pour un deuxième tour (si c'est sympa lors d'un normal ça fait bizarre avec des départs échelonnés où des gens partent alors qu'on attaque le deuxième tour).

Sortie de l'eau, transition et départ vélo en 4e position (enfin c'est mon impression mais à nouveau en contre-la-montre c'est impossible à dire). Si je pars fort, Guillaume devant me distance tout de même, et Daniel et Reiny sont hors de vue. Un peu dur à assumer, mais il me semble bien tirer et la moyenne à plus de 40km/h est bien là. Au passage au début du deuxième tour un autre me reprend, je suis parfois un peu coincé par des voitures. Je préférais le parcours précédent pour être honnête, avec une montée sur Forch qui laissait plus la place pour faire des écarts que deux tours 100% plats et assez bondés de vélos et voitures. M'enfin reste plus qu'à tirer jusqu'au km 35 et se préparer pour une course rapide je me dis.

Seulement voilà, en entrant dans Fällanden, 30.1km au compteur, je suis en train de dépasser lorsqu'un concurrent fait un écart. Et puis tout se passe très vite, pas vraiment le temps de réaliser que je me vois coincé entre une voiture en face et le vélo à ma droite, tape un trou dans la route, tombe en avant avec le ventre sur le guidon, et avant de me rendre compte de quoi que ce soit je suis à faire un roulé-boulé sur la route. De 41.8km/h à zéro en une fraction de seconde.

Je reprends mon vélo, un concurrent m'apporte ma visière du casque qui s'est détachée, je me tire de côté, une dame en voiture me demande si ça va. Oui je crois tout va bien. Reste à vérifier si le vélo tourne et repartir. Enfin presque: des samaritains d'une fête du village débarquent et insistent pour désinfecter puis bander mes plaies sur le dos et la hanche. Puis c'est au tour d'une moto d'arbitre d'arriver et demander de vérifier que je soit conscient, capable de suivre les doigts avec les yeux, etc. Moi j'ai la tête un peu ailleurs, à essayer de comprendre ce qui s'est passé. Me semble que le nombre de vélos diminuent quand enfin ils me laissent repartir. Je suis entourés de femmes parties vingt minutes après (mais ce dont je me doutais pas alors avec un tour en moins que moi), et je finis à leur rythme en pensant à courir pour changer mes idées.

Départ rapide, un peu frustré surement, et après un petit kilomètre je me rends compte que leur bandage compressif autour de la poitrine va pas me simplifier la tâche: impossible de respirer par cette chaleur. Tant pis, ça sera mon footing décompressif. De quoi voir Daniel reprendre la tête à Guillaume dans un dernier kilomètre de folie (3'15), pour aller assurer la victoire au circuit avec le maximum de 7000pts ! Moi il me reste 5km, à dépasser en continu, avant de rejoindre la ligne.

Daniel, Stefano (collègue du TV Oerlikon) et Jean-Claude à l'arrivée

Petit à petit les douleurs remontent ensuite, avec la peau du dos râpé qui tire, un hanche gauche meurtrie et quelques courbatures dues au choc. Rien de trop grave, ça ira mieux la prochaine fois.

Une victoire de plus pour Daniel, décidemment inarrêtable en 2016



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Magnifique doublé au tri de Lausanne!

2016 est pour l'instant une saison presque parfaite pour moi. Les victoires s'enchaînent sur tous les triathlons de cette saison et ma préparation de chacun est bien gérée et sans blessure. Si Jean-Claude n'aura cessé de me baratiner tout l'hiver que nous ne nageons pas assez et perdons du terrain sur cette discipline, j'ai bien l'impression que mes retours à lui dire que nos progrès à vélo et en course à pied seraient plus bénéfique sur le résultat final ne se vérifient. Mes victoires sur circuit à Zug et à Nyon avaient démontré cette capacité actuelle, avec l'entraînement pour la longue distance à mon avis, à ne plus subir la distance olympique mais pouvoir attaquer celle-ci de bout en bout. Malgré tout, il aura fallu attendre Lausanne pour obtenir ce dont j'avais rêvé après ces courses: un doublé sur un olympique du circuit!

Personne de présent

A lire l'article sur le site de swisstriathlon la veille, il semblerait que personne ne soit présent sur la distance olympique. Les pros sont de toute façon à Rio ou ailleurs et les jeunes sont sur les championnats suisses du samedi soir. A nous donc de faire la course et prouver le contraire. Les préparatifs sont légers pour moi, rentré de cours de répét le samedi soir realitvement tard. Mais après une bonne nuit de sommeil, je me sens prêt à attaquer les fameuses montées de Lausanne, et avec le contre-la-montre cette année, comme quoi nous sommes enfin prêt mentalement également.

Au départ, nous sommes tout proche avec Jean-Claude, mais aussi David et Leandro. Pan! grosse poussée sur le ponton, j'ai déjà de l'eau plein les lunettes, zut! Bref, Jean-Claude est à ma droite plus ou moins et je nage dans ce qui me semble être une ligne droite mais sans lever la tête pour l'instant. Le courant me porte toutefois contre la berge et je passe par conséquence du côté gauche des bouées indicatrices de l'aller alors que la ligne droite voudrait les contourner par la droite. Je suis seul et nage pour moi, en me demandant toutefois si le bateau tout à droite suit quelqu'un qui a mieux géré que moi la trajectoire ou s'il est là pour moi de loin. Bref, je continue sur ce qui semble être un bon rythme mais des zigs-zags car chaque fois que je lève la tête la bouée est trop à droite. Je sais en y arrivant être le premier malgré tout. Le retour est plus difficile avec le courant de face cette fois-ci et des vagues un peu cassantes. Je regarde plus souvent devant pour ne pas refaire les erreurs de l'aller et pense déjà au vélo.

Tenir la tête à vélo

A la transition, j'ôte ma combinaison avec un peu de peine quand on m'annonce 50 secondes d'avance sur le duo Jean-Claude - Leandro. En poussant mon vélo je remarque que la chaussure gauche sur laquelle je m'appuie d'habitude pour monter n'est plus tenue par son élastique (Estelle me dira après que je l'ai faite tomber avec ma néoprène) et suis donc un peu perturbé pour ma montée que je fais à l'arrêt en deux-temps... oups, et tout ça sous l'oeil de la moto-caméra. Bref, c'est pas grave, maintenant il suffit d'appuyer sur les pédales. Le premier tour est en plus si agréable avec la moto ouvreuse et personne sur la route pour boucher le chemin. Je ne regarde pas trop le chrono ou les watts, si ce n'est pour me forcer à tirer l'avenue de Provence en faux-plat descendant. Au deuxième tour je commence à dépasser du monde et à partir du troisième je fais cela avec un autre concurrent qui a le même rythme que moi jusqu'à la fin. Je le passe dans la montée, soit l'avenue d'Ouchy soit Marc-Dufour, et il me reprend soit à l'avenue de Provence soit à la Vallée de la Jeunesse et fait le plat devant Bellerive devant. Mon avance est constante à entendre dire les spectateurs au bord du parcours, même si tous ne semble pas être tout à fait d'accord.

Tri Lausanne 2016 - Daniel à vélo
Premier tour à vélo, encore seul sur le parcours.

Gérer la course

Tri Lausanne 2016 - Daniel à course à pied
Course à pied en tâchant de rester relâché.

Un petit gel dans la descente de Denantou, et une dernière ligne droite face au vent sur les quais et la course à pied est déjà là. Ouch, les cuisses sont dures sur les premiers hectomètres. Les montées en danseuse se font quand même sentir. Pas le temps de réfléchir toutefois, il faut prendre un bon rythme et le tenir; il devrait y avoir de la marge pour gérer si je cours à mon rythme. Au demi-tour, je vois Leandro et Jean-Claude, mon avance est relativement importante mais je ne saurais la juger à l'oeil. Garde ton rythme et cours, me dis-je. Le détour sur la place de la navigation est plus long que d'habitude, Lausanne aurait-il enfin 10km pour de vrai? C'est ce qu'il semble au passage du premier tour: 2.5km à la montre, 1'45 sur Leandro et 2'09 sur Jean-Claude à l'autre bout selon le speaker, sans soucis c'est joué pour moi. Je conserve donc mon rythme et les cuisses se sont relâchées gentiment. Il me semble même être plus relax mais je n'ai pas envie d'accélérer, ce serait tenté le diable. Ainsi les tours s'enchaînent et je vois à chaque demi-tours de Bellerive mon avance gentiment augmenter et Jean-Claude revenir puis dépasser Leandro.

Et profiter

Tri Lausanne 2016 - Finish avec Jean-Claude
Passer la ligne une deuxième fois avec Jean-Claude, quel plaisir!

A l'arrivée je suis fou de joie. Quand l'année passée, je souffrais pour un 36'20 sur un parcours un poil plus court, cette année je me sens bien après un 34'30, qui, sans être "facile", ne semble pas avoir épuisé toutes mes réserves. Mais des fois, c'est mieux comme ça; les compétitions avec les meilleurs chrono sont celles qui ont été gérées et pas celles où l'on est parti vite pour exploser ensuite. Bref, pas le temps de penser à cela, je tombe dans les bras de maman et Nadine sur la barrière et refais encore une fois la ligne lorsque Jean-Claude arrive. Je suis aux anges!

Et quel plaisir aussi tous ces mots et messages aussi bien pendant qu'après la course de ces gens qu'on connaît du triathlon ou d'ailleurs pour nous féliciter. Mention aussi pour Vincent Péclet, journaliste au 24heures, qui a pensé à cet article qu'il avait fait sur nous il y a tout juste dix ans... le temps passe vite, mais que de bons souvenirs sur toutes ces années de triathlon!

Tri Lausanne 2016 - podium
Podium avec Leandro.
1 commentaire
bravo d'avoir pensé à cet article dans 24h, ça fait plaisir.
par PA le 22-08-2016 à 17:49


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Champion Suisse … en chocolat

Cette 4e place ingrate, dont personne ne veut lors d’un championnat national, elle était hier pour moi à Nyon. Mais faut dire que j’en étais pas si déçu que ça, ayant démontré une belle perf sur ma course.

Concurrence et objectif

Faut dire qu’en arrivant sur place, la concurrence de la journée semble être plus élevée que sur un olympique traditionnel du circuit. En effet la fédération a demandé a beaucoup de juniors dernière année membres (ou potentiel membres) des cadres de faire leur première expérience sur la distance à Nyon.

A l’échauffement avec Daniel on discute de quel est notre niveau par rapport à des jeunes habitués aux coupes d’Europe sur sprint et avec drafting. Nous depuis leur âge avons bien progressés à vélo surtout, mais la seule réponse possible est : on verra bien d’ici 3h.

L’objectif pour moi reste le même : une place sur le podium, en faisant une belle nat pour ne pas partir avec trop de retard, bien tirer mon vélo et ne pas péter dans la course.

Natation agitée

Le lac est un peu remonté il faut dire, à l’échauffement les vagues secouent et le courant déporte. Mais la combi étant autorisée ça sera plutôt un bercement (PA nous demande de ne pas s’endormir) qu’une forte gêne. S’il y a quelques années j’étais toujours ralenti par les vagues qui casse ma longue glisse, là je me dis de forcer un poil plus la cadence et bien tirer au bon moment et ça passera.

Au départ un plongeon rapide et je me détache déjà des gens autour de moi, sauf Daniel que je suivrai jusqu’à la première bouée. Alors un regroupement se produit avec les juniors partis tout à gauche. Lars Holenweger part à l’assaut avec Daniel et Florian Müller, moi je resterai dans le second groupe fort de 5 personnes. Au bout du rectangle c’est des vagues plein la gueule, on peut juste essayer de pas boire deux litres. Retour rapide vers la berge, portés par le courant ¾ dos.

A la sortie Australienne je gère pas très bien mon coup, pars un peu en banane et perds mon groupe. C’est stupide car je me prends 30s dans les dents juste parce que je dois finir seul et lever la tête bien plus souvent. M’enfin sortie de l’eau en 8e position, course longue jusqu’en transition et l’heure arrive d’envoyer des watts.

Course vers la transition à la sortie de l'eau

Jean-Claude, alors 8e, courant vers la transition

Avionner à vélo

Mes 4 compagnons de la première boucle natation ne sont pas bien loin, et je suis décidé à revenir sur eux au plus vite. J’en reprends un à la première montée, le deuxième au sommet vers Eysins, le troisième avant de boucler le premier tour, et je reprends du terrain sur Thibaud Décurnex mais lentement. Les écarts sur Daniel et Flo en tête sont d’un peu moins de 2min, mais ils doivent rouler sec car ils reprennent un peu de terrain malgré mes efforts.

Sur les tours suivants ce sera une stratégie constante : belle montée mais sans se mettre dans le rouge non plus, bien tirer les portions suivantes jusqu’au sommet du parcours, reprendre son souffle dans la petite descente, tirer à nouveau jusqu’à l’entrée de Nyon et gérer ce vent qui me crispe un peu, freiner un minimum mais ravitailler sans tirer dans la descente, et remettre les watts à plat en repassant vers la zone de change.

Daniel dans la montéeJean-Claude dans la montée

Daniel et Jean-Claude dans la montée.

Peut-être bien que c’est la première année où je peux me permettre ça sur 40km sans caler à vélo, et c’est la preuve que l’entraînement vélo est en bonne voie. Pas les pédales avec puissance mais ça doit pas descendre souvent sous les 300W, et quand je passe devant le départ à 48km/h à plat (vent de dos d’accord) je suis bien content d’être en contre-la-montre et pas sur mon petit route.

Thibaud sera repris finalement au début du 4e et dernier tour, mais évidemment qu’il va se caler sur mon rythme et ainsi poser avec moi au stade de Colovray, un peu plus de deux minutes après Flo et Daniel.

Tenter à pied

Daniel

Daniel en route pour augmenter la collection de médailles.

Thibaud transite super vite (ou moi lentement maintenant que je ne prépare plus de sprints ?) et sort avec dix petits mètres d’avance. Ma stratégie : rester à son rythme au début, ne pas trop s’agiter, attendre quelques kilomètres pour voir s’il ne devra pas baisser l’allure. 10km ça laisse un poil de temps quand même. Seulement il part vite, et rien que maintenir les 10m ça demande des efforts. Je me motive vers 3km lorsqu’il a un petit coup de mou et que je remonte à sa hauteur finalement. Mais la montée est passée et dans la descente c’est lui qui s’accroche à moi et prendra mon rythme. Ça va vite, trop vite pour moi pour 10km, mais j’essaie quand même de lui prendre la petite avance qui ferait tant de bien au moral. Rien n’y fait il est dans les pieds et raccélère au ravito suivant.

Jean-Claude, un peu dans le dur

C’est à mon tour d’avoir un coup de mou, quelques débuts de points, et de prendre mon rythme à moi pour la fin des 10km. Lui me prendra 30s sur les deux kilomètres suivants puis se rabattra à ma vitesse également. C’est frustrant, mais j’ai essayé et il était plus fort. Je vois qu'il me manque désormais très peu pour être vraiment bien. Juste de quoi éviter un petit coup de frein au milieu de la càp, ici étant similaire mais moins extrême qu'à Zug.

Champion Suisse

S’il me revient donc la médaille en chocolat, je suis fier de voir que devant Daniel devient Champion Suisse en déposant Florian à pied et battant de plus d’une minute le record du parcours détenu par Mike Aigroz ! Le travail paie, et du travail il y en a eu cette année… (dernier en date? lundi passé, le tour du lac de Neuch, 180km avec de gros relais et environ 5min de discussions en tout et pour tout)

Faudra revoir les paroles de l'hymne par contre Sdt Besse...

A noter aussi plusieurs occurences dans la vidéo du Léman Bleu (https://www.facebook.com/lemanbleutv/videos/930420323754491), le récit de SwissTriathlon (http://www.swisstriathlon.ch/2016/08/06/daniel-besse-und-australierin-katey-gibb-sieger-in-nyon/), ainsi que leur gallerie photo (https://swisstriathlon.smugmug.com/Triathlon-2016/Triathlon-de-Nyon-Swiss-Triathlo/). Et comme d'hab, nos activités sont sur strava...



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