Daniel & Jean-Claude Besse

Natation Vélo Course

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Short distance Zug

Lundi il y a deux semaines, soit un jour après ma victoire au longue distance de Doussard, je me suis inscrit pour le short (hum, Tri Experience que ça s'appelle apparemment dans leur rebranding du circuit) de Zug. Pas un gros objectif pour moi, mais l'envie de le prendre comme un bon exercice de contre-la-montre sur 40km à vélo sans être forcé de trop courir derrière ou avoir trop de pression et me sentir obliger de baisser la quantité d'entraînement la semaine précédant la course.

Le matin, papa, maman et Jean-Claude partent aux aurores à vélo pour rejoindre Zug depuis notre appartement de Zürich tandis que moi je prends la voiture sur une autoroute déserte pour arriver sur place quelque peu trop tôt (ie, les arbitres sont encore aux croissants). J'ai au moins le temps de poser gentiment mes affaires et causer un peu avec Stefano, couroter avec Colin, ou saluer les autres que je connais ici et là. Contrairement à Doussard, je prends plus le temps de m'échauffer et nage un peu plus avant le départ. S'il me faut 500m à me mettre dans le rythme, la partie natation sera déjà finie sur un triathlon si court...

Premier de l'eau... quatrième sur le vélo

J'essaie de faire un départ natation relativement rapide mais me fais un peu chambouler par deux concurrents à ma droite qui visent la mauvaise bouée. Je dois donc passer sur le dos du deuxième avant de pouvoir remettre du rythme et rejoindre un petit groupe qui semble mener alors. Peu après je me retrouve à l'avant de ce groupe et ai de bonnes sensations, le canoë à vue de nez chaque fois que je lève la tête. Je nage pour moi peu m'importe qui suit ou ne suit pas. Bientôt cette fameuse bouée déjà, un peu plus qu'un quart de tour à droite et direction la sortie (avec un petit détour au passage, ne la voyant pas bien avec le soleil en face). Extirpé de l'eau, je me dirige vers mon vélo pour prendre mes affaires et enfourcher ma bécane.

Même si je réussis mieux ma transition que la dernière fois, ce n'est toujours pas brillant par rapport à mon expérience et je me fais dépasser par mon petit groupe de poursuivant dans la T1. Je monte toutefois sur mon vélo tranquillement et prends les pavés pour sortir de la vieille ville avec douceur.

Lancer la machine sans penser à la suite

Une fois sur la route, je bois une petite goutte et commence à enfiler mes chaussures. Rapidement je reprends un des trois autres, puis le deuxième. Pourtant en sur-régime, il me faudra malgré tout plus de 5km avant de dépasser le jeune Tahlmann qui envoie du lourd sur les cocottes de son vélo de route (tandis que moi j'essaie de m'appliquer et me faire tout petit en position sur mes barres). S'en suit une longue partie seul à suivre la moto ouvreuse et regarder le compteur de watts pour me motiver à envoyer toujours plus. Je me suis dit que si j'arrivais cuit en fin de vélo, ça ne ferait que m'exercer pour Francfort, et ainsi je verrai premièrement combien je tiens à vélo en partant fort et deuxièmement les sensations de courir sur des jambes détruites. Seules règles: quitter le moins possibles les barres et beaucoup boire.

2017 Zug: bike
40km en position: but principal de mon triathlon aujourd'hui

Ainsi, les kilomètres défilent à un rythme d'environ 40km/h autour de ce lac de Zug tout plat. Il me semble être suivi encore vers la moitié du parcours sans être sûr s'il s'agit de mon poursuivant ou du cycliste qui s'est lancé sur la route au carrefour précédent. Je ne sais pas trop qu'en penser, j'ai certes diminué un peu le rythme après avoir eu limite le souffle court à 10km mais les sensations sont toujours bonnes et je continue de bien avancer. Ne pas trop y penser est alors la bonne solution, je suis là pour moi et me faire plaisir à vélo alors je continue à regarder la moto de tête et mon compteur et foncer sur la zone de change.

Et maintenant la course

2017 Zug: run
Départ à pied en tête

Descente du vélo tranquille pour ne pas répéter la chute d'il y a deux ans sur les pavés (j'ai réussi à choper un orteil bleu malgré tout... doit quand même y avoir un petit truc qui dépasse!). Passage à ma place en cherchant la moindre mon numéro, enfiler les chaussures et attraper la casquette comme à l'iron et los. C'est maintenant qu'on va voir ce qu'il reste. Et bien, étonnemment, plus que je ne pensais. Je m'efforce à garder le plus joli style possible aux sensations et à ne pas trop regarder la montre. Les sensations sont bonnes et les cinq kilomètres sont avalés à vue d'oeil. Peut-être pas mon meilleur temps sur la distance, et honnêtement je ne sais pas trop combien j'ai mis à cet instant, mais une chose est sûre je me suis senti bien tout du long, ce qui ne peut que me donner confiance pour Francfort... même si la distance sera quelque peu plus longue d'ici là.

2017 Zug: finish
Finish! Content de la victoire mais surtout des sensations.

Rendez-vous dans trois semaines (ew! ça approche sérieusement maintenant).



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Half-iron de Doussard

Half en France : bientôt une tradition ?

Ces dernières années, un half en France au mois de juin ou au mois de juillet a souvent été au programme du Rushteam ; même si pour être plus correct je devrais dire que nous nous joignons à ces sorties longues depuis quelques années maintenant mais qu’elles sont au programme depuis bien plus longtemps quand je vois Philip ressortir des posts-conseils de 2003 sur le forum. Toujours la routine ? Oui et non. Si les derniers se ressemblent sur certains points et la tactique générale utilisée, la préparation et les objectifs ont souvent étés différents. Il y a quatre ans à Troyes, il s’agissait de notre premier semi pour une expérience sur la longueur et la souffrance lorsque les kilomètres ne sont pas dans les jambes et que celles-ci ne répondent par conséquent plus après le vélo. Depuis là, la préparation s’est améliorée et les longs vélos sont devenus plus réguliers. Même si cela reste mon point faible, mon niveau s’améliore et cela se ressent très fortement sur le résultat final. Un meilleur vélo premièrement mais surtout la possibilité de courir comme une fusée droit derrière. Ça commence par Belfort en 2015 qui était mon objectif cette année-là. Une victoire surprise pour moi, jamais repris de la natation jusqu’à l’arrivée. Belle progression depuis Troyes et ce très rapidement. Viens alors l’idée d’enchaîner, un objectif sur un 70.3 « officiel » à Rappi suivi de la sortie club à Dijon. Si les deux s’achèvent sur la victoire, celle de Dijon s’est trouvée être bien plus difficile sur le vélo avec des sensations plus que moyennes. Ce sera finalement la course à pied qui me sauvera. Moi qui ai commencé avec Troyes par du 5:00/km de moyenne sur le semi me réjouis de voir que je peux tenir du 3:45/km pour refaire mon écart et reprendre la tête avant l’arrivée. Cette année, le half a encore plus un goût de préparation et de test toutefois en vue d’un objectif plus long encore : l’ironman de Francfort.

Préparation et sensations

Si pour moi la préparation se passe bien et que mes sensations de ces dernières semaines (voire mois) sont au mieux, on ne peut pas en dire autant de Jean-Claude ou papa. Les deux sont au bord de la blessure et ça me tiraille et déçois malgré tout aussi. Ce qui est beau dans la préparation d’un événement comme celui-là est avant tout de le faire ensemble et de voir chacun y arriver. Malheureusement, nous en avons tous fait beaucoup pour être le plus possible prêts afin d'atteindre notre but de temps fixé et parfois la limite entre beaucoup et trop est dure à jauger correctement ; avec ou sans signes avant-coureurs. Je suis content pour ma part de ne rien avoir eu de trop sérieux ou grave depuis un moment et de pouvoir ainsi tenir une bonne charge d’entraînement qui signifie une bonne forme générale. Mais je sais qu’il me faut faire attention également.

Quant à la course en elle-même, elle ressemble pour moi beaucoup à Dijon. Pas tellement de pression parce que pas un gros objectif et par conséquent pas une grosse préparation spécifique – du point de vue de repérer le parcours, on s’entend, les kilomètres et les enchaînements je les ai. Et la tactique est sue, vue, éprouvée : faire un trou en natation, prendre les 10km plus ou moins plats au début du vélo pour manger un truc et se mettre gentiment dans le rythme, bien tirer ensuite sur une grosse heure (ie dans ce cas la montée), ensuite essayer de ne pas trop subir de coup de mou et voir comment ça se passe niveau pelotons qui reviennent, puis finalement faire une grosse course à pied comme je sais que j’en suis capable. Si les copains me disent que je suis favori et que le speaker a tort de ne pas me connaître, au final je m’en fous – ou c’est même mieux ainsi. L’important est de se rassurer pour Francfort ; la pression je peux la laisser aux athlètes tricolores.

Tasse de thé ou boire la tasse ?

La natation, tasse de thé pour Jean-Claude et moi en général, a été un peu délaissée dans notre programme de cette année. Un ironman doit à peine savoir flotter en néoprène me suis-je entêté à répéter à Jean-Claude. Les quelques minutes que nous pouvons encore gagner sur la discipline nous demanderaient beaucoup plus d’investissement que le retour en comparaison de la progression qu’il nous reste à faire à vélo. Ainsi, je regrette un peu cette mentalité de fleur au fusil lorsque, pour ma première natation avec combinaison de l’année, les bras me semblent lourds et non-réactifs sur les premiers hectomètres dans le lac. Goups, un peu de sérieux, on se reprend. Je croise et dépasse Jean-Claude vers 400m en chemin vers la première bouée et en chasse-patate d’un échappé déjà relativement loin devant. Heureusement les sensations reviennent gentiment et je peux gentiment accélérer la cadence des bras. Au virage à droite, je suis déjà dans ses pieds et peu après je peux même prendre la tête et mener à mon rythme. Logiquement l’écart sur le deuxième n’est pas grand à la sortie mais au moins les sensations étaient bonnes sur toute la deuxième moitié.

Transition rapide jusqu’à enlever le haut de la combinaison avant de merder un peu sur le bas et sur l’attache du casque. Il me faut également faire très attention en poussant le vélo dans la boue du parc de change détrempé par la pluie ainsi qu’en montant sur le vélo. Filmé en continu que je suis par le cameraman officiel, je n’ai de loin pas fait ma meilleure transition. Pas si grave pour du long, il faut juste rapidement se remettre de ces premiers faux-pas pour rentrer enfin dans la compétition.

2017 Doussard - T1
Sortie de T1 vigilante

Excellentes jambes

Je me mets donc rapidement dans le rythme et « envoie les watts », souvent fixé sur mon capteur de puissance qui me dit que je suis un peu fou et vais finir cramé. Le cerveau n’en fait toutefois qu’à sa tête et se dit que si je mange mon gel au kilomètre 6 au plus tard tout ira bien. Ensuite, ça monte, monte encore un peu plus, et monte encore. Petite descente pour rejoindre un vallon, où je comprends déjà que certaines parties seront difficiles (pour ne pas dire dangereuses) à se frayer un chemin entre les voitures et négocier des virages parfois serrés sur des routes mouillées et un parcours inconnu. Toutefois, je garde un bon tempo et il me semble maitriser tous les passages même techniques. A force de rouler beaucoup plus en contre-la-montre, j’ai confiance et ça se ressent sur ma façon de mener les segments à haute vitesse. Après une partie plus ou moins plate, le parcours se remet à monter encore et toujours. Je pense à la description du speaker et notamment aux « bosselettes, pas des cols alpins ». Heureusement, qu’est-ce que ça aurait été sinon !?

A 35km arrive enfin le sommet et, après un petit bout dans la descente derrière, son demi-tour. L’occasion de voir que 3-4 concurrents ne sont pas loin derrière et que je risque de commencer à voir du monde bientôt. L’avantage est que je vois aussi les autres du club et ils sont nombreux à me dire un mot en passant. Pas vu Jean-Claude par contre, et ça c’est plutôt mauvais signe pour lui.

A ma surprise, je tiens encore toute la descente, la traversée du village et un bout de plat en tête avant que ce qui devait arriver arrive : un groupe de trois qui me passe ensemble ; pas de quoi dire qu’ils draftent mais ils roulent visiblement ensemble. Alors que d’habitude je laissais partir ce genre de groupe, j’essaie cette fois-ci de m’accrocher tant bien que mal – et ça fait plutôt mal. J’ai mangé un bout de barre juste avant et bien augmenté l’effort mais je ne tiens tête qu’au troisième qui est en train de laisser filer devant. Ensuite c’est même à mon tour de perdre petit à petit du terrain en partant en direction du deuxième demi-tour. Je me force alors à manger mon autre barre ; je n’en ai pas très envie mais je m’étais mis en tête de manger plus de solide en prévision de l’ironman et il faut parfois respecter le plan. La victoire est perdue ? Peut-être pas au vu de l’expérience à Dijon mais peut-être bien quand même vu l’écart qui doit être important et mon rythme qui a sensiblement baissé. Je n’aperçois d’ailleurs plus personne même sur les longues lignes droites du retour. Allez ! plus qu’à tenir ce bord de lac et ensuite je pourrais poser ce vélo ; c’est mon unique motivation du moment.

Course d’enfer

2017 Doussard - càp
Départ càp (© Vagnotti Bruno)
2017 Doussard - càp
Départ càp (© Vagnotti Bruno)

A Dijon j’avais vu combien il est important de revenir vite sur la tête pour jouer la gagne et j’ai bien l’intention de retenter l’expérience en arrivant en zone de change. Quitte à exploser s’il le faut, ça m’apprendra à courir sous la fatigue comme en fin d’ironman me dis-je alors. Ni une ni deux, je pose le vélo, enfile les chaussures, visse ma visière sur le front, et embarque deux gels pour les 18km restants. Zick-zack, même moi je n’ai pas vu cette transition passer que j’enchaîne déjà une belle foulée. Les sensations sont là, alors on y va !

Le premier bout est un peu difficile avec l’herbe et le gravier, tout comme de voir les deux autres concurrents bien loin devant mais je sais par Jean-Claude et maman n’avoir que 2’30 de retard et que cela est rattrapable. Au panneau des 3 kilomètres, un petit coup d’œil à la montre me donne 10’20. Je l’ai démarrée un peu tard mais ma sensation d’aller vite se confirme au chrono. La distance sur la tête fond également à vue d’œil et me conforte dans mon idée de continuer sur un rythme presque suicidaire. Le parcours monte alors un peu en bord d’une petite rivière et je profite d’un ravitaillement pour manger mon premier gel. J’ai déjà repris une place alors et peu après le début de la descente, j’ai le contact visuel continu avec le vélo de tête. Pour le moral c'est excellent, elle sera à moi cette tête. Mentalement déjà maintenant et en pratique à partir du kilomètre 7. Pas le moment pour moi de baisser le rythme pour autant, je tiens jusqu’où ça ira comme ça et on avisera ensuite.

2017 Doussard - càp
Passage au kilomètre 9, déjà bien entamé mais en tête.

Je croise alors Jean-Claude au kilomètre 9 et sais que l’écart sur mes poursuivants est déjà important. La victoire ne devrait plus m’échapper même si je ne tiendrais pas la même ferveur jusqu’au bout. Les nombreux rushtistes que je vois sur ma deuxième boucle m’encourage alors et je tâche de faire pareil même si parfois avec moins d’entrain. Au passage du panneau 10km, la montre indique 35’30. Fou ? oui – et pourtant, mes muscles l'encaissent encore pas si mal. Je dois certes ralentir le rythme sur la fin mais je tiens un bon 3’40/km de moyenne en général et c’est très réjouissant.

2017 Doussard - càp
Finish(© Vagnotti Bruno)
2017 Doussard - càp
Finish(© Vagnotti Bruno)

Une belle course par conséquent et un test de forme plus que réussi. Reste à bien gérer les dernières semaines avant Francfort – et tenir les pousses pour que tout se passe bien d’ici là comme le jour J.

2017 Doussard - càp
Podium, un peu petit mais avec le sourire... (© Vagnotti Bruno)



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Half-iron de Doussard

Après nos dernières nouvelles du TDFO, suivant deux semaines sans douleurs à la cuisse gauche, un incident de parcours s’est produit pour ma part, à moins de deux mois de l’échéance de l’année à Frankfurt : une douleur aussi subite qu’insistante lors de la séance de course du mardi soir. D’abord comme une crampe au mollet droit, puis qui ne s’améliore pas le soir même. Arrêt immédiat de la série. Le lendemain matin au réveil à 6h presque tombé dans les pommes, la douleur est persistante, et je renonce à la natation. Les jours suivants n’apporte que peu de réconfort, et je crains fortement une fracture de fatigue.

Si maintenant presque trois semaines plus tard le diagnostic n’est toujours pas clair, entre médecins planchant plutôt pour quelque chose de tendineux, kiné pensant à l’os, ou peut-être la veine, physio perplexe devant la situation, et des avis divergents de toute part, le mal est toujours présent par vagues, l’intérieur du tibia juste au-dessus de la malléole souvent rouge et enfle sans bandage, aucun pas de course à l’horizon, et ne serait-ce que ma participation à l’iron ressemble plus à du miracle que le plan bien exécuté jusque-là ne le laisserait paraître.

Doussard, qui se présentait alors comme une course de préparation à 5 semaines du terme, tient alors ce goût spécial de la course dans laquelle je ne serais jamais, de la compétition vécue officiellement comme un compétiteur mais dans la tête de l’extérieur, avec l’envie parfois de tout recommencer à zéro, en retenant une larme au coin de l’œil.

Il reste toutefois 5 semaines (si peu ; mais à la fois, peut-être, sait-on jamais, beaucoup), et donc il faut quand même revoir la gamme, et laisser voler le mince espoir de voir cette ligne d’arrivée qui m’a tant motivée depuis septembre passé.

Annecy
Ville d'Annecy le samedi.

Je pars ainsi samedi sur Annecy avec le Rushteam avec pour ambition de nager et rouler, ça devrait passer, d’écouter le corps et d’arrêter à la première douleur ; comme beaucoup trop d’athlètes avant moi, et beaucoup trop plus tard sans doute, de prendre le départ avec la conviction interne de ne pas arriver au bout. Le plus dur étant de savoir que je tiens (comme Daniel) la meilleure forme de ma vie, et qu’un petit bout de corps défectueux peut stopper net tout effort de continuer.

La fin de semaine se passe toutefois relativement bien, après un week-end de l’Ascension assez chargé en vélo, mais un début de semaine limite niveau douleurs. Après passablement (peut-être trop) de marche dans la belle ville d’Annecy, la jambe redevient douloureuse en soirée, et le matin le réveil est pénible. Je place mes affaires sans certitude, ne dépose pas de chaussures en T2, et ne m’échauffe que brièvement en natation.

Rushteam
Le souper Rushteam d'avant course.

Le départ est donné face au large, et un virage à gauche au coin du ponton nous attend après 20m. Heureusement le départ est dans l’eau, pas besoin de courir sur la plage. Je pars tout droit à fond et en levant la tête la première fois je suis déjà plus loin que le ponton, il faut tourner à gauche. Je suis en deuxième position, très bien placé. Les pieds du premier semblent toutefois un poil trop rapides, et je prends plus ou moins mon propre rythme, en léger surrégime pour garder les bulles et ne pas devoir lever la tête trop souvent. Daniel me rejoins par l’arrière après 400m environ, et je drafte un peu jusqu’à la première bouée. Ensuite c’est un petit bout à les garder en mire, avant de reprendre mon rythme propre. La houle me fait un peu zigzaguer dans ce lac à température bien agréable. Je suis un peu déçu de mon orientation, mais sinon il me semble bien gérer ma natation. Pas de douleurs, et si tout ira bien finalement ?

Sortie de l'eau
Sortie de l'eau en 3e position, satisfait de cette partie.

Sur le retour je me dirige un tantinet mieux vers la sortie, nage jusqu’au maximum pour éviter de trop marcher. En sortant le monde encourageant le 3e que je suis me motive à essayer de trottiner. Ouille ! ça sera un seul pas de course, puis une T1 en marchant tranquillement.

Montée sur le vélo, mise des chaussures, sortie jusque sur la départementale, et je réalise à la première ligne droite qu’aujourd’hui ça ne va pas le faire. Je me pose sur les barres sans l’envie de forcer sur un tibia douloureux, d’emmener un braquet qui me fait mal, de sentir une lancée à chaque tour de pédale. Alors je me relève, prends la décision d’arrêter avant la première bosse à 10km, me repose sur les barres et tente de manger en quasi roue libre pour tester le ravitaillement. Et après moins de 6km, une barre avalée, c’est flèche à gauche (ou plutôt vélo à droite sur une place de parc).

T1
T1 en marchant, la course s'arrêtera peu après.

Direct derrière moi une camionnette des samaritains me demande si j’ai besoin d’aide (comment savaient-ils qu’ils devaient me suivre ?). Je dis que je peux rentrer seul, pas de soucis. Je me remets en route en sens inverse, encourage les Rushtistes que je croise, réalise aussi en passant que si en sortant tout devant de l’eau on est livré à nous même, bien rapidement le champ d’athlètes suivant ressemble plus à Zug ou Ironman Brasil qu’à du no-drafting.

De retour en T2 je rends ma puce, mon dossard, me change et réalise combien subitement la saison qui vient de commencer de la pire des manières est incertaine. Si la forme ne se perdra pas si vite je l’espère (et ceux qui m’écrivent gentiment arrivent presque à me convaincre), reste l’immense inconnue de savoir quand le corps sera prêt à recourir. L’évolution ces prochaines semaines en dira plus, d’ici là il faut être sage et patient. En rêvant toujours de ne pas finir similairement à Frankfurt.



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TDFO

Prologue vendredi soir

Après la SOLA du week-end dernier avec le TV Oerlikon, place cette fois-ci à un week-end de sport avec le Rushteam aux alentours d'Ecublens. Plus de trajets par conséquent pour nous, mais ça nous fera du bien de rouler avec pas mal d'intensités car si je suis confiant de ma course à pied, j'ai un peu plus de doute pour le vélo à l'iron (et la natation me direz-vous? pff, c'est un iron, tout le monde s'en fout...). Départ donc vendredi matin en jeans et contre-la-montre pour le bureau en cadenassant la bête dans le hall d'entrée de l'immeuble tant bien que mal à l'abri des regards indiscrets. Les commentaires des collègues fusent, que ce soit sur la position, le poids, ou la vitesse moyenne qu'il me faut tenir sur 180km; les paroles ne sont toutefois rien sans mettre les jambes à exécution; et cela commence le soir même par le prologue d'Echandens après un passage express à la maison depuis la gare pour déposer un sac que l'on ne veut pas mouiller au bord du parcours.

Le programme de cette année est exactement le même que l'année dernière et les parcours sont par conséquent tous vus, sus, connus. Le prologue est court, presque trop à mon goût, mais de toute façon l'écart ne se fera pas là. On arrive sur place tout juste pour voir Matthieu et Philip s'élancer et faire une fois le parcours derrière eux (enfin de très loin parce que ça va vite) en reconnaissance, notamment du dernier virage qui est relativement risqué avec la route mouillée.

Ne voulant pas beaucoup s'éterniser ni prendre froid à attendre, les départs sont quelque peu avancés et les trous des quelques désistements remplis par décalage des noms sur la liste. Ainsi, notre départ s'approche à très grands pas et bientôt me voilà parti pour cinq à six minutes d'efforts intenses. Démarrage fort mais en en gardant sous la pédale, bien tiré ensuite le faux plat descendant. Les jambes ne me semblent pas très bien répondre; pas grave, ce ne sera pas long. Petite montée pour atteindre Bremblens (sur les barres ou pas? allez oui ça passe...) et tentative de relance dans le village. Rester en position ensuite sur la redescente et voici déjà le dernier virage. Prudence! pas envie de tomber maintenant et pour le TDFO je préfère perdre du temps là que prendre des risques; freinage OK, virage easy, bref bien trop de marge vu que je ne dépasse même pas la moitié de la route à une seule voie dans laquelle le parcours nous emmène. Relance, ça me semble être tout bon pour bien finir. Quoique, ça c'était avant que les jambes ne me lâchent sur la fin de cette remontée qui me paraît pour le coup interminable et infernale. 8" de perdues sur Jean-Claude sur ces quelques hectomètres finaux d'après Strava et 20" au total sur Philip. Si on peut au mieux en mettre quelques-unes sur le vent qui se serait levé la moindre depuis son départ, il reste encore à s'améliorer d'un bout pour rivaliser.

Grosse étape pour le samedi

Sur un TDFO de trois jours, en général la grosse étape est celle du samedi. Le vendredi soir c'est du très court, tandis que le dimanche c'est essayer de manager la fatigue; et le parcours actuel ni coupe pas: Mollard et Mollendruz au programme, et même si le retour est long depuis le Mollendruz jusqu'à Bussigny, le peu de densité et de groupes après celui-ci impose une étape très difficile pour tout le monde (l'année dernière tout comme celle-ci).

TDFO 2017: peloton du samedi
Peloton Rustheam au départ du samedi.

Jusqu'au pied du Mollard, le groupe se déplace compact en formation plus ou moins neutralisée (au début officiellement, ensuite par la force des choses). Les esprits vont toutefois s'échauffer plus vite que les jambes n'auront le temps de le faire. Une ou deux petites attaques ou remontées au sein du peloton avant que je ne me retrouve seul en tête avec 15m d'avance, conséquence d'avoir tiré un coup fort avec l'objectif de montrer ma présence et calmer les adversaires. Je reste en tête la majeure partie de la montée, me retournant souvent pour vérifier le retour de Jean-Claude et Josué. J'ai envie de passer le sommet avec eux pour pouvoir tirer ensemble derrière. Après quelques hésitations, j'arrive à les emmener et nous partons à trois, l'occasion de forcer Philip à tirer derrière pour ramener.

La suite de la bosse sur Burtigny est dictée par Josué tandis que je reprends les commandes en direction de Gimel. Contre-la-montre presque individuel, je ne lésine pas sur l'effort au début pour rendre la tâche à l'arrière plus difficile. Jean-Claude, coéquipier de Philip, refuse logiquement de me prendre un relais. Josué finira par me remplacer en tête ensuite tandis que Philip nous rejoint finalement dans Gimel avec David et Giorgio. Presque ouf à ce moment-là parce que ça veut dire qu'on peut relâcher le rythme quelque peu et laisser les autres prendre le vent pour empêcher le retour de Joël ou Matthieu.

Mise à part la petite descente entre Saubraz et Bière où je passe devant (et pousse un peu Jean-Claude dans ses limites vu qu'il est plus craintif en descente), le pied du Jura se fait en groupe de six avec une bonne entête et un partage plus ou moins équitable des relais. Dès l'entame du Mollendruz par contre, David abandonne tout espoir de nous suivre et nous continuous donc à 5. Cela jusqu'à l'épingle où, comme l'année passée, je lance mon attaque en direction du sommet. A la différence de la dernière fois, Jean-Claude est directement dans ma roue et ne me laissera pas un centimètre jusqu'au sommet. Derrière, l'écart est toutefois fait et Philip n'est plus en vue. Il me faut donc continuer à tirer en solitaire et me coltiner Jean-Claude dans ma roue, le jeu en vaut la chandelle. Je me sens bien sur mon petit prolongateur du vélo de route et me lance ainsi dans le faux-plat descendant sur Vaulion. A cet instant, rien ne m'arrête, ni le vent, ni la pluie (ni la grêle?), ni les projections qui limitent sensiblement la visibilité. Un petit regard en arrière au milieu de l'averse pour prendre les S de la route en forêt au mieux me fera remarquer que Jean-Claude n'a pas tenu la roue; plus prudent, ou moins confiant, selon auquel de nous deux vous demanderez. C'est parti donc en solitaire. Fin de descente malgré tout relativement calme dans les virages (selon moi) et dégustation d'une petite barre énergétique quand le 50-12 (la 11 ne passe pas bizarrement) ne me permet plus de pédaler confortablement. Jusqu'à la Chaux je me sens extrêmement bien et continue sans me retourner pensant finir seul si possible. Au début de la montée, une douleur dans l'arrière cuisse gauche me rappelle la moindre à l'ordre et je décide par conséquent de prendre la bosse un peu plus tranquille. Pareil pour la redescente sur Cossonay avec un autre petit gel d'avalé pour la route afin de reprendre des forces avant le retour sur Aclens. Les muscles des jambes sont rentrés dans l'ordre et même si la fraîcheur n'y est clairement plus, le rythme est toujours bon. Au giratoire, j'apperçois Jean-Claude pas loin derrière et devrais consentir dès là à un effort supplémentaire pour conserver mon avance jusqu'à l'arrivée. Très content de mon étape, un parcours comme je les aime et une belle dynamique dans l'ensemble.

Et comme le TDFO n'est qu'un entraînement pour nos triathlons, nous enchaînons avec Jean-Claude avec ce que tout bon cycliste se refuserait pour suivre les règles: une petite course à pied. J'avais lancé l'idée mais après pas moins de 300m c'est déjà Jean-Claude qui est nettement plus motivé que moi. Il faut me faire violence mentalement pour ne rien dire et conserver le tempo. Ni une ni deux nous voici de retour à Moulin de Choc, mais Jean-Claude trouvant cela trop court, il nous fait partir en direction de Vufflens-la-Ville. Les voies de chemin de fer nous empêchent alors de couper court et nous irons donc jusqu'au bout. Le retour au bord de la Venoge est plus difficile; quelque peu tortueux, voire même sacrément boueux (j'ai même dû poser main à terre pour me rattraper d'une belle glissade). Une montée nous force à marcher sur un bout; heureusement que nous l'avons fait d'ailleurs, car la fringale n'est pas loin dans les chemins de campagne qui zigzaguent autour du refuge de Bussigny. 8km plus tard nous retrouvons avec grand plaisir nos accolytes de "ballade" et pouvons nous poser sur le goudron pour reprendre nos esprits (ainsi que tirer les débuts de crampes qui nous guettent tous deux).

Contre-la-montre final du dimanche

L'objectif du dimanche est clair: le contre-la-montre final avec l'envie d'enfin réussir à battre Philip sur un effort individuel; rien ne sera moins facile par contre mais j'ai l'espoir de pouvoir le faire cette année.

TDFO 2017: peloton du dimanche
Peloton Rustheam avant le départ du dimanche.

Avant cela, il nous faut faire ce qui ressemblerait à une étape de transition ou de bordure sur un grand tour cycliste. Des petites boucles dans la région de Bavois, où vent, pluie, et autres obstacles, viennent toujours mettre un peu de piment dans ce qui est une étape des plus faciles sur le papier. Comme la veille, le rythme au départ est agréable me semble-t-il. Je prends les commandes en direction d'Orbe après la déneutralisation d'Orny, mais sans forcer en laissant quelques échappées au début et en profitant surtout d'un bon gros vent de dos. Passage des voies dans Orbe avec grande prudence et attente de la reformation complète du groupe. Je continue ainsi jusqu'à Mathod me sentant bien à l'avant. C'est Jean-Claude qui viendra me prendre un relais ensuite pour la traversée direction Ependes où Philip nous placera une belle pique pour réveiller le peloton. Matthieu et David ont su vite sauter dans sa roue tandis que derrière c'est plus la débandade pour savoir qui pourra prendre quelle position. Après un petit moment, je me décide à ramener et profiterais d'un refus des deux plus jeunes d'aider Philip dans sa tentative pour faire la jonction. Le groupe s'est bien réduit malgré tout dans l'opération et le rythme bien changé également. La prochaine attaque viendra du même Philip sur la légère remontée sur Orny même si moi-même ainsi que d'autres étaient également prêts à mettre quelques dents en plus à ce moment-là. L'accélération était même si attendue qu'elle ne sera que de courte durée bien que suffisante pour perdre Gilbert et Joël. Dans Orbe, les mésaventures entamées par le reste du groupe Rushteam un peu plus à l'arrière (chute pour Cendrine ainsi que multiples crevaisons) seront reprises par notre groupe également (chute de Josué et crevaison de Matthieu). On se regarde la moindre avant de partir à la chasse de Philip qui semble décidé de continuer. Il pleut bien fort à cet instant du parcours forçant quelque peu à plus de calme et de concentration; sans que cela n'empêche bien évidemment que la montée sur la caserne de Chamblon ne se prépare. Jean-Claude donnera le tempo tout du long, lâchant les membres du groupe à l'usure tandis que moi je m'efforce de rester dans sa roue. Au sommet, il fait froid (et je me rends compte que j'ai oublié la veste à la maison alors que j'étais sûr de l'avoir). Les poursuivants arrivent un par un au compte goutte pour ceux qui ne sont pas annoncés de retour direct à la maison par Whatsapp. L'étape aura laissé ses traces.

TDFO 2017: arrivée à Chamblon
Arrivée à Chamblon dimanche midi sous la pluie.

Pour les survivants, il reste le contre-la-montre traditionnel Yverdon-Bussigny même si l'envie n'y est pas vraiment. Le transfert est plutôt long à force de détours à travers les champs; les tremblements de froid des dents et des bras sur le vélo ni aidant en rien. Heureusement la pluie a cessé et reprendre la route va me réchauffer gentiment. Moi qui pensais pouvoir faire des pointages réguliers en partant tout dernier devrais toutefois me contenter de voir une ou deux très rares fois Jean-Claude devant mais jamais Philip. Il me semble pourtant rouler bien fort sur ce début de parcours, malgré des sensations plutôt moyennes. Dans la montée de la Sarraz je croise Josué puis Judith mais toujours pas de Jean-Claude en vue. Dans la descente sur Golion, je me sens pour une fois bien sur les barres et peux ne quitter la position aérodynamique que lorsque j'ai eu à faire un dépassement de voiture (si si!). Quelque chose me dis pourtant que je n'aurais pas un gros temps à l'arrivée et cela sera confirmé par les résultats: 1'40 de retard sur Philip, une belle rincée. D'après nos pédales respectives j'ai pourtant mis nettement plus de watts; une erreur de calibration, un artéfact de la mesure avec mon pédalier ovale, un impact du matériel, une différence de position, une mauvaise gestion de l'effort, ou un mélange de beaucoup de facteurs? Que sais-je? Cela me laissera perplexe certainement encore quelques jours. Il me faudra également, je pense, encore plusieurs sorties avec des intensités du genre des 3x20' pour avoir complètement confiance dans mes capacités à vélo avant l'ironman. Mais c'est aussi pour cela que j'ai envie de finir par un grand merci à tous ceux qui ont partagé ce week-end avec nous, avec un mot particulier à Philip pour l'organisation et Gilbert pour les grillades du dimanche soir. C'était très intense mais très sympathique et sans aucun doute très utile pour l'entraînement de tous.

TDFO 2017: contre-la-montre final
Arrivée du contre-la-montre final.



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SOLA Stafette

Après les 20km de Lausanne il y a deux semaines, arrivent les événements clubs traditionnels du mois de mai: la SOLA ce week-end avant le TDFO le suivant. Avec Daniel nous sommes tous les deux engagés dans l'équipe 1 (sur 4) du TV Oerlikon annoncée de très grand niveau. Je cours aussi pour mon labo (superQUDEV) plus tard dans l'après-midi. Si nous étions tous les deux sur des parcours courts, Daniel se retrouve à échanger pour une version plus longue le soir avant la course. Il me donnera donc le relai à la fin de la 6e étape à Hönggerberg.

S'il est dur de suivre les positions exactes en temps réel (notamment avec les difficultés du chronométrage de suivre 1000 équipes de 14 coureurs éparpillées dans Zürich), je reçois quelques infos via les chats whatsapp: notre équipe, après avoir remporté la première étape, se situe constamment en 2e position autour des 30s de retard sur les vainqueurs de l'an passé (running freaks). Je trottine un peu vers l'ETH, les jambes semblent bien en forme, et si je sens un peu ma cuisse parfois ça ne devrait pas me déranger comme aux 20km. La séance de 6x1000m de mardi c'est super bien passée, je me réjouis de la course d'aujourd'hui. Sur le stade tout est vide à 10min de l'arrivée prévue de Daniel. Seul le coureur des running freaks et celui de TV örlikä (notre deuxième team, représenté par Laurin) sont là pour échanger quelques mots.


Daniel vers la fin de son étape à Hönggerberg ainsi qu'au départ à Buchlern

Alors que j'explique à Laurin comment passer le témoin, un vélo ouvreur arrive suivi de pas bien loin par Daniel comme une fusée. On est en tête ! Je passe la barrière pour être dans la zone de change, démarre la montre, regarde si je vois quelqu'un arriver derrière (non au fait Daniel m'a donné une marge confortable d'un peu plus d'une minute). Je prends le témoin et top départ derrière les cyclistes. Mon parcours est court, principalement descendant, pas de question de se retenir trop.

Assez vite je serai seul, car les cyclistes ne freinent pas dans la descente et me prennent passé 500m d'avance. Je fais ma course, dans le bois de Käferberg où je m'entraîne fréquemment. Passage à Bucheggplatz il faut relancer dans les virages et petites bosses. Dans le parc personne n'est prêt, si ce n'est pour ouvrir la route. Me faut passer plusieurs fois dans l'herbe de côté pour éviter une laisse de chien ou des promeneurs. Rien de bien gênant. On se retrouve derrière nos vestiaires à Oerlikon, je connais bien ces routes, et si mon entrain du départ est un peu retombé, il ne reste pas grand chose pour arriver sur Milchbuck et le sous-voie de l'entrée d'Irchelpark.


Jean-Claude passant la ligne à Irchel.

Un son de speaker au loin, l'équipe running freaks qui m'encourage. Dernière surprise: il faut faire le tour du parc dans la piste finlandaise, rendu un peu molle par la fine pluie du matin. J'hésite un peu au dernier carrefour (plus très lucide?), avant de foncer les derniers 200m en me disant que chaque seconde d'avance compte pour l'après-midi. La ligne passée Sandro fait les comptes, environ 90s d'avance (officiellement les Besse ont permis à l'équipe de remonter de +33s à -95s). Tout ça de pris pour la deuxième moitié. Pas encore gagné, mais vu les cracks qu'on a encore à aligner je ne me fais plus beaucoup de soucis.

Ça sera en effet chose faite rapidement, et le TVO1 remporte la course haut la main avec plus de 8 minutes d'avance sur les deuxièmes ainsi que le record du parcours. 8 étapes sur 14 remportées (dont Daniel et moi-même).

Je passe par l'interview à l'arrivée intermédiaire, puis discute un peu autour en attendant que Daniel me ramène mes affaires et file prendre le bus direction le zoo pour ma deuxième étape. En haut les jambes me font déjà bien mal et l'envie de s'échauffer manque, mais peut importe mon résultat aura beaucoup moins d'importance. Je prends le relai autour de la 170e place et remonte gentiment dans le peloton. Avec l'expérience de l'année passée je sais que les 11km de l'étape 9 sont surtout durs sur la fin par quelques montées sèches. J'en garde donc un peu sous la pédale sur les premiers kilomètres vallonés dans la forêt. Sur les montées je peine parfois un peu, notamment lorsque le chemin se retrécit et qu'il faut faire l'effort de passer à moitié dans le talus à côté. Mon temps final est à quelques secondes près comme l'année passée, je suis assez satisfait de ma course alors que je partais déjà chargé d'acide lactique.


Le team ayant attendu sous la pluie les podiums.

Ensuite c'est retour à la maison pour une douche rapide, prendre le gateau fait par Daniel et rejoindre les coureurs à Irchel. Il pleut fort désormais, et c'est détrempés qu'on finira par passer la ligne main dans la main, attendre l'arrivée de toutes les équipes, le podium, les photos ensuite, les premières bières, etc.

Puis enfin barbeque où, belle surprise, on se voit remettre le Rössli taille intermédiaire (le grand étant en prêt une année, l'intermédiaire pour l'équipe vainqueur et les petits pour chaque membre d'une équipe du top6) par Rubén pour la belle remontée. Pas fait de discours sur place, mais je suis touché de voir combien on a pu s'intégrer dans un club génial au cours d'une année, un club qui nous procure beaucoup d'inspiration, de moments d'amitiés sur Zürich et nous pousse à progresser de jours en jours. Danke TVO!


Rubén, Daniel, Sami et Jean-Claude à la remise du Rössli.



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