Daniel & Jean-Claude Besse

Natation Vélo Course

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Uster triathlon

Après les douleurs au tendon d'Achille qui m'avaient gêné au triathlon de Nyon, j'avais décidé de faire l'impasse sur le triathlon de Lausanne du week-end dernier pour lui préférer celui d'Uster ce dimanche. Une semaine de plus pour récupérer mais également un parcours plus adapté pour rouler sur les barres comme j'essaie de le faire souvent dans ma préparation ironman. Avec moins d'entraînements course à pied c'est un peu incertain sur la tenue de ce tendon que je me prépare à cette compétition, même si la forme est plutôt là sinon.

T'es là pour gagner ?

Comme d'habitude je croise beaucoup de tête connue avant le départ et on me pose, plus qu'à l'usuel il me semble, le fameux : « premier, cette fois ? ». Que répondre d'autre que, oui, je vais tout faire pour, mais une place ne dépend pas que de moi malheureusement. On me dit d'ailleurs que la concurrence sera rude avec Ronnie Schildknecht au départ ; effectivement ça risque de rouler vite… Mais il me faudra essayer de faire ma propre course et voir ce que ça donne au final.

Avec des torpilles…

Au départ par intervalle je me place sur la deuxième rangée. Schildknecht est avec Giacomo sur la première et j'aurais donc déjà 15 secondes de gagnées quand je les dépasserai en nageant. Avec moi j'ai un Français en tri-fonction bleu ciel qui a l'air bien rapide mais je ne fais pas trop attention à lui. Un beep, beep, beep, BEEP remplace le traditionnel coup de pistolet et, quelques marches d'escalier plus bas, nous voici dans l'eau. Mon impression se confirme tout de suite sur le Français qui me pousse en sur-régime dans ses pieds jusqu'à dépasser rapidement le groupe de devant. Il s'enfuit alors avec un junior de la première vague tandis que moi je me retrouve seul depuis là pour finir la natation. Je ne nage pas si mal mais les deux finissent quand même hors de vue lorsque je lève la tête. Au deuxième tour, les dépassements sont nombreux bien que souvent aisés et je sors ainsi troisième de l'eau.

Tri Uster 2017: T1
3e position en T1.

… des avions …

Sans néoprène, la transition est rapidement liquidée et me voilà sur deux boucles de 20km chacune autours du Greifensee. Au début, je me laisse emballer quelque peu, sachant qu'il y en a deux devant, probablement assez loin même, et pensant à repousser le retour de Ronnie le plus possible. Après 5  kilomètres, je trouve enfin un rythme qui est le mien, soit un peu plus convenable. La vitesse est bonne mais les sensations jamais excellentes ; dès que les watts augmentent, les cuisses tirent un peu. Ce n'est pas grave car j'ai malgré tout une bonne moyenne mais il faudra faire avec toute la course.

Après 10km, j'ai mon junior en vue et l'écart diminue ; très lentement mais il diminue. « Continue ainsi » me dis-je. « L'année passée tu te faisais reprendre à ¾ de tour sans pro, cette année tu tiendras probablement autant sur Ronnie, c'est pas si mal, non ? » Dans Fällanden, les réflexions sont oubliées pour se concentrer sur tous ces petits virages qu'ils nous font faire dans les champs et sur bien relancer derrière. Passé cette partie un peu plus technique que j'entends vrombir derrière moi. Vooom, voom, voom, on me dépasse. Ah, bonjour Ronnie, 14km sera la distance magique donc. Les deux devons sortir des barres à cause d'une voiture et je tiens encore la petite remontée au même rythme que lui en me remettant en position alors que lui la passe aux cocottes. Une fois revenu sur la partie plate, mes chances de suivre s'envoleront par contre bien vite. Au passage du premier tour, si je ne vois plus Ronnie, j'ai enfin rejoint mon junior. Commence alors le balai des dépassements, en continu sur la file de gauche à reprendre du monde. Petit passage difficile à un giratoire où un groupe de 6 que je venais de dépasser me double en passant par la piste cyclable tandis que moi j'avais pris à gauche. Je fais un kilomètre un peu plus tranquille derrière du coup avant de redépasser. Au même moment, c'est Giacomo qui double également. La différence de vitesse est moins importante mais je dois malgré tout me faire mal pour réussir à suivre. Je finirais d'ailleurs par laisser partir un peu plus loin et finir le tour à nouveau seul à donner mon rythme (mais combien dans ma roue ?, ça je ne sais pas).

Uster triathlon 2017: T2
Entrée en T2.

… et une gazelle

Uster triathlon 2017: run
Départ course à pied.

Enlever les chaussures, poser le vélo et prendre les autres chaussures et la visière, et c'est maintenant que viens le moment fatidique de savoir si le tendon tient ou pas. Sur les premiers pas, ça a l'air de bien aller et Jean-Claude me donne un écart de 45" sur Giacommo. Je pars donc sur un bon rythme et me convaincs intérieurement en quelques hectomètres qu'il passera nettement mieux qu'à Nyon. L'écart fond et je continue à fixer loin devant toujours dans mon tempo, content que ça aille si bien. Peu avant de rejoindre Giacommo, j'entends des pas qui se rapprochent, puis un « Allez David ! », suivi par la même trifonction bleue qui court d'une facilité déconcertante. J'essaie tant bien que mal de m'accrocher mais le Hauss marqué sur les fesses se fait de plus en plus petit. Je comprends qu'il allait vite, ne sais pas trop pourquoi il est derrière moi, mais me dit que si l'écart n'augmente pas trop vite, c'est que les sensations ne trompent pas : je cours toujours bien.

Uster triathlon 2017: run
Fin de la course à pied.

La deuxième moitié de ce tour, ainsi que le deuxième tour s'enchaineront ainsi sans trop de soucis. Pas de possibilité d'accélérer, mais pas de coup de moins bien et un rythme qui reste bien constant aux sensations. Et si le tendon se réveille gentiment sur la toute fin, cela n'a rien à voir avec deux semaines auparavant.

Uster triathlon 2017: podium
Podium: 2e de la catégorie et 3e overall.

J'ai passé donc toute la course à tirer derrière des bêtes d'un autre monde. J'ai donné le meilleur de moi-même et aujourd'hui, malgré ce que l'on me prédisait au départ, la troisième place n'est pas décevante, loin de là. Il reste un nombre certains de points à améliorer mais contre Ronnie Schildknecht (9x vainqueur IM Zürich) et David Hauss (4e au JO de Londres, en échauffement pour la course pro) je ne pouvais pas concurrencer et j'ai fait une très bonne course à mon goût. La prochaine course à réussir est Hawaii, dont le compte à rebours approche gentiment. D'ici là, il me faudra encore décider si je veux faire Morat en semi ou non, car mon plus grand adversaire risque d'être moi-même si j'ai des douleurs comme celles récentes au tendon. 



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Champion Suisse à Nyon, comme en 2016

Récupérer de l'ironman

La grande question qui revient toujours après un effort comme l'ironman est combien de temps il faut pour récupérer et pouvoir s'entraîner à nouveau pleinement. On entend un peu de tout (et parfois du n'importe quoi). Pour moi, ça s'est passé en étapes comme suivant:

1) Le soir même, pas envie d'aller dormir quand bien même ça fait plus de 20h de temps qu'on est réveillés. Une petite nuit plus tard de 6h30 maximum et nous sommes, avec Jean-Claude, les deux à l'envers dans le lit, les jambes en l'air contre le mur à repasser la veille en boucle dans la tête et sur les nombreux messages encore sur le natel.

2) Les 4-5 jours qui suivent sont peinibles pour les jambes. Le moindre escalier se sent, le tendon d'Achille gauche fait ses misères et, quand j'arrive à le maintenir, ce sont les cloques qui me font marcher en posant les pieds un peu maladroitement. La semaine de vacance en Belgique fait du bien.

3) Entre une semaine et 10 jours après, les douleurs sont passées mais l'envie de faire des entraînements n'y est pas. Rien que d'aller au travail à vélo, les mains dans les poches plutôt que penché en avant sur mon guidon, me paraît plus que suffisant.

4) Les 10 jours qui suivent, je recommence à aller à quelques entraînements. La tête ne veut toujours pas faire de séries et je ne me force pas. C'est plus pour voir du monde et discuter de toutes nos aventures.

5) 2-3 semaines après arrive nos premières échéances avec plusieurs fois l'occasion de se donner la moindre. Tout commence par un test d'effort à vélo le samedi organisé par David et Jérémy du team Tzamo. Si les jambes ne vont pas trop mal, il me semble craquer mentalement assez vite lorsque les douleurs se font ressentir. Espérons que l'on pourra malgré tout en tirer quelque chose. S'en suit un retour sur le contre-la-montre; contre-la-montre qui a du passé deux horribles semaines encore pas nettoyé depuis l'ironman et loin de moi, mais qu'on a profité d'ajuster la position pour être encore plus aérodynamique. Une "petite" sortie avec le Rushteam pour aller faire la Corniche mais où Jean-Claude et moi nous faisons plaisir à mettre du rythme. Rebelotte le week-end suivant à l'ironman de Zürich où nous faison deux jours de spectateurs ainsi qu'un peu de vélo bien appuyé. Me viens alors une idée un peu folle mais qui passe bien dans l'esprit du moment: Hé Jean-Claude, mardi c'est congé pour le 1er août! Et si on remettais une grosse sortie comme l'année passée? Loin du lac de Neuchâtel, nous finirons le long de ceux de Zürich, Ägeri, Zug, Quatre Cantons avant de faire une belle bosse pour rejoindre celui d'Einsiedeln et de rentrer. Plus de 180km, à un rythme élevé pour la dénivellation. L'envie est de retour et je sais alors une chose: je suis prêt mentalement à défendre mon titre aux championnats suisses à Nyon. Reste à voir si les jambes veulent bien suivre.

Test d'effort avec le Team Tzamo
Test d'effort sur le vélo avec le Team Tzamo.

Natation: avec ou sans?

De retour sur Ecublens, nous passons le samedi après-midi au bord du lac à discuter entre amis. Il fait beau, l'eau est chaude, demain sera probablement sans combinaison. Ce sera le cas effectivement pour le sprint du matin, me poussant à changer ma tri-fonction avec manches contre celle sans. Mais c'était sans compter un changement d'avis de dernières minutes des organisateurs à cause d'un lac mouvementé. J'enfile donc rapidement la néoprène et m'échauffe la moindre. Il n'y aura aujourd'hui pas le temps de barboter une heure pour se mettre dans le bain. Pan départ, je me lance à fond dans les vagues. Seul dès les premiers mètres et sans canoë guideur, j'essaie de m'orienter tant bien que mal et, malgré le courant direction Genève, il me semble faire un premier tour plus que potable. Juste avant la sortie à l'Australienne, je perds malheureusement mes lunettes qui se sont cassées sur le bout du nez. Il me faut donc faire le deuxième tour entre une vision plus que moyenne et des yeux souvent fermés pour ne pas perdre les lentilles. Les détours se font du coup conséquents et le deuxième tour est considérablement plus lent (et long) que le premier. Rien de bien grave puisque je conserve ma première place pour l'instant.

Tri Nyon 2017, sortie natation
Sortie natation, sans lunettes. © Photo: Céline Reuille, Quotidien de la Côte

Vélo agressif

La petite montée pour la transition me rappelle pourtant à l'ordre avec déjà un tendon d'Achille qui tire un peu et annonce rien de très bien pour la course à pied. Mais ça c'est pour plus tard, maintenant il me faut me concentrer sur le vélo pour ne pas me faire rattraper par les brutes du circuit (Fabian Dütli par exemple, annoncé par le Vorschau comme mon principal concurrent). Ainsi, après un départ tranquille sur la première montée du pont CFF pour redescendre les pulses qui me semblent bien hautes, un seul mot d'ordre: agressif! Premièrement niveau position, le guidon rabaissé depuis une semaine et la tête que je m'efforce à appuyer aussi souvent que possible sur la paille de la gourde entre les bras. Mais aussi au niveau effort je regarde le compteur des watts pour être sûr que je ne ralentis pas sur les tours suivants, mais pas pour me contenir au début. Si les tours se font de plus en plus difficiles sur la partie vent de face, la stratégie sera toujours la même. En position joli sans trop forcer vent de dos le long de Colovray, puis la montée raide facile, même passé le photographe où la pente devient plus faible. Dès passé le virage à droite du sommet, grosse plaque de nouveau et, à partir du deuxième virage, écraser ces pédales en restant sur les barres jusqu'à ce que la partie vent de face soit passée. Pas rare de voir 350W au compteur sur ce segment. Le droit de se relever la moindre pour les virages et le deuxième pont ensuite puis rebelotte tout sur les barres jusque peu avant le virage du fond de la descente pour reprendre la route du lac.

Tri Nyon 2017, vélo
Passage à vélo, concentré et en position. © Photo: Céline Reuille, Quotidien de la Côte

Ainsi, les tours passent bien. Pas forcément aussi vite que je pensais mais les sensations sont bonnes et les cris des nombreux Rushtistes qui me supportent me poussent à continuer ainsi. A un tour de la fin, un avion de chasse me dépasse. J'essaie brièvement de m'accrocher mais dois me résoudre bien vite à continuer à mon rythme à la place et faire le quatrième et dernier tour certain d'être deuxième et avoir à me donner à pied pour reprendre une différence qui semble être devenue énorme. La moto de tête me suit pourtant toujours comme pour m'ouvrir la route.

Gérer l'avance et le tendon

Je comprends en entrant dans le stade qu'il s'agit en fait de quelqu'un qui avait un ou plusieurs tours de retard (probablement parti plus tard également). Je suis donc toujours en tête et peux m'élancer sur le parcours course à pied en n'ayant "qu'à" gérer mon avance de 3 minutes. Heureusement d'ailleurs car mon tendon d'Achille fait toujours son délicat et ça a le don de me crisper. Je prends chaque petit bout l'un après l'autre et tâche de bien dérouler les jambes en gardant le sourire et l'attitude positive dans la tête (oui, le sourire aussi uniquement dans la tête d'après les photos). Bref, pas une grande course à pied, et un temps de plus de 37' à l'arrivée soit plus de 2 minutes de perdues sur l'année dernière. Mon but alors était de gagner sans que mon tendon ne me lâche et pour cela je suis très content d'avoir défendu mon titre de Champion Suisse avec succès! Le fait que Andreas Grüter, de la catégorie supérieure et parti 45' plus tard, m'ait battu pour 10 secondes au général ne reste qu'une anecdote qui ne m'impacte pas vraiment.

Tri Nyon 2017, finish
Très content de conserver mon titre à l'arrivée!© Photo: TRI Circuit

La journée n'est pas finie

Petite photo à l'arrivée, interview avec Christian Perler au micro (où d'après Jean-Claude je me suis mélangé les pinceaux dans la date de Francfort, mais où je peux confirmer avoir trouvé Nyon super comme d'habitude) et ensuite une petite tape sur l'épaule avec une carte antidoping suisse. Tiens, bonjour, enchanté. Faut faire vite apparemment pour rejoindre la salle de contrôle, est-ce que je suis prêt me demande-t-on. Heu, oui, je sais pas, en ai-je le choix? Voilà donc ce qui va occuper l'attente pour les podiums.

Petit interview pour les quotidiens du 24heures et de la Côte, puis passage rapide au vélo pour prendre une carte d'identité, le tout accompagné par mon chaperon bien évidemment. Un peu stressé par son chef qui l'audite aujourd'hui ou je ne sais pour quelle raison, il me montre tous les documents et comme quoi il a indiqué "interview" sous la raison pour laquelle on a eu un délai avant de rejoindre la salle. Je croyais qu'on pouvait faire un peu ce que l'on voulait tant qu'on était sous surveillance, non? Enfin, on a le temps de discuter un peu de tout et n'importe quoi pendant qu'il me fournit bouteille d'eau sur bouteille d'eau. J'ai pas envie de pisser maintenant, alors autant boire. Les discussions continuent ensuite avec Fabian qui nous rejoint dans la salle d'attente. À se plaindre du chaud et de la tièdeure de la pièce, on nous propose finalement de sortir se détendre un peu et marcher, pour autant qu'on reste les deux ensemble. On fera donc le tour de mes supporters et des siens, avec un contrôleur pour nous deux. Presque une heure et demie et 2.5L plus tard, il nous pousse en direction des podiums que l'on ne doit pas rater même avec un contrôle. Pas d'inquiétude, je ne comptais pas les manquer. Durant l'attente pour ceux-ci et grâce à quelques décilitres supplémentaires d'eau, je sens que le besoin me vient gentiment. Ainsi, direct après, on peut retourner dans la petite salle et finir ces formalités. Choisir un bécher, pisser au-dessus de la ligne, choisir un échantillon de contrôle, reporter des numéros, remplir des documents et signer des formulaires sur tablette. Tout est guidé comme un chef par le contrôleur mais c'est tout à moi de faire, c'est la procédure. Comme par exemple la vérification de la densité de l'urine: il prend un papier marqueur, le trempe dans une goutte sur le bord du bécher et le met à côté d'une palette de couleurs de référence. Il l'a déjà placée entre deux couleurs très similaires de la moitié de la première ligne d'une quinzaine à choix, mais se retourne ensuite vers moi. Un petit silence et il demande laquelle correspond le mieux, celle de droite reponds-je sans trop savoir vraiment. Il se trouve que les deux sont OK mais c'est à moi de dire le résultat obtenu. C'est pas lui qui me contrôle, c'est moi qui me contrôle avec lui qui surveille simplement que je suive la procédure scientifique sans tricher.

Médaille champion suisse 2017
Médaille de Champion Suisse, avec le linge du premier contrôle anti-dopage.
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BRAVO, BRAVO, BRAVO CHAMPION !!!!
par nibel64 le 25-08-2017 à 09:16


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Ironman Frankfurt

Jean-Claude a déjà presque tout dit sur notre premier ironman le jour de nos 25 ans, mais avec tout le temps passé dans la préparation et la longueur de la journée, je peux bien écrire quelques lignes également pour partager mes anecdotes et sentiments.

Objectif sub-9

Voici une bonne année que je martèle Jean-Claude avec l’idée de faire sous les 9 heures pour notre premier ironman. Pas besoin de se stresser en natation lui dis-je, il suffit de bien passer le vélo sans gros coup de mou et de faire la course qu’on sait faire comme on l’a montré à Lucerne sur marathon et ça devrait passer. Beau discours et belles paroles qui ne sauraient cacher qu’aux non-initiés les doutes sur le déroulement de la journée et des efforts. La longueur du vélo et la nutrition sont les points qui me font quelque peu peur intérieurement. Il n’en reste que la semaine menant à Francfort je me sens prêt et ai hâte d’en découdre.

Je vous passe le stress qui monte gentiment, la journée de la veille à mon avis trop longue et remplie de marche, ainsi que les préparatifs multiples de matériel pour en venir directement à la course.

Plaisir en natation pour l’échauffement

Frankfurt Swim Start
Concentrés avant le départ.

La natation, sujet de stress pour certains, n’est pour moi qu’une partie de plaisir à prendre en échauffement. Une cinquantaine de minute où les bras seront à contribution mais les jambes pourront prendre le temps de doucement se mettre dans le bain. Sur la ligne, la concentration est grande et le regard porté vers ce long parcours qui nous attend. Tous ces bonnets sur une plage qui n’attendent que de pouvoir se défouler une journée entière, c’est impressionnant. Et dire que je me presse aux portillons de départ pour pouvoir en laisser la très grande majorité derrière dès la sortie de l’eau.

En cinquième ou sixième ligne avec Jean-Claude à ma gauche, le départ se fait aisément. Quelques petits zigzags pour dépasser ceux partis devant nous et quand je relève la tête il n’y a qu’une combinaison et un kayak devant. Allez, un petit effort et je suis dans les pieds ! Plusieurs fois, j’hésite à prendre la tête, euphorie du moment que je réfrène jusqu’à la sortie à l’australienne pour m’épargner un peu dans les bulles de mon meneur d’allure. Dehors de l’eau, je ne peux m’empêcher de passer devant et jeter un coup d’œil dans le public à la fois pour profiter du moment et chercher des têtes que je connaitrais afin de dire « coucou, c’est moi, je suis premier ! ».

Me voilà donc seul pour la deuxième boucle et j’accélère probablement légèrement le rythme. Mon acolyte ne m’a pas suivi en tout cas et je n’ai que les groupes de pro femmes et hommes à dépasser pour me distraire la moindre (partis respectivement 8 et 10 minutes avant nous, mais sans combinaison). Même état d’esprit à la sortie de l’eau, « Youhou ! First out of the water, c’est bibi ! » avec un sourire de plus quand j’entends que le speaker m’a raté et annonce le groupe à Jean-Claude comme leaders age-group.

Frankfurt Swim Exit
Premier hors de l'eau, et avec le sourire!

Faux rythmes à vélo

Maintenant, fin de la matinée à la plage, la journée de sport commence avec son plus grand défi : se mettre dans le bon rythme à vélo. Ni trop vite pour ne pas se griller, ni trop lentement pour ne pas laisser filer l’objectif. Gérer ça se révélera certainement être un art à part entière. Pour le moment, pas d’excitations, avec 48’20 en natation je suis même plus rapide qu’escompté et peux partir serein sur le vélo. Deux femmes pros semblent partir ensemble juste devant moi de la zone de change et je me cale donc dans leur rythme jusque dans Francfort. Les watts sont bas à mon goût et l’effort me paraît presque trop facile, mais j’en profite pour bien boire et manger. Un choc en passant les rails à traverser en arrivant en ville me fera perdre deux gels (oups) mais sinon tout va bien. A la montée, je décide de passer devant enfin et me mettre dans mon rythme. Déjà 20km de fait, le tempo a été un peu lent mais c’est déjà ça de gagner sans même l’avoir vu passer.

Frankfurt Bike
Check rapide des gels perdus.

Passage des pavés avec un diablotin style tour de France qui me suit sur la petite montée. Sympa l’ambiance, mais purée qu’est-ce que ça tape. Je m’en serai bien passé à vrai dire. Et encore plus 10km plus loin en remarquant dans mon ombre que mon porte-gourde arrière (derrière la selle) à bien souffert : le boyau de rechange est loin et la gourde d’isostar ne tient plus que par une visse. Je l’enlève donc pour la mettre dans la poche dorsale de la trifonction et ferai une bonne série de kilomètre avec une gourde dans le dos.

Rien de bien spécial sinon à signaler sur ce premier tour. Je garde un rythme constant, toujours sur les barres, sans forcer les descentes. Tous les carrefours sont bien sécurisés et indiqués par des bénévoles avec la présence fréquente de la police. Par contre, il y a moins de spectateurs que je ne m'étais imaginé et  très peu de « trafic » d’autres concurrents comme on le voit souvent sur les photos ironman. Peut-être suis-je trop à l'avant? A la fin du tour, je revois plusieurs supporters du Rushteam auxquels je peux faire un pouce en l’air ; tout va pour le mieux et si mes calculs sont bons, je suis plus que dans les temps.

Frankfurt Bike
La moitié de fait, tout va bien.

A la descente sur Francfort, Mike Schifferle me dépasse alors que je suis en position aéro sans pédaler. Je suis à distance avant de comprendre sur le plat que c’est tout un groupe avec quelques pro (dont lui) et plusieurs des premiers age-groupers qui roulent ensemble. Je me mets dans le pack également, ça roule plus vite que moi seul avant mais ce n’est pas extrême. Si moi et d’autres essaient de laisser les 12 mètres réglementaires, il faut bien avouer que ce n’est pas le cas de tous. Dès que la distance avec celui devant dépasse 7-8m, le suivant de derrière dépasse à son tour de peur que je ne laisse partir le groupe. Dans les faux-plats il me faut parfois faire des efforts pour suivre, tandis que dans les montées je prends facilement la tête avec parfois même un peu de marge. Éventuellement, avec plus d’expérience, je m’habituerai à rester plus constant sur l’effort peu importe le terrain, mais là je suis content de changer un peu et les montées ne me semblent pas difficiles du tout.

Les kilomètres défilent ainsi et mon redouté coup de mou à vélo vers 120-130km ne vient pas. À 150km je finis par laisser partir le groupe dans une des attaques du premier devant qui n’aime pas trop avoir sa cohorte de bébés canards dans la roue. Moins de trente kilomètres à tenir avant le marathon. Je ralentis presque malgré moi le tempo et me fais alors passer par une des premières femmes. S’il me semble me relever de mes barres un poil plus souvent maintenant, j’ai malgré tout bien passé ces 180km. Arrivé à heartbreak hill, je pense encore à prendre un gel au ravitaillement pour remplacer ceux perdus du début et m’élancer en forme sur le parcours pédestre.

Un marathon, ça ne peut pas être si dur ?

Frankfurt Run Start
Paqueter les gels pour la course.

Plus qu’un marathon ! Si ça continue comme ça, l’ironman c’est du gâteau. Mais je sais que ça ne va pas continuer comme ça tout du long. Les cuisses sont déjà bien entamées (me décidant même à la dernière minute de passer la jambe par devant pour descendre du vélo afin de ne pas avoir à la lever par-dessus la selle) et les réserves énergétiques aussi. Bien que les jambes sont lourdes, le moral est là et le chronomètre aussi. 25’ d’avance sur le plan sub-9, et un « c’est dur mais ça va » lancés aux accompagnants comme réponse vite faite. Mon idée, peut-être folle, est alors simple : ne jamais s’arrêter marcher et ainsi le marathon passera plus vite.

Un kilomètre, deux kilomètres, trois kilomètres, … il fait déjà chaud et la glace des ravitaillements suffit à peine à combler mes dépenses en chaleur. Un regard à la montre me dit que je suis trop lent, quoi ? 4'40/km pas possible. Bon je continue sur ce rythme, de toute façon je serre déjà les dents, plus vite ce serait impossible. Je ne m’en rendais pas forcément compte à ce moment-là mais il me faut profiter du parcours vide, des spectateurs entièrement à notre cause et des ravitaillements faciles à prendre. La foule des tours suivants les rendra nettement plus compliqués.

Frankfurt Run
Course à pied, "c'est dur mais ça va".

Passage sur les pavés de la sortie de la T2, nouveau regard à la montre, 42’ quelque chose. Oupsla, un peu emballé sur ce départ. Même si la vitesse instantanée est toujours fausse (la montre n’a en fait pas bien pris les GPS), je dois être dans les 4’00/km ou à peine plus, soit un marathon en 2h50. Sauf que je crains fort que ça ne va pas tenir. Heureusement, je vois beaucoup de monde du Rushteam et ça fait un bien fou. Vers 15km les difficultés apparaissent et il me faut alors parler à quelqu’un. Maman et Nadine m’encouragent si fort que je ne peux rien dire de plus qu'une grimace, ce sera donc David qui se prendra mes complaintes un peu plus tard sans pouvoir trop broncher. J’ai mal aux cuisses, fait trop chaud, j’ai envie de vomir, c’est dur, … Désolé David, je ne sais pas si ça t’a fait du bien mais il me fallait vider mon cœur et comme je ne courrais pas beaucoup plus vite, j’ai bien eu le temps de le faire.

Frankfurt Run
Dans le dur, voire très dur.

Deuxième tour, 1h31, soit 49’ pour ce tour et 7’ de perdues sur le premier. A ce rythme-là je perds encore un quart d’heure. Non plus même, parce que je ralentis. Quoique 1h31 fois 2, ça fait mes 3h. Mais avec mon style actuel, ça ne va pas jouer. Les calculs mentaux ne sont plus très aisés et y réfléchir me fera passer un ou deux kilomètres supplémentaires. Plus de regard à la montre depuis ce moment-là, je suis de toute façon plus lent que mon planning et plutôt en mode survie qu’en mode course. Dans le tour et demi suivant, tout passera : tuc, pomme, eau salée dans les yeux qui pique les lentilles, citron au sel, coca, iso, ainsi qu’un gel et une pâte de fruits que je transportais. J’ai dû laisser tomber également l’idée de ne pas marcher aux ravitaillements, mais au moins je cours entre chacun. Mine de rien, ça fait sa différence et petit à petit les kilomètres avance. Sur le dernier demi-tour j’aperçois avec plaisir Jean-Claude qui suit pas loin derrière (tandis que papa a dû lui déjà quitter la course). Il peut courir donc malgré son pied ! Allez, quelques grimaces de plus et la fin approche. Après avoir revu et dépasser la casquette en arrière d’un autre concurrent de ma catégorie, le dernier kilomètre me semble un sprint interminable avec un style plus que questionnable. Aucune idée si cela vaut la peine avec ce rolling start où je suis parti plutôt devant. Je n’aurais pas profité de la ligne autant que d’autres mais j’aurais donné ce que j’avais, pensais-je en regardant l’affichage qui passe les 9h00’40 avec une certaine déception.

Agitation post-course

Frankfurt Finish
Sprint de la ligne d'arrivée.

Arrêt de la montre personnelle, 8h51’ ; il ne me faut pas long pour comprendre alors que le temps était encore celui des pros. 8h50’42, temps officiel. Sub-9 largement atteint malgré un marathon en souffrance en 3h15. Youpie !

Des souvenirs bien mélangés et surtout des envies très contrastées après la course. D’abord, la charmante demoiselle au T-shirt vert pale qui me propose un tour chez les samaritains pour mes cloques lorsque j’enlève les chaussures avant de se raviser et m’amener plutôt manger et boire. Red-bull cola que je déguste assis dans une piscine d’eau froide. Enfin, déguste, plutôt me force à avaler une partie de cette pisse brunâtre ragoutante tout en toussant. On n’est pas bien là, je ressors voir papa, Jean-Claude, puis maman et Nadine. Pareil à la douche, où le regard désespéré échangé avec un autre concurrent, les deux à poil au milieu des escaliers, disait plus que tous les mots; et dire que j’apprécie l’eau chaude après avoir souffert des 32°C sur le marathon. Pareil au massage, où j’ai mal aux cuisses, mais demande de masser mon tendon d’Achille gauche. Pareil à la bouffe, où les wienerli du buffet semblent avoir du succès, mais moi je sors m’acheter un bretzel à une boulangerie de quartier. Dès que je m’arrête, je m’assieds ou me couche pour reposer les jambes. Malgré tout, je ne tiens pas en place ; aller chercher à manger ou boire, aller voir l’arrivée des autres, retrouver des supporters, chercher mon natel et répondre aux quantités de messages reçus, parfois il me faut une excuse pour bouger comme si cela ferait oublier les douleurs.

Leçons pour un ironman

Objectif sub-9 réussi pour Jean-Claude et moi, génial !

Frankfurt Podium Swim
Podium, en tant que meilleur nageur AG.

Pour moi en plus, la qualification pour Hawaii et les championnats du monde. Pour un premier ironman, quelle réussite ! Ironman sous les 9 heures, check. Premier sorti de l’eau, check. Deux fois appelés sur le podium le lendemain midi, check. Qualification pour Hawaii, check. Qu’est-ce qu’il reste à améliorer? Beaucoup, mais principalement gérer les envies d’aller toujours plus vite pour ne pas craquer sur la fin et courir un marathon avec une technique potable (j’ai vraiment l’impression d’avoir vécu un combat, pas une course à pied). Plein d’autres détails également, évitables avec un peu d'expérience, mais il faudra un peu de temps pour digérer tout ça. Tout comme pour faire un plan pour être en forme et remettre ça d’ici 3 mois.

Merci à tous ceux qui ont partagé cette formidable aventure, tous les copains d'entraînement, autres concurrents qui ont souffert avec nous, supporters, ou amis qui ont pensé à nous.

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Que dire sinon que je reste bouche bée devant vos exploits les gars !!! Un grand BRAVO pour la qualif pour Hawaï et les championnats du monde ! Gardez le sourire et votre joie de courir, vous êtes au TOP !
par nibel64 le 25-08-2017 à 09:21


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IM Frankfurt

A longue épreuve, longue attente, et longue news (note: clic sur une image pour ouvrir en grand). Un Ironman nous attendait le dimanche 9 juillet, pour le jour de nos 25 ans, avec une belle délégation du Rushteam. 3.8km de natation nous faisant bien peu peur comparé aux 180km de vélo où la longueur et lassitude guettaient ainsi que le marathon final que la température et fatigue préalable allait rendre difficile.
Niveau préparation vous avez sûrement suivi les news précédentes: ie pour ma part une natation où j’ai rarement porté la néoprène, misé sur ma bonne glisse générale et pensé perdre un peu de temps sur mon potentiel pour sortir de l’eau en 55min et passer sous l’heure en comptant les deux changements. Un vélo avec beaucoup de sorties longues où j’ai souvent calé aux alentours des 100-120km et me suis donc forcé à manger beaucoup. Une course à pied marquée par deux incidents de prépa : une contracture à la cuisse en début mars ainsi qu’une fracture de fatigue “low-grade” à 8 semaines de l’iron qui m’a tenu loin des baskets pour bien 6 semaines…
Au total quelques 220km de natation, 4300km de vélo de course et presque 1000km de running derrière moi en approchant de la ligne de départ. Un volume rarement égalé, le fond est là, yapluka.

Frankfurt

Pasta d'accueil
Pasta d'accueil.
Si le stress était encore contenu avant la course, n’en reste pas moins que l’arrivée à Frankfurt change un peu la donne. Il faut prendre ses dossards, assister au briefing, aller à la pasta d’accueil, et ce faisant rencontrer tout ce monde venu soit pour vous voir soit pour courir contre vous. Je suis toujours pas sûr de la passer moi, cette fameuse ligne d’arrivée, avec mon maximum de 10km à pied, ce mardi, sur les deux derniers mois.
Plus on approche de l’heure fatidique et plus moi je me referme. Je tente de blaguer un peu pour détendre l’atmosphère, mais d’un côté qu’est-ce que je me réjouis du top départ et de pouvoir enfin montrer ce que je sais faire.
On va poser les vélos, qui passent pas sous les barres de rack, combien on gonfle nos boyaux?, et si on nageait un poil?, on peut rentrer se mettre à l’ombre?. Vivement les dernières pâtes, un morceau de gâteau sport maison, dont suivra un sommeil incertain et comblé de mauvais rêves de problèmes vélos.
Reconnaissance natation
Reconnaissance natation.

D-Day

Matin du 9 juillet
Matin du 9 juillet.
Matin de course, 3h45, l’hôtel Ibis Centrum bouillit déjà d’excitation. Au déjeuner c’est la file pour enfiler une tartine dans un estomac un peu serré, avec de petits yeux. Je me sens assez bien. On s’en va prendre des navettes surchargées, où je trouve une place assise, mais seul loin de Daniel, David, Kaizad et Judith qui semblent discuter. Oh mon dieu que le trajet est long, à regarder Frankfurt dormir et des milliers de triathlètes nerveux se diriger vers le Langener Waldsee. Un malaise dans le bus, il y fait très très chaud. Dehors la température est plus fraîche, un peu de rosée à recouvert nos selles de vélos, dont premier check, les boyaux tiennent toujours (ouf!). Trop de monde à la pompe, 9 bar du jour précédent suffiront donc.
Contrôle du sac de transition, où j’ajoute les lunettes oubliées la veille, et longue attente avec le groupe devant la zone de change, avant d’enfiler les néoprènes. L’eau est à 24.1C, soit juste en dessous du cut-off pour l’interdiction. Si nager sans m’aurait avantagé par rapport à des concurrents directs, nager avec me donne un poil de marge pour l’objectif sub9, et je suis plutôt venu ici avec l’idée de faire un temps qu’une place. Voir Joël et Hervé rassurés me donne aussi un petit sourir, le groupe Rushteam préférait overall la combi alors je vais pas me plaindre.
La joie de retrouver une supportrice quelques minutes avant le départ.
La joie de retrouver une supportrice quelques minutes avant le départ.
Je vais dans l’eau m’échauffer. Enfin soyons honnête, faire le pipi du stress à 10m du bord, vérifier que les épaules soient bien remontées et ressortir immédiatement. L’échauffement se fera au début de la natation, elle est suffisamment longue. Et là je perds tout le monde, navigue au hasard dans la foule, panique un peu de savoir quand rejoindre la ligne, me demande pourquoi je suis là, et si je battrais vraiment >95% des autres athlètes comme prévu. Je retrouve Estelle et le reste de nos supporters, quel plaisir de voir qu’on est pas seul. Ils auront une longue journée aussi, et ils font ça pour nous, s’agirait de pas les décevoir.
Nerfs tendus avant le départ.
Les nerfs tendus avant le départ.
Ligne de départ.
Ligne de départ.

Natation

Sur la ligne la tension est palpable, notamment au moment de l’hymne national allemand. Pas de fameux “final countdown” qui m’avait marqué lors du premier iron de papa, mais quelques musiques qui ont la bonté de faire monter les pulses malgré le peu d’échauffement.
Après les pros masculins, puis deux minutes plus tard les féminines, vient notre tour de s’élancer dans la gouille. Un roll-down start dont le concept me plaît assez peu, mais qui il faut le dire est bien organisé. Quelques pas de course, boum dans l’eau, et déjà dans les pieds de ceux de devant. Je dépasse par la gauche, Daniel par la droite, et après avoir contourné un groupe Daniel semble déjà loin. Moi je me retrouve avec deux autres nageurs, monstre ligne droite nous attendant, le kayak à ballon rouge pas bien loin devant. Mes acolytes semblent vouloir se taper la dispute, ça m’énerve un peu alors je laisse passer et me cale dans les pieds.
Premier demi-tour après bien 500m, rien à signaler ça s’est déjà fortement étiré.
Sur le retour j’ai l’impression que ça zigzague un peu, et prend donc ma direction pour sortir juste devant eux à l’australienne. Re-plouf et devant ils sont loin, pas la peine de s’énerver. Derrière on me tape des pieds, après quelques temps je laisse repasser, me dis que quitte à perdre quelques minutes c’est des forces qui me seront utiles plus tard dans l’après-midi.
Je m’efforce donc à glisser un maximum, me réjouis d’entendre les spectateurs à la sortie de l’eau. On remonte bien sur des pauvres pros sans combi qui se font déposer par les meilleurs AG.
Sortie de l'eau de Jean-Claude.
Sortie de l'eau de Jean-Claude.
Sortie de l'eau de Daniel.
Sortie de l'eau de Daniel.
En me relevant un coup d’oeil rapide à la montre me donne 50min47, joli! Course en montée dans le sable jusqu’à T1, petit passage dans la piscine gonflable pour enlever le sable, prendre le sac et courir jusque sous la tente. Tout s’enchaîne bien, alors qu’il me semblait devoir penser à mille choses la veille. La combi loin, le casque enfilé, les lunettes de soleil aussi, le dossard à la taille. La combi de retour dans le sac avec un poil de peine, et c’est parti direction le vélo. Je vois pas grand chose avec des lunettes pleines de buée mais ça passera en quelques mètres. Course en poussant le vélo filmée par une gopro d’un volontaire et hop c’est parti.

Vélo

Daniel à vélo
Daniel à vélo.
Une fois sur le vélo, et passé la sortie de forêt en mettant les chaussures et faisant attention aux racines, c’est sur une semi-autoroute vide à perte de vue que je me lance. Se mettre dans le rythme, sans trop forcer, en visant tout de même ses fameux 36-37km/h espérés. Puis je me dis qu’au fait rien ne sert de viser une vitesse, il vaut mieux y aller comme prévu au feeling, en checkant la puissance de temps en temps, et les kilomètres passeront bien comme il faut.
A l’approche de Frankfurt deux femmes pros me dépassent, puis ralentissent énormément devant des mini-virages (pourtant je suis pas spécialiste!). Ensuite elles se draftent semi-légalement (ie plutôt 7m que 12m), ce qui a le don de m’agacer. Un petit groupe avec deux-trois autres athlètes se forme, heureusement il explose dans The Beast. Une bosse qui m’a pas l’air d’en être vraiment une tellement elle passe vite et facilement, même si le compteur s’affole un peu avec quelques bouts au-delà des 350W. La descente est facile, mais je me fais reprendre quand même par 2 athlètes. Damn faudra que je progresse, mais aujourd’hui ça sera repos et sans agitation. Hühneberg suit peu après le passage pavé de The Hell, qui secoue bien. La bosse est à nouveau bien rodée chez moi, les jambes ont du répondant. Dans la descente je suis moins à l’aise et regrette un peu de sortir des barres une fois. Sur le plat derrière premier check, je suis bien, 250W de moyenne, la vitesse est ok voire un poil plus vite que prévu. Premières cloques sur l’intérieur de la cheville, bizarre mais pas plus gênant que tant.
Daniel en descente vélo
Daniel en descente vélo.
Km 57 les choses changent drastiquement lorsqu’un groupe de 6 athlètes dont 2 pros masculins me reprend et peine à me dépasser. Mike Schifferle reste même derrière moi pendant un bon bout. On passe le demi-tour et entame la rentrée sur Frankfurt. Ça roule vite mais j’aimerai bien rester avec, d’autant qu’il y en a deux de mon age group. Je trouve bizarre que ça roule mal en montée, fort sur les faux-plats et relances. En descente alors que je tire derrière en laissant la distance certains les font en roue-libre à 5m de celui de devant. Pas très réglo tout ça. Très peu d’arbitres, qui en plus ne disent absolument rien quand ils nous dépassent.
Ça va trop vite, je le sens ensuite, mais quelque part je voudrais bien ne rien lâcher. Km95 la bosse finale de HeartBreak Hill arrive, elle semble plus une petite rampe gentille avec élan qu’autre chose, mais ça fait du bien de voir du monde au bord d’un parcours quasi-désert. Le groupe se défait un peu, ça attaque dans la descente, comme s’ils continuaient leur jeu de se lâcher si possible et de rouler tranquille sinon. Moi j’en ai assez, puis fait l’erreur au pied de la bosse de tenter quelques kilomètres rapides pour revenir, les voyant pas si loin devant se reformer autour de Daniel, mais sans succès. Ça sera tout de même presque 40 bornes à 270W de moyenne, soit trop. Je souffre alors, décide de ralentir le tempo, de bien manger, de m’asperger à tous les ravitos, de boire plus que prévu, et de rouler posé sans efforts autour des 220W. J’aurai peut-être mieux fait de rester à 250 tout du long, mais dans l’adrénaline de la course je me suis laissé emporter. S’agit maintenant de contenir ses efforts, de préparer le marathon.
Daniel relax à vélo
Daniel relax à vélo.
Les kilomètres défilent toujours, c’est une bonne chose. J’ai un peu peur de ne plus passer sous les 5h, mais c’était juste une erreur de calcul mental. Revenir sur HeartBreak Hill me fait du bien, ça permet de se dire que c’est tout de suite fini. Je me suis un peu déçu dans les descentes à ne pas être le plus aéro et perdre du temps pour rien, mais sinon apprécie énormément un parcours facile et rapide, et trouve bien gérer le passage de moins bien. Tellement bien géré même que je retrouve des forces sur la fin, et me réjouis de revenir sur T2. 4h46 de route, quelques minutes de grappillées sur le planning.
Jean-Claude à vélo
Jean-Claude à vélo.

Marathon

Jean-Claude à pied
Jean-Claude à pied.
C’est pas juste une course qui nous attend ensuite, mais bel et bien un marathon. Si depuis Lucerne j’en ai plus trop peur, il faut dire que je n’avais toujours pas la certitude de le finir en enfilant chaussures, visière et gels dans la poche. Je me suis assis malgré mes dires d’avant course, et ai dépassé déjà trois concurrents sous la tente (ils faisaient un brushing?).
Jean-Claude passant devant les supporters
Jean-Claude passant devant les supporters.
En partant zut oublié d’enlever les lunettes. Bon ben tant pis elles resteront sur le nez jusqu’à l’arrivée. Je me sens bien, sauf que j’attaque un peu plus du talon que prévu. A la montre ça va trop vite, sous les 4min par kilomètre. Ralentir ! Ou plutôt l’inverse 3’50, stop ! J’entrevois Daniel devant, je cours toujours trop vite en reprenant des concurrents. Arriverais-je à ralentir ?
Daniel entamant une nouvelle boucle
Daniel entamant une nouvelle boucle.
La blessure au tibia me vaut quelques frayeurs rapides à 5km, avant de disparaître complètement. Les kilomètres défilent, je suis parti pour 8h30 à ce rythme. Je ralentis finalement pour me mettre au rythme de 3h au marathon. A chaque ravito c’est pareil, tout en courant, eau, iso, eau, glace ou éponges. Premier tour bouclé rapidement en 43min, le deuxième sera similaire mais plus contenu. Je me réjouis du nombre de supporters le long du chemin, regrette les 32C du soleil qui commencent à taper fortement sur le système, et le nombre de concurrents qui commence à augmenter et rendre le passage aux ravitos sans freiner plus difficile.
Jean-Claude arrivant dans le dur à pied
Jean-Claude arrivant dans le dur à pied.
Peut-être que ne rien manger de solide était au final une erreur ? Dur à dire, mais en tout cas le ventre avait de la peine à prendre les gels sur ce marathon, et je vais le payer cher à partir du km 23. Peu après le passage au semi en 1h28 et des poussières, je commence à marcher aux ravitos pour essayer de retarder l’arrivée du “bonk”. Un peu de coca en plus, de l’eau salée. Footing entre ravitos et marche pendant sera ensuite mon régime. Cette ligne d’arrivée s’approche désormais de plus en plus gentiment. Je vois ma montre passer au-dessus des 5min/km, et arrête donc de la surveiller. Désormais c’est de la survie, je mange tout ce qui traîne sur les tables, mais toujours pas mes gels. Sauf un, le dégueulasse orange reçu à Nyon l’année passée. Celui qui était avec moi à vélo pour changer le goût si jamais je suis dans un trou. Et voilà que subitement il est bon. Je mettrai ma main dans un assiette de sel, mangerai un bout de bananes, des bretzels salé, un tuc, deux bouts de citron au sel (sans tequila), tenterai le redbull mais le recracherai juste à côté d’une bénévole qui a la bonté d’en rire. Coca à tous les ravitos, marche à tous mais jamais entre deux.
Jean-Claude et des supportrices
Jean-Claude et des supportrices.
Dieu sait ce que ces tours sont longs, et qu’on se réjouit d’y rencontrer la foule de supporters rushtistes. Parfois je souris, parfois je tire la langue, souvent je pense à dire merci mais n’ai pas la force de formuler le moindre mot. C’est un combat que ces derniers kilomètres, il faut aller les chercher ces chouchous colorés au fin fond de la boucle le long du Main.
Daniel expressif à pied
Daniel expressif à pied.

Arrivée

Jean-Claude approchant l'arrivée
Jean-Claude approchant l'arrivée.
Et puis voilà. Km 40 je réalise que ça va le faire, en sortant du dernier grand ravito. Un coup d’oeil furtif à la montre me laisse le temps d’y arriver à condition de faire du 6min/km… Laaarge ! Je retrottine de plus en plus vite, me semble enfin repasser du monde. Continue à encourager les quelques rushtistes croisés le long du passage. Bifurcation sur la droite, lunettes enfin sur le front, combi refermée, bras écartés pour taper dans le plus de mains possible. Pas de “You are an Ironman”, mais je le suis bel et bien. Sub9 ! Dire que je pensais ne pas finir il y a de ça 10 jours. 8 heures 56 minutes et quelques poussières après s’être élancé dans l’eau, un marathon juste juste sous les 3h15 (mon premier objectif en s’inscrivant une année plus tôt, avant de le revoir à la hausse pour 3h00).
Daniel sprintant le road-to-Kona S
Daniel sprintant le road-to-Kona S.
Jean-Claude profitant de l'arrivée
Jean-Claude profitant de l'arrivée.
Je suis effondré par terre quelques mètres derrière la ligne quand ma bénévole me demande s’il faut un médecin. Plutôt du sucre oui. Elle reviendra peu après avec de l’eau et des éponges… Merci mais ça me déçoit. Il faut se relever, marcher, retrouver papa et Daniel au bord du stand coca, tremper les pieds dans un piscine froide. Je commence à grelotter malgré la chaleur accablante. Alors c’est passage à la douche, qui pour une raison que j’ignore se trouve au sommet de 5 marches d’escaliers. Quelle idée ! J’y reste bien 10min, pour me réchauffer à bout de forces (confirmant ma théorie d’entraînements que plus l’effort est difficile plus la douche doit être chaude derrière).

Post-iron

Supporter les copains
Supporter les copains.
La journée est loin d’être finie, entre massage, radler qui me laisse mal à la tête, wienerlis succulentes, retrouver les supporters, re- manger, regarder les arrivées des copains, retrouver les affaires, rentrer à l’hôtel, manger et enfin se poser sur le lit vers 1h le lendemain matin. Pour ne pas dormir, trop excité de la journée qui vient de s’écouler. Je rate la place pour Hawaii d’un slot, Daniel ira donc seul de son côté. Le pied refait un peu mal, les cuisses sont lourdes pour 4-5 jours, mon “rest heart rate” approche les 70bpm.
De cet iron j’en garderai plein de souvenirs magiques, j’ai adoré le vélo où j’avais si peur de craquer, fait un temps au-delà de mes espérances en nageant avec des sensations moyennes, et bien explosé à pied où sans la blessure j’aurai été super confiant mais avec je me demandais si je finirai ou non la course. Comme on me l’a dit dans la préparation, à l’ironman il faut “expect the unexpected, and be prepared to be surprised”. Que des marines aient inventé le sport ne m’étonne pas, on a tous eu un moment où on en chie, mais quelque part on apprécie ça et on en redemande.
Il y aura beaucoup à analyser je pense, où gagner sur l’aérodynamisme vélo, comment retenir la leçon de patience que j’ai apprise alors, combien la charge d’entraînement à long terme importe bien plus que les deux derniers mois sont les premiers qui me viennent à l’esprit. Je m’y chargerai une fois la tête reposée, comme de placer les prochaines échéances d’une saison sûrement pas encore finie.
Mais tout d’abord, un grand bravo à tous ceux qui ont couru aussi, un énorme merci à ceux qui sont venus encourager et nous on porté le long du parcours orangé, et enfin mille remerciements à ceux qui ont écrit, regardé, pensé, félicité, traité ma blessure, redonné confiance, conseillé sur la course ou les entraînements, partagé un bout de ce chemin, aidé à la récupération, et toutes ces bonnes raisons pour lesquelles je suis fier d’avoir souffert physiquement comme jamais auparavant le jour de mes 25 ans...
Daniel meilleur nageur AG
Daniel meilleur nageur AG.
Buffet de podiums
Buffet de podiums.
Daniel prenant le slot pour Hawaii
Daniel prenant le slot pour Hawaii.
La banderole Rushteam
La banderole Rushteam.
Carboloading
Carboloading.
Banderoles de supporters.
Banderoles de supporters.
La fatigue s'accumule en fin de journée...
La fatigue s'accumule en fin de journée...



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Short distance Zug

Lundi il y a deux semaines, soit un jour après ma victoire au longue distance de Doussard, je me suis inscrit pour le short (hum, Tri Experience que ça s'appelle apparemment dans leur rebranding du circuit) de Zug. Pas un gros objectif pour moi, mais l'envie de le prendre comme un bon exercice de contre-la-montre sur 40km à vélo sans être forcé de trop courir derrière ou avoir trop de pression et me sentir obliger de baisser la quantité d'entraînement la semaine précédant la course.

Le matin, papa, maman et Jean-Claude partent aux aurores à vélo pour rejoindre Zug depuis notre appartement de Zürich tandis que moi je prends la voiture sur une autoroute déserte pour arriver sur place quelque peu trop tôt (ie, les arbitres sont encore aux croissants). J'ai au moins le temps de poser gentiment mes affaires et causer un peu avec Stefano, couroter avec Colin, ou saluer les autres que je connais ici et là. Contrairement à Doussard, je prends plus le temps de m'échauffer et nage un peu plus avant le départ. S'il me faut 500m à me mettre dans le rythme, la partie natation sera déjà finie sur un triathlon si court...

Premier de l'eau... quatrième sur le vélo

J'essaie de faire un départ natation relativement rapide mais me fais un peu chambouler par deux concurrents à ma droite qui visent la mauvaise bouée. Je dois donc passer sur le dos du deuxième avant de pouvoir remettre du rythme et rejoindre un petit groupe qui semble mener alors. Peu après je me retrouve à l'avant de ce groupe et ai de bonnes sensations, le canoë à vue de nez chaque fois que je lève la tête. Je nage pour moi peu m'importe qui suit ou ne suit pas. Bientôt cette fameuse bouée déjà, un peu plus qu'un quart de tour à droite et direction la sortie (avec un petit détour au passage, ne la voyant pas bien avec le soleil en face). Extirpé de l'eau, je me dirige vers mon vélo pour prendre mes affaires et enfourcher ma bécane.

Même si je réussis mieux ma transition que la dernière fois, ce n'est toujours pas brillant par rapport à mon expérience et je me fais dépasser par mon petit groupe de poursuivant dans la T1. Je monte toutefois sur mon vélo tranquillement et prends les pavés pour sortir de la vieille ville avec douceur.

Lancer la machine sans penser à la suite

Une fois sur la route, je bois une petite goutte et commence à enfiler mes chaussures. Rapidement je reprends un des trois autres, puis le deuxième. Pourtant en sur-régime, il me faudra malgré tout plus de 5km avant de dépasser le jeune Tahlmann qui envoie du lourd sur les cocottes de son vélo de route (tandis que moi j'essaie de m'appliquer et me faire tout petit en position sur mes barres). S'en suit une longue partie seul à suivre la moto ouvreuse et regarder le compteur de watts pour me motiver à envoyer toujours plus. Je me suis dit que si j'arrivais cuit en fin de vélo, ça ne ferait que m'exercer pour Francfort, et ainsi je verrai premièrement combien je tiens à vélo en partant fort et deuxièmement les sensations de courir sur des jambes détruites. Seules règles: quitter le moins possibles les barres et beaucoup boire.

2017 Zug: bike
40km en position: but principal de mon triathlon aujourd'hui

Ainsi, les kilomètres défilent à un rythme d'environ 40km/h autour de ce lac de Zug tout plat. Il me semble être suivi encore vers la moitié du parcours sans être sûr s'il s'agit de mon poursuivant ou du cycliste qui s'est lancé sur la route au carrefour précédent. Je ne sais pas trop qu'en penser, j'ai certes diminué un peu le rythme après avoir eu limite le souffle court à 10km mais les sensations sont toujours bonnes et je continue de bien avancer. Ne pas trop y penser est alors la bonne solution, je suis là pour moi et me faire plaisir à vélo alors je continue à regarder la moto de tête et mon compteur et foncer sur la zone de change.

Et maintenant la course

2017 Zug: run
Départ à pied en tête

Descente du vélo tranquille pour ne pas répéter la chute d'il y a deux ans sur les pavés (j'ai réussi à choper un orteil bleu malgré tout... doit quand même y avoir un petit truc qui dépasse!). Passage à ma place en cherchant la moindre mon numéro, enfiler les chaussures et attraper la casquette comme à l'iron et los. C'est maintenant qu'on va voir ce qu'il reste. Et bien, étonnemment, plus que je ne pensais. Je m'efforce à garder le plus joli style possible aux sensations et à ne pas trop regarder la montre. Les sensations sont bonnes et les cinq kilomètres sont avalés à vue d'oeil. Peut-être pas mon meilleur temps sur la distance, et honnêtement je ne sais pas trop combien j'ai mis à cet instant, mais une chose est sûre je me suis senti bien tout du long, ce qui ne peut que me donner confiance pour Francfort... même si la distance sera quelque peu plus longue d'ici là.

2017 Zug: finish
Finish! Content de la victoire mais surtout des sensations.

Rendez-vous dans trois semaines (ew! ça approche sérieusement maintenant).



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