Daniel & Jean-Claude Besse

Natation Vélo Course

Les News: Entraînements et camps

TDFO

Prologue vendredi soir

Après la SOLA du week-end dernier avec le TV Oerlikon, place cette fois-ci à un week-end de sport avec le Rushteam aux alentours d'Ecublens. Plus de trajets par conséquent pour nous, mais ça nous fera du bien de rouler avec pas mal d'intensités car si je suis confiant de ma course à pied, j'ai un peu plus de doute pour le vélo à l'iron (et la natation me direz-vous? pff, c'est un iron, tout le monde s'en fout...). Départ donc vendredi matin en jeans et contre-la-montre pour le bureau en cadenassant la bête dans le hall d'entrée de l'immeuble tant bien que mal à l'abri des regards indiscrets. Les commentaires des collègues fusent, que ce soit sur la position, le poids, ou la vitesse moyenne qu'il me faut tenir sur 180km; les paroles ne sont toutefois rien sans mettre les jambes à exécution; et cela commence le soir même par le prologue d'Echandens après un passage express à la maison depuis la gare pour déposer un sac que l'on ne veut pas mouiller au bord du parcours.

Le programme de cette année est exactement le même que l'année dernière et les parcours sont par conséquent tous vus, sus, connus. Le prologue est court, presque trop à mon goût, mais de toute façon l'écart ne se fera pas là. On arrive sur place tout juste pour voir Matthieu et Philip s'élancer et faire une fois le parcours derrière eux (enfin de très loin parce que ça va vite) en reconnaissance, notamment du dernier virage qui est relativement risqué avec la route mouillée.

Ne voulant pas beaucoup s'éterniser ni prendre froid à attendre, les départs sont quelque peu avancés et les trous des quelques désistements remplis par décalage des noms sur la liste. Ainsi, notre départ s'approche à très grands pas et bientôt me voilà parti pour cinq à six minutes d'efforts intenses. Démarrage fort mais en en gardant sous la pédale, bien tiré ensuite le faux plat descendant. Les jambes ne me semblent pas très bien répondre; pas grave, ce ne sera pas long. Petite montée pour atteindre Bremblens (sur les barres ou pas? allez oui ça passe...) et tentative de relance dans le village. Rester en position ensuite sur la redescente et voici déjà le dernier virage. Prudence! pas envie de tomber maintenant et pour le TDFO je préfère perdre du temps là que prendre des risques; freinage OK, virage easy, bref bien trop de marge vu que je ne dépasse même pas la moitié de la route à une seule voie dans laquelle le parcours nous emmène. Relance, ça me semble être tout bon pour bien finir. Quoique, ça c'était avant que les jambes ne me lâchent sur la fin de cette remontée qui me paraît pour le coup interminable et infernale. 8" de perdues sur Jean-Claude sur ces quelques hectomètres finaux d'après Strava et 20" au total sur Philip. Si on peut au mieux en mettre quelques-unes sur le vent qui se serait levé la moindre depuis son départ, il reste encore à s'améliorer d'un bout pour rivaliser.

Grosse étape pour le samedi

Sur un TDFO de trois jours, en général la grosse étape est celle du samedi. Le vendredi soir c'est du très court, tandis que le dimanche c'est essayer de manager la fatigue; et le parcours actuel ni coupe pas: Mollard et Mollendruz au programme, et même si le retour est long depuis le Mollendruz jusqu'à Bussigny, le peu de densité et de groupes après celui-ci impose une étape très difficile pour tout le monde (l'année dernière tout comme celle-ci).

TDFO 2017: peloton du samedi
Peloton Rustheam au départ du samedi.

Jusqu'au pied du Mollard, le groupe se déplace compact en formation plus ou moins neutralisée (au début officiellement, ensuite par la force des choses). Les esprits vont toutefois s'échauffer plus vite que les jambes n'auront le temps de le faire. Une ou deux petites attaques ou remontées au sein du peloton avant que je ne me retrouve seul en tête avec 15m d'avance, conséquence d'avoir tiré un coup fort avec l'objectif de montrer ma présence et calmer les adversaires. Je reste en tête la majeure partie de la montée, me retournant souvent pour vérifier le retour de Jean-Claude et Josué. J'ai envie de passer le sommet avec eux pour pouvoir tirer ensemble derrière. Après quelques hésitations, j'arrive à les emmener et nous partons à trois, l'occasion de forcer Philip à tirer derrière pour ramener.

La suite de la bosse sur Burtigny est dictée par Josué tandis que je reprends les commandes en direction de Gimel. Contre-la-montre presque individuel, je ne lésine pas sur l'effort au début pour rendre la tâche à l'arrière plus difficile. Jean-Claude, coéquipier de Philip, refuse logiquement de me prendre un relais. Josué finira par me remplacer en tête ensuite tandis que Philip nous rejoint finalement dans Gimel avec David et Giorgio. Presque ouf à ce moment-là parce que ça veut dire qu'on peut relâcher le rythme quelque peu et laisser les autres prendre le vent pour empêcher le retour de Joël ou Matthieu.

Mise à part la petite descente entre Saubraz et Bière où je passe devant (et pousse un peu Jean-Claude dans ses limites vu qu'il est plus craintif en descente), le pied du Jura se fait en groupe de six avec une bonne entête et un partage plus ou moins équitable des relais. Dès l'entame du Mollendruz par contre, David abandonne tout espoir de nous suivre et nous continuous donc à 5. Cela jusqu'à l'épingle où, comme l'année passée, je lance mon attaque en direction du sommet. A la différence de la dernière fois, Jean-Claude est directement dans ma roue et ne me laissera pas un centimètre jusqu'au sommet. Derrière, l'écart est toutefois fait et Philip n'est plus en vue. Il me faut donc continuer à tirer en solitaire et me coltiner Jean-Claude dans ma roue, le jeu en vaut la chandelle. Je me sens bien sur mon petit prolongateur du vélo de route et me lance ainsi dans le faux-plat descendant sur Vaulion. A cet instant, rien ne m'arrête, ni le vent, ni la pluie (ni la grêle?), ni les projections qui limitent sensiblement la visibilité. Un petit regard en arrière au milieu de l'averse pour prendre les S de la route en forêt au mieux me fera remarquer que Jean-Claude n'a pas tenu la roue; plus prudent, ou moins confiant, selon auquel de nous deux vous demanderez. C'est parti donc en solitaire. Fin de descente malgré tout relativement calme dans les virages (selon moi) et dégustation d'une petite barre énergétique quand le 50-12 (la 11 ne passe pas bizarrement) ne me permet plus de pédaler confortablement. Jusqu'à la Chaux je me sens extrêmement bien et continue sans me retourner pensant finir seul si possible. Au début de la montée, une douleur dans l'arrière cuisse gauche me rappelle la moindre à l'ordre et je décide par conséquent de prendre la bosse un peu plus tranquille. Pareil pour la redescente sur Cossonay avec un autre petit gel d'avalé pour la route afin de reprendre des forces avant le retour sur Aclens. Les muscles des jambes sont rentrés dans l'ordre et même si la fraîcheur n'y est clairement plus, le rythme est toujours bon. Au giratoire, j'apperçois Jean-Claude pas loin derrière et devrais consentir dès là à un effort supplémentaire pour conserver mon avance jusqu'à l'arrivée. Très content de mon étape, un parcours comme je les aime et une belle dynamique dans l'ensemble.

Et comme le TDFO n'est qu'un entraînement pour nos triathlons, nous enchaînons avec Jean-Claude avec ce que tout bon cycliste se refuserait pour suivre les règles: une petite course à pied. J'avais lancé l'idée mais après pas moins de 300m c'est déjà Jean-Claude qui est nettement plus motivé que moi. Il faut me faire violence mentalement pour ne rien dire et conserver le tempo. Ni une ni deux nous voici de retour à Moulin de Choc, mais Jean-Claude trouvant cela trop court, il nous fait partir en direction de Vufflens-la-Ville. Les voies de chemin de fer nous empêchent alors de couper court et nous irons donc jusqu'au bout. Le retour au bord de la Venoge est plus difficile; quelque peu tortueux, voire même sacrément boueux (j'ai même dû poser main à terre pour me rattraper d'une belle glissade). Une montée nous force à marcher sur un bout; heureusement que nous l'avons fait d'ailleurs, car la fringale n'est pas loin dans les chemins de campagne qui zigzaguent autour du refuge de Bussigny. 8km plus tard nous retrouvons avec grand plaisir nos accolytes de "ballade" et pouvons nous poser sur le goudron pour reprendre nos esprits (ainsi que tirer les débuts de crampes qui nous guettent tous deux).

Contre-la-montre final du dimanche

L'objectif du dimanche est clair: le contre-la-montre final avec l'envie d'enfin réussir à battre Philip sur un effort individuel; rien ne sera moins facile par contre mais j'ai l'espoir de pouvoir le faire cette année.

TDFO 2017: peloton du dimanche
Peloton Rustheam avant le départ du dimanche.

Avant cela, il nous faut faire ce qui ressemblerait à une étape de transition ou de bordure sur un grand tour cycliste. Des petites boucles dans la région de Bavois, où vent, pluie, et autres obstacles, viennent toujours mettre un peu de piment dans ce qui est une étape des plus faciles sur le papier. Comme la veille, le rythme au départ est agréable me semble-t-il. Je prends les commandes en direction d'Orbe après la déneutralisation d'Orny, mais sans forcer en laissant quelques échappées au début et en profitant surtout d'un bon gros vent de dos. Passage des voies dans Orbe avec grande prudence et attente de la reformation complète du groupe. Je continue ainsi jusqu'à Mathod me sentant bien à l'avant. C'est Jean-Claude qui viendra me prendre un relais ensuite pour la traversée direction Ependes où Philip nous placera une belle pique pour réveiller le peloton. Matthieu et David ont su vite sauter dans sa roue tandis que derrière c'est plus la débandade pour savoir qui pourra prendre quelle position. Après un petit moment, je me décide à ramener et profiterais d'un refus des deux plus jeunes d'aider Philip dans sa tentative pour faire la jonction. Le groupe s'est bien réduit malgré tout dans l'opération et le rythme bien changé également. La prochaine attaque viendra du même Philip sur la légère remontée sur Orny même si moi-même ainsi que d'autres étaient également prêts à mettre quelques dents en plus à ce moment-là. L'accélération était même si attendue qu'elle ne sera que de courte durée bien que suffisante pour perdre Gilbert et Joël. Dans Orbe, les mésaventures entamées par le reste du groupe Rushteam un peu plus à l'arrière (chute pour Cendrine ainsi que multiples crevaisons) seront reprises par notre groupe également (chute de Josué et crevaison de Matthieu). On se regarde la moindre avant de partir à la chasse de Philip qui semble décidé de continuer. Il pleut bien fort à cet instant du parcours forçant quelque peu à plus de calme et de concentration; sans que cela n'empêche bien évidemment que la montée sur la caserne de Chamblon ne se prépare. Jean-Claude donnera le tempo tout du long, lâchant les membres du groupe à l'usure tandis que moi je m'efforce de rester dans sa roue. Au sommet, il fait froid (et je me rends compte que j'ai oublié la veste à la maison alors que j'étais sûr de l'avoir). Les poursuivants arrivent un par un au compte goutte pour ceux qui ne sont pas annoncés de retour direct à la maison par Whatsapp. L'étape aura laissé ses traces.

TDFO 2017: arrivée à Chamblon
Arrivée à Chamblon dimanche midi sous la pluie.

Pour les survivants, il reste le contre-la-montre traditionnel Yverdon-Bussigny même si l'envie n'y est pas vraiment. Le transfert est plutôt long à force de détours à travers les champs; les tremblements de froid des dents et des bras sur le vélo ni aidant en rien. Heureusement la pluie a cessé et reprendre la route va me réchauffer gentiment. Moi qui pensais pouvoir faire des pointages réguliers en partant tout dernier devrais toutefois me contenter de voir une ou deux très rares fois Jean-Claude devant mais jamais Philip. Il me semble pourtant rouler bien fort sur ce début de parcours, malgré des sensations plutôt moyennes. Dans la montée de la Sarraz je croise Josué puis Judith mais toujours pas de Jean-Claude en vue. Dans la descente sur Golion, je me sens pour une fois bien sur les barres et peux ne quitter la position aérodynamique que lorsque j'ai eu à faire un dépassement de voiture (si si!). Quelque chose me dis pourtant que je n'aurais pas un gros temps à l'arrivée et cela sera confirmé par les résultats: 1'40 de retard sur Philip, une belle rincée. D'après nos pédales respectives j'ai pourtant mis nettement plus de watts; une erreur de calibration, un artéfact de la mesure avec mon pédalier ovale, un impact du matériel, une différence de position, une mauvaise gestion de l'effort, ou un mélange de beaucoup de facteurs? Que sais-je? Cela me laissera perplexe certainement encore quelques jours. Il me faudra également, je pense, encore plusieurs sorties avec des intensités du genre des 3x20' pour avoir complètement confiance dans mes capacités à vélo avant l'ironman. Mais c'est aussi pour cela que j'ai envie de finir par un grand merci à tous ceux qui ont partagé ce week-end avec nous, avec un mot particulier à Philip pour l'organisation et Gilbert pour les grillades du dimanche soir. C'était très intense mais très sympathique et sans aucun doute très utile pour l'entraînement de tous.

TDFO 2017: contre-la-montre final
Arrivée du contre-la-montre final.



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Camp Porrentruy

Bien reposés pour une fringale

Porrentruy 2017: Ferrette
Montée sur Ferrette lors du trajet aller pour Porrentruy.

Partis à Barcelone pour un week-end de visite et repos avec les copains la semaine d'avant, nous partons à Porrentruy avec un niveau de repos rarement atteint depuis quelques temps avec Jean-Claude (les initiés du PMC diront que notre TSB a sky-rocket sur le milkyway 3record). Pas de quoi s'effrayer pour autant, 4-5 jours de camps suffiront sans aucun doute à le faire redescendre à des valeurs normales voire même bien négatives. Et on commence bien fort avec un aller à vélo comme l'année dernière. Zürich-Porrentry, 140km au programme et la couleur qui est annoncée dès le début: beau vent de face en sortant du bureau sur le coup de midi et celui-ci va nous accompagner sur tout le trajet d'après le prognostic meteosuisse. Prognostic qui malgré tous nos espoirs ne se trompera pas. Il fait beau, au moins cela, mais le traffic entre Zürich et Bâle nous use à la longue. Arrivés en Alsace les forces nous manquent déjà la moindre, Jean-Claude me laisse faire une plus grande part devant et chaque colline se transforme en montagne qu'il faut vaincre. Je mange comme je peux, fais goûter à Jean-Claude une barre isostar reçue quelques jours avant, et finis par m'arrêter à une fontaine marquée non-potable pour avoir une petite pause. La montée sur Ferrette qui s'en suit passera contre toute attente plutôt bien en offrant un peu de changement, tout comme Jean-Claude qui me semble reprendre un peu plus de vie. De retour en Suisse, à Miécourt, la fin est proche... mais la fringale aussi. Je ne suis plus très frais mais Jean-Claude l'est encore moins; lui qui vient de manger un farmer, me quémande une barre et finira à la coop pronto acheter du thé froid et des biscuits ovomaltine pendant que je m'arrête au postomat sortir du cash pour le week-end.

Porrentruy 2017: ovo fringale
La fringale est proche quand les biscuits ovo dépassent de la poche. Mais au moins la couleur passe bien avec le maillot Rushteam !

Seuls à la ferme, on entre et se douche comme des habitués des lieux (ce qu'on est depuis le temps). Mais l'ambiance n'est pas très détendue et la gorge presque serrée: nous qui partons sur un ironman sommes pourtant assommés par un 140km à deux en début de camps. Goups, ça va être dur.

Quand Matthieu et Carine arrivent, voir du monde que l'on connaît nous fait l'effet d'une claque. Ni une ni deux, on trimbale les stocks de nourriture du coffre jusque dans la cuisine et ne résiste pas à la proposition d'une petite course à pied "pour détendre les jambes". C'est ça les triathlètes, ils sont mauvais dans tous les sports, mais ils ne s'arrêtent jamais.

Les bosses pour bien commencer

Le vendredi matin, on commence une fois n'est pas coutume par la natation (Matthieu et moi ayant changé l'ordre du programme en espérant profiter du beau de l'après-midi pour rouler au sec). Encore frais, la pyramide 100-200-400-200-100 passe plutôt bien pour la majorité. Je tourne moi en 1'13/100m avec une bonne régularité et la satisfaction de gagner quelques secondes par rapport au bassin de 50m de Oerlikon et ses dépassements inévitables. Les faiblesses de la veille sont déjà oubliées et je suis prêt à remettre l'ouvrage sur le métier (ou les fesses sur la selle) pour un tour dans les bosses jurassiennes.

Programme: Rangiers - Delémont - Moutier - Glovelier - Rangiers; plus de 100km avec quatre belles bosses, on commence fort ! Et en plus ça s’excite au moindre petit bout de dénivellation. Dans les Rangiers, on donne le rythme avec Jean-Claude au début avant que David et Philip ne viennent nous titiller. Finish au sprint avec Jean-Claude. Philip et Jean-Claude remettent ça sur la deuxième bosse pour passer dans la vallée de Moutier, et j'ai toute la peine du monde à tenir la roue. La pression ne se relâche pas dans la vallée où le groupe roule de plus en plus fort. Encore et toujours le même Philip qui essaie de nous poser dans la troisième montée et moi qui relance avec Jean-Claude dans la roue. Pour finir, les Rangiers auraient presque pu se faire au train en discutant la moindre si Philip n'avait pas lancé une attaque sanglante au deux-tiers. Bref, une belle sortie comme on les aime, qui plus est suivie de 6km rythmés à pied. Une chose est sûre, la deuxième nuit a mieux passé que la première.

Porrentruy 2017: groupe Rushteam
Groupe Rushteam au départ vélo.

Coureurs que nous sommes

Après ce bon début rallongé sur le vélo pour profiter du beau temps, nous décidons le samedi de miser plutôt sur la course à pied avec un vélo plus facile et un long enchaînement; la longueur dépendant des envies et idées de chacun mais nous y reviendrons plus tard, car d'abord c'est piscine. Programme simple: pyramide inversée par rapport au samedi et rallongée à la place de raccourcir les temps de départ. Ca nous donne 500-250-100-250-500. Encore une fois, très bien passé pour moi en tournant autour des 1'13-1'14/100m. Pourtant, deux fois 5km en deux jours, ça faisait un moment que ça ne m'était plus arrivé.

Pas grand chose à dire sur le tour vélo. 75km environ à un bon rythme régulier mis à part les panneaux de Porrentruy où la tradition doit être perpétrée. L'objectif du jour est de tester une longue transition à pied. Si certains voient par là 2h et 25km (oui je pense à David et Matthieu), moi je pensais faire 20km proche de l'allure marathon, ie. liquidé en moins d'une heure et demie. Pas beaucoup plus de motivés que Jean-Claude, sans surprise, mais ça me fait déjà plaisir qu'il soit là sachant comment sa cuisse lui pose toujours problème; espérons qu'il tienne jusqu'au bout. But: 4'15/km (pour 3h au marathon). Easy? à voir. Faisable? sans doute. Pas le temps de dire un mot que nous voilà lancés le long de la rivière, le rythme rentre gentiment et la montre indique plutôt 4'05 que 4'15. Ca me va aussi, même si je vois Jean-Claude regarder le temps relativement souvent. Après 5 à 6 kilomètres, le tempo est plus difficile à tenir et Jean-Claude est bien loin dans son monde quand je lui dis de faire attention à un automobiliste qui va visiblement couper le trottoir sans prendre garde à deux fusées. Frayeur passée, mais c'est pas bon signe pour les 15km restants me dis-je à ce moment-là. Néanmoins, c'est le contraire qui se produira, Jean-Claude reprend du poil de la bête après la patinoire le long de l'autoroute tout comme moi qui arrive soudainement à respirer plus calmement. Une petite pause de 10s pour rattacher un lacet ne parviendra pas non plus à couper notre rythme et c'est sur notre lancée que nous voyons Alle défiler et le retour sur Porrentruy s'approcher bien plus vite que prévu. Un petit détour dans la ville plus tard, nous sommes à 4'00/km de moyenne et à 16km déjà. Mon seul soucis et une petite irritation à l'entre-jambe à droite parce que j'ai eu la mauvaise idée de ne pas mettre de sous-vêtement. Tenir le tempo me semble presque facile à l'instant et je pourrais le faire encore plus longtemps aux sensations. Petite accélération sur le dernier kilomètre juste pour la forme et un gros sentiment de rassuré qui me traverse. Si je ne suis pas rouleur dans mon esprit, le rythme marathon qu'il faudra tenir cet été ne me fais pas peur. Tous ces longs entraînement des 12 mois passés avec le TV Oerlikon et les préparations semi-iron avec le Rushteam ont fait de nous des coureurs d'endurance (ce qu'on était déjà plutôt taillés pour mais pas autant habitués au long).

Eviter la pluie

Principale motivation pour le changement de programme: éviter la pluie. Dimanche matin, il pleut justement mais nous sommes à la piscine à ce moment-là. L'enchaînement des jours a laissé des traces, tout comme le "footing" de la veille. J'ai l'impression que les forces me manquent pour les sprints de cet entraînement pourtant bien plus court que les deux précédents. Pas l'envie non plus de me donner au water-polo qui conclut nos sessions à la magnifique piscine des Tilleuls de Porrentruy. J'ai juste envie de tourner les bras tranquille avec très peu de battements mais une bonne traction. L'occasion de demander à David de regarder le style et faire des commentaires (que j'apprécie toujours énormément, et essaie d'appliquer du mieux que je peux).

Malheureusement, la pluie n'a pas vraiment cessé à notre sortie du bassin. La proposition vient alors de faire une sieste après le dîner et repousser d'une heure le départ à vélo. Si en partant, l'impression dominante est celle dormir encore, la route a presque séché et plus aucune goutte ne tombe. Et puisque ces derniers jours se sont bien déroulés, on prend les mêmes (plus Josué qui a récupéré de sa crève) et on recommence pour tirer les montées, relais à plat ou encore panneau Porrentruy. Pas un très grand jour pour moi niveau sensations mais pas un trop mauvais non plus. On saute malgré tout unanimement la transition course à la fin du vélo; je ne suis à priori pas le seul à être fatigué.

Rushteam vs GS Ajoie

Finalement, le lundi matin a lieu la rencontre Rushteam - GS Ajoie, ou "choc des titans" comme j'aime bien l'appeler. Sortie toujours très plaisante mais avec une tension certaine. Une vingtaine d'orange se déplacent de la ferme sous la direction de Gaby et Stéphanie en maillots verts GSA vers le rendez-vous au centre de Porrentruy où certains nous attendent déjà tandis que d'autres cyclistes sortent de chaque coin de rue à notre passage; comme si toute personne ayant un vélo de route dans le village ne manquerait pour rien au monde l'occasion de gommer mentalement les remords de tout ce chocolat ingurgité à Pâques. Quarante cyclistes qui s'élancent finalement en direction de Rocourt et St-Hyppolyte pour rejoindre le Doubs avec pour difficile tâche de montrer qu'on est là mais ne pas trop tirer pour ne pas faire exploser l'arrière du peloton, rester avec la tête aussi souvent que possible mais ne pas esseulés ceux qui pourraient avoir plus de peine ou des problèmes techniques à l'arrière, tirer fort devant pour ne pas être celui qui fait baisser la moyenne mais simultanément se réserver pour la montée finale sur Montvoie. Quand on dit que rouler en peloton est une question de technique... Celle-ci a très bien été gérée par nos collègues jurassiens je dois l'avouer jusqu'à Rocourt et même jusqu'au Doubs (même si j'ai fait la descente en tirant derrière après avoir aidé Gianna à recoller le groupe).

Porrentruy 2017: Rushteam-GSA
Rassemblement Rushteam-GSA: ça en fait des cyclistes pour un lundi matin.

Les esprits échauffés finiront toutefois par l'emporter en sortie de St-Hyppolyte. Petite remontée, des replacements stratégiques dans le peloton et une tentative d'échappée créeront une cassure qui ne se refermera plus jusqu'à la fin; et les dés sont alors jetés, plus de raisons pour personne d'attendre, il faut juste montrer qu'on a les cuisses pour appuyer ses relais. L'effort augmente sensiblement et les pulses aussi sur cette partie qui était sensée être plate et facile avant la montée. Tirer devant demande de gros sacrifices et se remettre dans les roues après son relais est parfois encore plus pénible. Peut-être la raison pour laquelle les cyclistes conseillent de ne pas rouler jusqu'à épuisement devant? mais elle est où leur fierté à ces cyclistes? La nôtre en tout cas a offert un KOM de groupe sur le segment entre St-Hyppolyte et Glère, où la montée pour Montvoie débute. Juste le temps pour moi d'ouvrir la grosse veste d'hiver avant de s'attaquer gentiment aux choses sérieeuuu... BAM! Le temps de relever la tête, un Ajoulot est déjà parti loin devant avec Jean-Claude en chasse. Je monte un peu les watts quand un autre jurassien me passe, bien qu'il coupera l'effort assez vite avec un hochement de tête digne de quelqu'un qui regarde désespérément s'envoler Cancellara sur les pavés de Paris-Roubaix. Oui mais voilà, moi qui avait presque laché, il me faut maintenant rejoindre la tête relativement vite. Notre fusée du départ se retourne déjà bien souvent mais est-ce parce que les forces manquent ou pour nous attendre? Jean-Claude le rattrape gentiment et j'aimerais bien être avec au moment de la jonction s'il s'agit du deuxième cas de figure et qu'ils se mettaient à rouler ensemble. Un kilomètre plus loin, c'est tout bon avec une jonction à trois et je peux ainsi me remettre dans un rythme soutenable. Je mène alors souvent, régulier, sans être facile (ie. 340-350W au compteur); mais je ne suis pas là pour faire des attaques. Jean-Claude s'y amusera pour nous tous au désespoir de notre compagnon qui finira par lâcher prise. L'occasion pour Jean-Claude aussi de prendre la victoire au sommet en restant dans ma roue depuis le village. J'ai juste envie de me plaindre en arrivant en haut avant de me rappeler que je lui avais dit que c'était le jeu lorsque la situation inverse lui était arrivée à un sprint de panneau. Très content de ma montée donc, et de ce week-end avec le Rushteam dans l'ensemble.



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Camp Eitzinger en Andalousie

But du camp

Comme annoncé sur le plan de saison, nous sommes partis pour une semaine avec un groupe de 18 personnes du Rushteam pour une grosse semaine de vélo en Andalousie, organisée par Eitzinger. Le but étant de former une bonne base kilométrique permettant d’attaquer ensuite la préparation spécifique dans les trois derniers mois menant vers l’iron de Frankfurt. En particulier arriver proche des 1000km de selle, avec peu d’intensités, et quelques belles transitions càp derrière. Après une belle charge en course à pied à Majorque avec le TV Oerlikon pour ma part, j’en ai malheureusement subi les contrecoups sur les semaines suivantes avec une petite mais bien gênante contracture sur la cuisse gauche. Malgré tous mes efforts de massage, pause et décontraction compex, bains et stretching ça ne part pas vraiment. Sur le vélo ça devrait toutefois aller. Le dernier but est déjà raté.

Mojacar 2017: groupe Rushteam
Groupe Rushteam du premier dimanche.

Arrivée au soleil

Samedi matin départ de bonne heure pour prendre l’avion direction le soleil. Et si le trajet (notamment en car depuis Alicante vers l’hôtel à Garrucha) me paraît bien long, je suis tout excité d’arriver sous le soleil chaud espagnol. Une fois les vélos récupérés et directement échangés pour une taille supérieure, direction le nord le long de la côte pour un prologue groupé Rushteam. Les routes sont relativement bonnes, la circulation quasi-inexistante, le terrain un poil vallonné, ça annonce une belle semaine !

Seul bémols, le spa de l’hôtel est super compliqué, et la cuisse fait effectivement toujours mal pour ma seule vraie càp du camp : 6km en mode sénateur. Je m’organise alors un massage et le reste de la récup se fera au compex et à la clara.

Mojacar 2017: Pause coca à Bedar
Pause coca à Bedar.

Avant l’arrivée des autres collègues Eitzinger un deuxième tour Rushteam est au programme, avec à nouveau le beau. Et tout de suite le ton est donné pour le reste du camp : des sorties pas forcément très longues, mais en faisant bien du dénivelé, et un test FTP lors de chaque montée. Ben on dirait que quelqu’un veut me faire rater mes deux autres objectifs de camp… D’autre part j’ai de la peine à me remettre à l’aise dans les portions descendantes, en particulier le vent ou le gravier sur la route me fait peur.

Im Gruppä feuf faro

Le lundi les renforts débarquent et nous sommes plus que Daniel, Matthieu et moi-même dans le groupe 25+. Le groupe s’étire parfois, se plaint de temps en temps, et petit à petit trouve son rythme de croisière où les plus puissants dont nous faisons les trois partie se permettent de se faire plaisir (comprenez souffrir) dans les côtes relativement fréquentes avant d’attendre au sommet, de faire les descentes plus ou moins ensembles (où je préfère le rythme serein des descentes un poil plus techniques avec bonnes routes que les lignes droites rapides ou les routes plus gravillonneuses) et de laisser les plus forts prendre le vent dans les faux-plats (y’a pas de plats).

Mojacar 2017: Représentants orange du groupe 5
Représentants orange du groupe 5.

A chaque fois ça sera de la montée en matinée, une pause midi au coca/sandwich après environ deux-tiers du parcours et un retour « tout en descente » l’après-midi. Jamais vraiment regardé les infos du parcours, on roule avec et se fait plaisir.

Au fil des jours on expérimente aussi avec notamment :

  • Une bosse à 30% après passé 100km de sortie. Ça pique dans les jambes simplement pour rester sur son vélo. Quelque chose comme 350W pour <10km/h pour les connaisseurs !
  • Des discussions avec des Suisses-allemands qui connaissent nos collègues du TV Oerlikon (entre autres un haut responsable Adidas Suisse) via différentes personnes et étaient informés de notre venue (on est connu dans le triathlon…).
  • Beaucoup de retours sur Ironman, autant bien de ceux qui me font penser que sub9 c’est ambitieux que d’autres qui paraissent plutôt rassurants de ce point de vue. Au final j’en ai tiré que chacun doit faire sa propre expérience sur un effort tellement différent d’un triathlon habituel, et que les conditions du jour de course peuvent influencer fortement le résultat chronométrique. Mon but à moi n'a lui pas changé.
  • Des moqueries sur les accents allemands, surtout la prononciation de Auto (euto?), heute (huttä?), morgen (moru?) et fahren (faro?).
  • Une photo par jour sur Strava (pas 100% sûr d’avoir tenu ma promesse, mais j’ai fait de mon mieux).
  • Un bout de moins bien, avec les jambes qui peine à répondre, la tête qui fatigue un peu, et le travail mental qui va avec.
  • Deux sommet de cols lors de la Königsetappe à 4°C, ça change des 18-20°C du reste de la semaine.
  • Les premiers 10km de l’étape reine en plus d’une heure (sur pépins mécaniques), mettant la pression sur Sascha (notre moniteur) se demandant déjà si on rentrera de nuit.
  • Une moyenne à quasi 32km/h le jour tranquille, le seul jour avec une faible dénivellation aidant.
  • Du vent à décorner les bœufs le dernier jour, et ma peur de la chute d’il y a une année qui est ressortie.
  • Le passage répété des 1000W de Matthieu décidemment bien en forme.
  • Les attaques de Phil et Arnaud en montées qui n’étaient pas en reste non plus.
  • Les relais de Daniel à faire sauter ses camarades tel Cancellara dans les grandes Classiques.

Les à-côtés

Si on a souvent roulé à trois du Rushteam entourés de Trek et autres Suisses-allemands, le groupe Rushteam a tout de même formé une excellente ambiance toute la semaine, à se raconter le soir autour d’une clara les aventures de la journée, partager un plouf en mer, une petite séance de natation le jour de repos, une grosse séance de tapas le même jour de repos, quelques bières chez le Belge, une paella à Garrucha, des explications de Milky Way tant qu’il y a de chiffres négatifs dans le graphe, des noms de villages espagnols déformés à la romande, et tant de choses qu’il est presque impensable de tout raconter sans l’avoir vécu. C’est aussi pour ça finalement que le camp fait tant plaisir.

Natation en mer
Natation en mer.

Cette année j’ai été certainement plus raisonnable que je n’aurais pu l’être il y a quelques temps, avec presque pas de course à pied pour tenir ma cuisse à l’abri d’une blessure plus grave, aucun éveil matinal, que peu de natation, et des nuits de sommeil bien remplies. Ça m’a permis de passer des heures de selle de qualité, et j’espère en tirer les fruits tout bientôt.

Porrentruy approche rapidement, et ensuite les courses de préparation débuteront avec les 20km de Lausanne. J’ai quelque peu hâte aussi de reprendre la course à pied sérieusement, et d’en finir avec la plus longue pause sans compétitions dont ma (courte ?) mémoire se souvient.

Florilège des meilleures photos

Mojacar 2017: Groupe Rushteam du prologue
Groupe Rushteam du prologue.
Mojacar 2017: Jean-Claude et Cendrine au prologue
Jean-Claude et Cendrine au prologue.
Mojacar 2017: Jean-Claude et Cendrine au prologue
Jean-Claude et Cendrine au prologue.
Mojacar 2017: Daniel à la montée
Daniel à la montée.
Mojacar 2017: Paysage depuis Mojacar
Paysage depuis Mojacar.
Mojacar 2017: Sommet de la montée à 30%
Sommet de la montée à 30%.
Mojacar 2017: Montée à 30%
Montée à 30%.
Mojacar 2017: Plage de la pause midi
Plage de la pause midi.
Mojacar 2017: Paysage depuis Mojacar
Paysage depuis Mojacar.
Mojacar 2017: Jean-Claude à vélo le jour de repos
Jean-Claude toujours à vélo... même le jour de repos!
Mojacar 2017: avec Sascha, monitor du groupe 5
Avec Sascha, moniteur du groupe 5.
Mojacar 2017: Groupe 5 renforcé pour l'étape reine
Groupe 5 renforcé pour l'étape reine.
Mojacar 2017: Plage d'Agua Amarga
Plage d'Agua Amarga.
Mojacar 2017: Plage d'Agua Amarga
Plage d'Agua Amarga.
Mojacar 2017: Plage d'Agua Amarga
Plage d'Agua Amarga.
Mojacar 2017: Route pour Carboneras
Route pour Carboneras.
Mojacar 2017: Plage d'Agua Amarga
Plage d'Agua Amarga.
1 commentaire
grrrrrrrrr
par David le 04-04-2017 à 17:10


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Majorque avec le TV Oerlikon

Une semaine de course à pied

Pour une fois, et comme annoncé précédemment, je me suis retrouvé en camp d’entraînement avec des coureurs, et non des triathlètes. Objectif de la semaine était d’arriver largement au-delà des 100km sans blessure (et pour Daniel resté en Suisse de battre son record sur 10km, c’est chose faite).

Vendredi soir (17 février) donc, dépôt des bagages à Zürich pour un vol tôt le samedi matin, et première bière avec Hervé et Martin en attendant Lutz qui nous rejoint aussi pour dormir à Kloten. L’ambiance est déjà bonne, no stress, et samedi de bon matin on retrouve encore la majorité de nos compagnons d’aventure pour un vol rapide nous menant vers le soleil majorquin. Transfert vers Port d’Alcudia et premier footing de 14km avant de recevoir nos clés de chambres. Il fait chaud (mais quand même pas les 32° affichés par le thermomètre de la pharmacie en plein soleil), un petit vent, et une belle mer (mais toute la plage est en travaux). Rubén en passant mentionne un segment strava, tout le monde en rigole et je serai le seul à me lancer (comme souvent dans la semaine, les Welsch sont plus propices à ce genre de paris…). Celui-là sera au fait faussé parce qu’en zig-zag et les records sont passés tout droit à côté du chemin.


Panorama vers Cap Formentor (clic sur une image pour ouvrir en grand).

14km dans les jambes, un petit dîner léger et redépart en soirée pour un footing de récup explorant le départ des trails qu’Iwan aimerait bien tenter.

Dimanche, DL1-2 au programme. Lors du footing on discute sagement et le rythme à l’avant accélère et fait souffrir quelque uns, on me fait la remarque, « c’est un DL1, pas si vite », et je leur apprends ne rien connaître à ces mentions. DL pour DauerLauf ou footing je savais, mais que RDL c’est régénératif, DL tout cours un footing normal, DL1 et DL2 dans des zones gentiment plus rapides, HM HalbMarathon pace, MI Mittlere Intensität et HI High Intensität je connais pas encore. Et encore moi à quel rythme ça correspond pour moi. « Für Besse-express heisst’s einfach vorne laufen »

Récup et vélo à tout va

L’après-midi excursion à la piscine, qui se retrouve être fermée le dimanche. Quelques longueurs dans celle de détente chauffée de l’hôtel. Alors que les autres se réjouissent de phases de détente et récupération, moi je me retiens de ne pas trop en faire, tout en pensant aux camps de triathlon remplis de 5h de vélo durant la journée avec à peine assez de pause pour manger rapidement.

Lundi le groupe de 13 est complet. La semaine sera composée de journées intercalées de récup active et d’intensités. La météo est idéale pour les 3x10 minutes du matin le long de la lagune. J’ai tendance à partir un peu vite comme d’habitude, mais les jambes répondent bien et je les tourne en moyenne en 3’18-3’16-3’14 au kilomètre. De retour à l’hôtel le plouf dans la piscine (non-chauffée) fait du bien aux jambes.


Excursion vélo

L’après-midi on loue des vélos pour aller visiter le Cap de Formentor, un phare situé au bout de l’île avec une très belle route y menant. L’occasion pour moi de prendre les relais dans le vent et mener le train de belle allure dans la plaine, et de me faire plaisir dans une petite montée supplémentaire sur le côté du parcours ainsi qu’avec la GoPro. Et de retourner aussi chercher celles qui voulaient faire demi-tour quelques kilomètres avant la vue magnifique.

Mardi rebelotte un tour à vélo de 80km. Au programme la montée régulière de 10km sur LLuc. Au départ un groupe d’une vingtaine de jeunes anglais nous dépassent et je m’accroche. Puis ça saute de toutes parts et je me retrouve avec les 5 premiers lorsque deux (dont un avec le maillot de champion du monde) attaquent férocement. Quelques centaines de mètres à 30km/h en montée et je lâche aussi à un bon kilomètre du sommet. Le retour est d’abord vallonné, puis descendant vers Pollença où l’on dîne au café (le club sandwich avec frites contenait sûrement plus de calories que nécessaire pour toute la journée) avant de retourner vent dans la gueule sur l’hôtel.

Le soir course à pied récup 9km avec un peu de progressif sur la fin, ainsi qu’une séance de renforcement dans le parc avoisinant.

Excursion sur piste


Séance sur piste à Manacor.

Mercredi, séance sur piste à Manacor, dans le fief de Nadal. Des installations de sport de luxe, avec non seulement tennis et foot mais aussi vélodrome en béton et piste de tartan (un 400m comme normal ainsi qu’une ligne droite en montée). Au programme une pyramide inversée 2000-1600-1200-1200-1600-2000. Les temps annoncés au départ semblent bien ambitieux (partir en 3’10 et progresser vers 3’00), durant la série ça sera plutôt 3’15-3’10. Sami et Rubén enchaînent les premières moitiés, alors que je m’assure de finir dans un bon rythme. Lutz s’accroche mais avec plus de peine. Puis deux tours en plus pour aider les autres finissant leur travail (c’est aussi ça les romands), un photo-shooting rapide et la récup pieds nus dans l’herbe.

Premier entraînement pour ma part où les sensations n’y sont pas vraiment. Les périostes me tirent un peu, la machine a un peu de peine à se remettre en marche, et le vent des sorties vélo m’a laissé un rhume et léger mal de tête. Pas bien grave surtout sachant que c’est la première séance sur piste de l’année et que j’ai 65km de course dans les jambes en 4 jours. Mais Rubén notera que ce niveau n’est pas celui qu’il avait au moment de passer sous les 32’ sur 10km.


Séance sur piste à Manacor

Après un dîner en ville, visite de Calla Rojada par un petit footing à selfies de 5km en 1h le long de la mer et un dîner Royal avec une épaule d’agneau aussi grosse que succulente.


Selfie !

Jeudi arrive et les jambes sont lourdes le matin au réveil. Footing à jeun prévu dans le parc environnant qui est malheureusement fermé, et dont le surveillant nous surprend sautant sur la barrière… ça sera donc le long de la petite forêt et vers la plage. Pour une fois je suis sagement dans les pieds et pas à tirer devant, versteckt. Ça me vaudra quelques commentaires… L’après-midi piscine, 3km en glisse dans une 25m (ça paraît court par rapport à Oerlikon), et aussi ping-pong, chaises longues et bronzage : le mauvais est annoncé pour la suite.

Tempo run

Vendredi une seule séance au programme, mais pas n’importe laquelle : 25km progressifs, avec pour but d’arriver juste sous les 4’00/km en partant vers 4’15 et descendant jusqu’à proche des 3’30. On rigole au départ en faisant référence à mon ignorance des tempos : « 25km im halb-marathon tempo ». Dès les premiers kilomètres je me sens vraiment bien et on ne reste pas longtemps au-dessus des 4’00 (1km en 4’08 puis 5km autour des 4’00 et ça accélère). Alors que j’avais promis à Hervé de rester dans les pieds les premiers 10km et de voir ensuite, je ne peux m’empêcher de faire tout devant. Rubén laisse parler la sagesse et au lieu de me coller me donne 3-4m d’espace de sorte à ce que je ne force pas trop. Après 10km en 39’23, ils me disent de partir tout seul.


Tempo run.

On y rejoint le bord de mer pour un aller-retour, le rythme devient du 3’35 vent de dos et 3’45 vent de face, alors qu’il me faut me battre un peu avec des débuts de points. Peu après le demi-tour je retrouve mes collègues pas loin derrière, qui tournent juste avant pour repartir avec moi. Lutz s’accroche cette fois-ci et on mène le train entre 3’30 et 3’35 sur le retour jusqu’à l’hôtel. Une grosse séance de 26km (j’ai raté un virage à gauche prévu au départ) en 3’43 de moyenne, avec comme meilleur 10 kilomètres 35’22 et semi-marathon 1h17 ! Super content de la séance, et même si j’ai tout tiré devant avoir Samir, Sami, Rubén sur 10km et Lutz presque tout du long dans les pieds aide beaucoup mentalement. Le sauna fait cette fois vraiment du bien (et la bière emmenée avec aussi !).

Trails

Après un karaoke le vendredi soir où les romands ont pu démontrer leurs capacités à organiser un apéro (ainsi qu’à danser les sardines de Patrick Sébastien et celles un peu moins développées à chanter), le footing du samedi matin le long de la place de golf puis le retour par l’arrière-pays me mène à 100km pour la première fois en une semaine (lundi-dimanche). On profite des paysages, et une fois de plus ça sera un footing où les pauses photos seront relativement fréquentes.


Trail.

Enfin 5km de plus en début d’après-midi le long de la plage en mode récup. Ensuite c’est en voiture direction Palma pour shopping, visite du marché, dîner gastronomique, sortie pub et disco. Retour tard dans la nuit (« früh ins Bett »), et après trop peu d’heures de sommeil (mais heureusement plus d’heures sans alcool), dernier réveil sur l’île et préparation du trail avec Iwan : 24km avec environ 1000m de déniv principalement en petits chemins caillouteux. Rubén et Melina se joignent aussi. S’ils auront aucune peine à la montée, les descentes leurs sont beaucoup plus pénibles, crispés sur les chemins non-bétonnés. Moi ces descentes me font plaisir, et suivre Iwan est un délice par des paysages magnifiques surplombant les baies d’Alcudia et de Pollença.

Petite bière de fin et puis retour vers la Suisse avec 136km dans la semaine (174 à Majorque en comptant le week-end précédent). Les mollets se font durs, le pied droit à un tendon qui commence à tirer un peu, le jour de repos se fait attendre.

Etre coureur une semaine m’a fait un immense plaisir, le groupe était génial et j’ai profité au maximum de ce camp. Un grand merci à ceux qui m’y ont accompagné. Je retiendrai aussi des petites phrases comme : « 2h30 schafft ihr auf marathon » (Rubén, après le tempo run), « les Romands sont beaux » (Andrea, qui voulait dire bons après les relais dans le vent à vélo), « im kurz-Distanz Trail würde ich ihm schon vorne sehen » (Iwan, satisfait de ma technique de descente) et « Bist du sicher dass Triathlon den richtigen Sport für dich ist ? » (Melina, en voyant que je suis devant aussi bien sur piste que tempo et trail). Comme d'hab toutes les activités sont sur strava, et cette semaine ça vaut d'autant plus le coup d'oeil qu'il y a beaucoup de photos.

Jean-Claude


Rea et les Welsch !


Palma.


Tempo run.


Trail surplombant la mer.


Trail panorama à 360°.


Et nous pendant ce temps on court.


L'été approche.


La mer appelle.


Explorant le long de la mer.


Pour la première fois à 100km !


Sur piste.


Après la piste.


Calla Rojada.


Pause lunch à Pollença.


Le groupe vélo.


Quelle belle météo !


Deux qui bossent, tous les autres regardent : une crevaison c'est comme un chantier.



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Cours toujours

Malgré les changements de style rapportés par Jean-Claude, une chose qui reste est qu'il faut toujours nager, faire du vélo et courir pour faire du triathlon. Et pour l'occasion, je vais me concentrer sur le dernier sport.

JC càp Rides
Course au chalet le jour de Noël. Il manque malheureusement de neige pour faire du ski.

De la charge, du long et des groupes

Déjà jeunes, nous avons fait partie avec Jean-Claude de Stade Lausanne athlétisme et ensuite avons continué à nous entraîner sur piste avec Jean-Gilles. Nous avons donc toujours eu l'habitude de faire des séries en course à pied et cela n'a pas tellement changé. Ce qui est différent par contre avec notre transition progressive sur les plus longues distances et nos débuts sur semi est l'introduction de beaucoup plus de charge certaines semaines et également de sorties beaucoup plus longues. La motivation de faire des sorties longues est ce qui manque bien souvent le plus et l'année passée, j'avais essayé de la trouver en faisant un long footing par week-end avec de la musique. Malheureusement, des douleurs à la hanche m'avait empêcher de continuer sur ce rythme qui ne s'avérait peut-être pas non plus être la bonne solution. L'idée de cet hiver était donc de faire également un gros volume mais sans être fixé sur les longues sorties régulières mais plutôt de suivre les différents groupes d'amis et partenaires d'entraînement; on est toujours mieux accompagné pour ce genre d'aventures.

Cela a donc commencé par rejoindre les vendredis midis, l'équipe du BM (Bâtiment de Microtechnique, avec notamment les deux Davids et Matthieu) pour le footing des Pommiers. Tour de (juste pas) 10km partant au bord du lac et revenant par les collines derrière Denges et dont l'allure est souvent tranquille et causante; enfin, en théorie, parce qu'il arrive aussi que le rythme s'emballe plus que les discussions comme la fois où il fallu faire tomber le record du parcours sur strava

Puis sont venus aussi les sorties avec Pierre où il a fallu m'accrocher par fois et même laisser partir d'autres. Ça ne m'étais pas arrivé depuis un petit bout de temps de me faire lâcher ainsi mais le mardi après la corrida d'Octodure j'ai dû arrêter plus vite que prévu l'entraînement parce que les 6x2000m prévus étaient bien trop rapides pour moi. Une chose est sûre, c'est que cela m'a remis du rythme et me force à tenir les séries même lorsque je me sens moins en forme, ce qui fait une grande différence à mon avis. Motivés par Pierre et ses acolytes, nous sommes ensuite aussi allés à quelques entraînements du groupe de running EPFL/UNIL les jeudis midis pour des séries en général plus courtes et dynamiques que les mardis soirs.

Ajoutez à cela, une ou deux fois avec le Rushteam ainsi qu'une Morgienne, et parfois une idée folle qui me prends comme faire 14km avant d'attaquer un Pommier pour faire mon long footing et la charge d'entraînement en course à pied est bien là.

La charge oui, mais la forme?

L'image qui me reste toujours de l'année passée est celle de moi hyper confiant avant le départ des 20km. Je ne dis pas grand chose et dévaluent mon objectif si on me le demande mais je me sens bien et le sais parfaitement après le 8x1000m avec les 5 premiers en 3'17, puis 3'11 et 3'03. Une séance qui me reste dans la tête encore maintenant. J'avais ce rythme de 3'17 dans la tête, dans les jambes et rien n'a pu m'empêcher de partir en 3'17 sur les trois premiers kilomètres des 20km même s'il fallait être seul face au peloton (tiens donc, je l'étais avec mon rythme un peu rapide...).

La forme, il me semble bien l'avoir à l'entraînement ces derniers temps. Je n'ai certainement pas amélioré mon temps sur 100m ou 200m, peut-être pas sur 400m ou 800m mais sur la longueur il me semble bien tenir plus facilement. Trois ans en arrière, 16km était long et 25km inimaginable. Maintenant, même s'il est vrai que je n'ai encore jamais passé la marque des 25km, j'ai passé régulièrement les 20km et pas loin des 25km plusieurs fois. C'est bien beau tout se que je raconte mais être en forme à l'entraînement restera toujours pour moi qu'un indicateur; le test ne pouvant être fait que sur compétition, et pour cela les 10km de Payerne arrivent dans deux semaines déjà. L'objectif y est clairement de battre mon record personnel de l'année passée. Suivront ensuite Kerzers le 19 mars (où je n'ai pas vraiment envie de mettre d'objectif mais plutôt de la prendre comme un bon entraînement) et les 20km le 24 avril.

La clé pour la suite de la saison passera aussi par une bonne gestion pour garder la forme tout au long du printemps et de l'été et sans blessures également. L'année passée, j'avais personnellement eu des soucis avec le tendon d'Achille gauche tandis que Jean-Claude était embêté par des périostes sensibles. Changer régulièrement de chaussures et faire un tournus entre plusieurs paires est une solution que j'apprécie beaucoup ces derniers temps avec trois paires qui tournent actuellement. 1) mes Nike Pegasus 30, des chaussures très agréables qui ne me font mal nul part et que je mets pour des sorties longues ou moyennes; elles sont un peu vieilles par contre et accusent les kilomètres si bien que je pense les changer bientôt. 2) des Asics Gel-DS Trainer 20, chaussures légères; j'avais beaucoup aimé les anciennes Gel-DS Trainer (que je porte encore souvent pour me déplacer mais qui sont trop usées sur le talon pour courir car elles me donnent des cloques) et j'aime bien la forme de celles-ci, mais par leur légèreté, elles me font beaucoup taper les pieds au sol et j'ai peur de me blesser en les portant plus souvent que une fois par semaine pour les séries rapides. 3) des Brooks Pureflow 4, conseillées par des amis pour leur peu de drop et dans lesquels je me sentais très bien au début; mon avis a un peu changé maintenant avec l'impression d'avoir plus souvent une gène sous le talon gauche après avoir couru avec. J'aimerais bien une nouvelle paire comme les anciennes Trainer ou les Pegasus 30 pour remplacer les Nike, mais pour les deux la ligne de la marque a un peu changé pour se rapprocher de la tendance minimaliste qui ne me plaît pas trop et ma décision n'est donc pas encore fixée.

Dans les autres points, je vais aussi courir un 3000m jeudi matin pour un étudiant en master en math à l'EPFL qui travaille avec le laboratoire d'analyse des mouvements pour modéliser les performances et optimiser la gestion de l'effort. Je ne connais pas encore tous les détails des capteurs que je vais porter pour cela ni des conclusions qui pourraient en ressortir. Je me suis d'ailleurs pas mal intéressé récemment aux différents modèles physiologiques de l'effort et de charge d'entraînement pour savoir ce que faisait TrainingsPeak ou GoldenCheetah et faire notre propre journal d'entraînement et programme d'analyse avec Jean-Claude (mais pour les détails de tout ça, il faut encore attendre un peu...).



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Semaine vélo à Cambrils

Après le mois de janvier dédié à la session d'examen à l'EPFL, j'ai profité de la pause inter-semestrielle pour partir sur les dix premiers jours de février en Espagne avec papa. Il connaît déjà la région pour y être allé avec le Rushteam et Eitzinger mais cette fois-ci nous organisons notre camp à nous en louant un appartement et se débrouillant pour tout le reste.

Dimanche 1er février, nous nous levons tôt pour notre long voyage. 8h de route selon Google, un peu plus avec les pauses... et plus encore avec la neige qui nous accompagne sur le début du parcours. Il neige bien jusqu'à Genève mais les routes sont là bien dégagées tandis qu'en France elles sont "délicates" aux dires même d'Autoroute FM dont la présentatrice se rattrape bien vite après avoir bafoué un début de "difficile" qui aurait difficilement passé. Bref, on s'en sort relativement bien mais avec un bon retard à Valence où je passe le volant à P-A. Arrivés sur place, nous prenons possession de nos quartiers et ne perdons pas de temps pour un petit prologue de 50km. Il ne fait pas chaud avec le soleil déjà couchant sur la fin mais une bonne semaine s'annonce.

P-A et Daniel au barrage de Riudecanyes
P-A et Daniel au barrage de Riudecanyes

Il souffle à Cambrils

Le lendemain, le programme se déroule et se répétera sans grands changements sur toute la semaine. Départ pour un petit footing le matin, puis un gros tour à vélo et enfin un plouf à la piscine de 25m du centre de sport. La piscine est prévue un jour sur deux et la course se module selon la forme et notamment mes genoux qui se plaignent des chocs constants sur le béton. Mais le vélo reste la priorité. Oui mais voilà ! Vers 9h du matin, il fait relativement froid et un vent comme nous ne sommes pas vraiment habitués nous accueille et dégrade moral et moyenne. La montée du premier jour est rude et il fait relativement froid au sommet. Une fois passé derrière ça va mieux et c'est quand même avec 110km au compteur que nous rentrons.

Le jour suivant P-A peine un peu et le premier col en plein vent nous fatigue. Après 40km, il demande déjà une pause café et j'accepte bien malgré moi car j'ai froid mais vois en même temps les kilomètres qui n'avancent pas. On repart malgré tout mais dans la peine pour 115km au total et à peine plus de 20kmh de moyenne.

Daniel et P-A
Daniel et P-A

Mercredi matin, les conditions sont encore pires que les jours précédents. Il souffle au réveil mais il pleut surtout. Nous faisons donc la natation et une plus longue course avec 5x2' le matin. L'après-midi, le temps se lève la moindre et nous partons pour 60km de vélo. La neige semble toute proche mais il fait encore relativement bon.

Le jeudi par contre, nous devons renoncer à notre tour planifié après un début de col difficile et où nous sommes chahutés sans cesse par le vent et avons presque froid à la montée même. C'est après 35km que nous nous retrouvons bien au chaud dans l'appartement avec des regrets par la suite de ne peut-être pas avoir attendu l'après-midi comme la veille quand, en sortant de la piscine et des 5x200m, nous croisons une équipe française de cyclisme à la terasse d'un café (Vendée U d'après leur maillot qui a fait un camp à Salou). On se rattrapera demain se dit-on alors.

Col de Faxtès via Pratdip au programme de ce vendredi. On arrive presque au sommet du col mais les nombreuses parties de route bloquées par la neige finissent par avoir raison de nous. Demi-tour donc presque en haut et nous croisons le chasse-neige dans la descente. Pas envie de finir comme hier malgré tout et nous partons donc en direction de l'est où il semble y avoir moins de blanc dans le paysage et finissons par atteindre malgré tout les 137km au prix de beaucoup d'une longue durée de sortie avec ces descentes difficiles à gérer.

Route gelée au col Faxtès
Route gelée au sommet du col Faxtès

D'après la météo le vent est sensé se calmer le samedi, reprendre le dimanche avant d'être plus raisonnable la semaine suivante. Notre jour de "repos" (il faut combiner mes notions de repos avec celles de P-A ce qui n'est pas toujours évident) est donc déplacé du samedi au dimanche pour profiter de la belle journée à venir. Dans l'approche du col, il souffle quand même la moindre mais rien de comparable à la veille. Je tire comme je peux P-A dans ce faux-plat montant lorsqu'un groupe de cyclistes en rouge (les Vendée U) nous dépasse. P-A me donne carte blanche et je les suis donc dans la roue jusqu'au sommet du col. Ca monte régulier, probablement plus vite que je ne l'aurais fait seul, mais je tient facilement le rythme. Eux redescendent par la grande route pour faire des relais en plaine tandis que nous continuons dans les vallons de l'arrière pays avec P-A. Bon choix finalement que d'inverser ces jours. On a ainsi pu faire nos 118km tandis que le lendemain nous avons carrément fait demi-tour après 20km pour ne même pas finir les 55km au programme à cause du vent plus fort que jamais.

Oui mais c'est beau quand ça ne souffle pas (trop)

Pour la nouvelle semaine le vent se calme et les températures se réchauffent la moindre. Nous avons trois jours pour en profiter et comptons bien le faire. Le lundi, nous partons sur un long tour direction La Figuera. On croise à nouveau la neige à plusieurs reprises mais le tour et si beau qu'on refera presque le même le lendemain dans l'autre sens (avec quelques anecdotes comme la traversée d'une rivière à pied tant la route choisie et indiquée sur le plan se révèle petite). 131km et 126km respectivement. De très beaux tours, même si la fatigue commence à se faire sentir.

P-A et Daniel à La Viella Baxia
Selfie devant la Viella Baxia
Traversée d'un inundabile proche de El Molar
P-A à la traversée du seul inundabile véritablement inondé

Pour le dernier jour, nous décidons de retenter ce fameux col Faxtès qui nous a résisté la première fois. La neige à bien fondue mais on n'avait bien fait de rebrousser chemin alors, le début de la descente étant tout en dévers et encore à moitié gelé presque une semaine plus tard. Un dernier col à découvrir pour passer Falset-Porrera directement et se rappeler de bons souvenirs. Le chasse-neige dans la montée premièrement, mais aussi le café de Porrera qui est délicieux (c'était celui du désespoir des 40km la semaine dernière, mais il s'avère excellent même en bon état de fraicheur). Retour par une petite montée pour le col depuis ce côté là et avec un peu plus de 100km nous dépassons alors les 1000km de notre camp.

Montée juste devant le chasse-neige
Montée juste devant le chasse-neige !
Belle vue sur Porrera
Belle vue sur Porrera

Bilan

Un peu plus de 1000km à vélo en 11 sorties. Pas la moyenne escomptée mais ça aurait été dur avec le profil très vallonné de la région et tout simplement impossible dans ces conditions météo. Les kilomètres vélo étaient l'objectif principal et ça reste une réussite. 

Le tout a été agrémenté de 21.5km natation en 6 sessions (la plupart tranquilles et deux avec des séries) et 40km à pied en 6 sessions également (principalement des footings et avec le poins négatifs ici étant que mes genoux ont souffert de courir régulièrement la première semaine, ce qui m'a forcé à moins courir par la suite).



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TDFO

Genou quand tu me tiens

Le lendemain de Stettfurt, satisfait de voir ma forme revenir et ayant congé pour cause de coupure de courant dans le labo, je décide de faire une journée « triathlon », avec au programme mes 4km de natation habituels le matin, suivis de 50km vélo sans forcer et enfin le soir une série sur stade en course à pied. Je me sens vraiment bien à vélo (même mieux que la veille de Stettfurt, ce qui est inhabituel pour une course). A pied la fatigue se fait sentir sur la fin de la série (2x le bloc 300-500-1000-500-300), mais j’arrive à tout tourner en un rythme compris entre 3’ et 3’20/km.

Le soir toutefois une légère douleur dans le genou gauche, je mets un peu de glace et décide malgré tout de ne pas changer ma décision de partir courir tôt le mardi matin. Mal m’en a pris : la douleur s’intensifie. J’arrête donc de courir les jours suivants, mais l’intérieur du genou me tire désormais même lors du spinning le mercredi soir. Je nage donc à la place, là pas de soucis.

Le week-end on roule avec Daniel quelques bouts des étapes du TDFO (objetif maillot jaune oblige ;). J’arrive même à imposer une natation à Morges pour l’ouverture de la piscine le dimanche. Une eau à 24°, la piscine presque pour nous (en tout cas large 1-2 lignes par personne), que demander de plus ? Ah oui, peut-être que la météo tienne… on finira par sortir de l’eau après 2.6km sous la grêle ! (Je suis d’un côté heureux qu’après tant d’années de triathlon il y ait toujours des premières. A vélo et à pied ça m’était déjà arrivé, mais pas en nageant.)

De retour à Zurich la semaine sera courte en entraînements. Je passe principalement mon temps dans le labo à m’occuper de mon projet de semestre. Le jeudi soir je rentre déjà pour le TDFO qui débute le lendemain.

TDFO Etape 1

L'équipe Popeye I au départ vendredi.

Le vendredi soir presque une trentaine de Rushtistes se retrouvent sur le parking de Bavois pour le briefing de la première étape, accueillis en grande pompe par les organisateurs en costard avec coupé BMW ! (j’en profite pour les remercier direct, super boulot sur les trois jours !) Bourrasques de vent, faudra être un poil prudent. Premier tour de Bavois neutralisé (avec plein de terre qui se soulève des champs environnants), PA fait une échappée sans le vouloir. Du côté Popeye on arrive à calmer Matthieu qui rêvait d’une échappée km0. Montée sur Suchy au train, emmenés par Joël. Dans la redescente personne n’est motivé à tirer vent de face, ça se jouera donc plus tard et revient par l’arrière. Simili-attaque dans la descente mais pas vraiment, et puis les tours chauffes derrière Yverdon vers Pomy. Je suis surveillé par Phil, laisse donc partir Daniel et Matthieu avec Chauncey comme prévu (apparemment comme prévu par Phil aussi mais c’est un hasard des jeux d’équipe).

Vers le GPM Chauncey se fait distancer et derrière la Rushteam se décide à rouler. Vers Donneloye l’écart est de 1’30 et je prépare une attaque sèche dans l’objectif de faire la jonction pile au sommet de la bosse. Ça marche tiptop et on peut rouler à trois. Seulement Daniel et Matthieu sont plus fatigués que moi et je leur propose donc de prendre des relais plus courts. La montée sur Bercher est plus pénible pour eux et ensuite vers Pailly je décide de partir seul, à fond sur les 14 derniers km (heureusement vent de dos).

A l’arrivée le plan a fonctionné presque parfaitement (Daniel et Matthieu étaient censés m’accompagner jusqu’à l’arrivée). Je gagne l’étape avec 1’27 sur eux deux et 3’ d’avance sur Phil, le ton est donné. Objectif : reprendre 3’ encore samedi, rester dans les roues dimanche matin et tout donner au clm.

TDFO Etape 2

Le samedi la stratégie reste la même : Daniel et Matthieu doivent s’échapper vers Bière et je les rejoints au sommet du Marchairuz. Seulement cette fois-ci Philip est au courant…

Départ de Montricher avec les maillots jaune et à pois (ie moi et Daniel respectivement) en tête dans la portion neutralisée. A Bussy on déneutralise mais rien ne bouge jusqu’à Lavigny. Montée de St-Livres au train, avec une petite attaque au GPM et puis tout le monde attend sagement dans ma roue (« rouler avec la pancarte »). Au virage sur Bière David s’échappe, je dois ramener le groupe et puis incompréhension je comprends que je dois lancer le sprint pour Matthieu (alors qu’avec Daniel ils voulaient juste un rythme plus élevé pour éviter les échappées…). Je m’écarte donc assez tôt et laisse un long travail à Daniel, mais Matthieu parvient à dominer le sprint tout de même. Ça me vaudra une remarque de Chauncey : « à la Lance Armstrong, le maillot jaune va chercher les échappées et prépare les sprints des coéquipiers ! ».

Traversée de Bière dans le calme, en blaguant sur les militaires de la caserne avoisinante. Giorgio tente une échappée interrompue par un feu de travaux. Dans la descente ça se lance gentiment, et la remontée de Saubraz est bien rapide. Daniel s’échappe comme prévu, avec Chauncey qui contre et Joël intercalé. Matthieu aimerait bien suivre mais Philip surveille trop et c’est impossible sans ramener tout le monde. On roule donc groupé dans Gimel, et perd de vue les échappées.

Dans les prémices du Marchairuz le rythme est trop lent à mon goût mais je ne veux pas ramener tout le groupe sur Daniel devant trop tôt. Seulement ça m’embête d’emmener des David, Gregory, Stéphane etc avec. Donc lorsque Phil annonce gaiement : « L’air de rien 300W tout de même » je mets une petite accel qui lui fera regretter : « j’aurai mieux fait de me taire ». Plus que Matthieu mais il tire la langue. Phil l’a noté aussi et quand je baisse le train c’est lui qui continue la cadence soutenue.

On aperçoit ensuite les groupes devant (lors du changement de gourdes à mi-montée) : 50s seulement ! J’attends donc le dernier kilomètre et demi pour dépasser tout le monde et passer le sommet juste dans la roue de Daniel. « Comme tu le sens, soit on attaque soit on attend ». On décide d’attaquer au fond après une descente sans trop de risques. Ça ira jusqu’au Sentier où on se perd dans une déviation et se retrouve tous dans des escaliers menant sur un marché ! Groupe reformé avec Phil, Chauncey, Joël et nous deux.

L’allure ralentit considérablement. On rate le sprint du Lieu avant que Gilbert et Anton nous dépassent et annoncent un sprint vers les Charbonnières. Daniel me demande si je suis prêt. Naïvement je pense protéger les points à Matthieu avant de comprendre qu’il veut en fait attaquer. Pas une mauvaise idée on arrive à distancer Phil et Joël, Chauncey attend son leader (qui est crevé…). Je laisse encore Daniel faire la descente dont j’avais plutôt un mauvais souvenir, mais sans raison. On arrive bien vite à Vallorbe.

Ensuite je lâche presque Daniel, l’attend un peu estimant qu’il est trop tôt pour partir seul. Il m’aide encore bien sur Premier et me laisse m’en aller ensuite. Juste au mauvais moment à mon avis car la difficulté se réduit jusqu’à Vaulion mais il était dans une mauvaise passe. Je pars donc solo, gros train le vent de dos. Plus durs seront les lacets au-dessus de Vaulion, à la limite de la crampe, avant de bien relancer pour rejoindre le sommet en tête, avec 6’ sur Daniel, suivi par Joël, Chauncey et Philip (7’ à 9’). Le TDFO est joué.

TDFO Etape 3

L’étape qui devrait être tranquille sauf si…

Tour neutralisé peinard depuis Ecublens sur Cottens puis La Chaux. Matthieu planifie une attaque au 2e sprint. Devant Benoît met le feu aux poudres avec Cynthia. En dernière position du peloton je blague avec Cendrine avant de décider de remettre un peu d’ordre. Je remonte presque tout le monde et laisse juste David et Grégory à 30m. Et puis… Matthieu prend peur pour ses points, Stef décide de s’échapper, PA joue au chasse-patate, avec Cédric on décide de dire à Daniel de pas rouler pour laisser Matthieu dans ses plans. Bref le peloton « jaune » fait son chemin mollo jusqu’à Mathod. Ensuite moi je me sens pas super (le genou notamment), Philip tire un peu la montée sur Baulmes. Et derrière le pauvre Joël se retrouve à nous emmener seul (les Popeye ne roulant pas à cause de Matthieu à l’avant, Philip se reposant pour le clm, Chauncey pas trop décidé jusque vers la Sarraz).

Dur d’estimer des écarts, on nous annonce 3’30 aux Clées, puis 4’25 à Ferreyres. Sur la fin on roule mieux avec Chauncey qui passe des relais aussi. Je dis à Daniel que ça me démange d’aider mais on doit jouer la stratégie jusqu’au bout. Gilbert nous arrête 20s au feu de Cuarnens (« Vous avez eu feu rouge ? » « Non vert » « Alors stop ! 20s d’arrêt, les autres ont dû s’arrêter »). On se fait un sprint à l’arrivée avec Daniel (pas facile en TT). Matthieu remporte l’étape avec un peu plus de 3’ sur notre groupe, mais pas de changements notables au classement.

Longue attente au soleil, à blaguer sur tout et n’importe quoi, en préparant gentiment le clm final.

Photo de groupe juste avant le CLM.

CLM final

Départ en dernier pour ma part, maillot jaune de leader oblige. Ce sera surtout comparer le temps par rapport à Philip qui m’intéresse.

Je me sens pas mal au départ, mieux que le matin en tout cas. Après Ballens j’ai l’impression de gigoter un peu sur la selle des fois (glisser en avant) et remarque que la butée du dérailleur est trop serrée (ça touche sur le 53x12 et 53x11). Peu importe on se concentre à maintenir un rythme élevé.

J’aperçois ensuite Daniel devant et remonte gentiment pour mieux le passer avant Chavannes-le-Veyron. Descente tranquille sur St-Denis et retour sur les barres vers la Chaux. Montée en danseuse, et on relance derrière (un peu tard peut-être ?). Marjorie nous encourage à Cossonay, quelques giratoires et hop longue descente vers Aclens. Je dépasse progressivement Joël, David, Chauncey et tire pour aller sur Bremblens. Presque fini ça passe vite !

Au final je bats officiellement Phil de 3s, avec plus de 3’ sur le 3e (Daniel). Bien joué, reste plus que les grillades chez Gilbert (merci pour l’accueil !). Super week-end (je me croyais en vacances), mais bien fatigués dans le train pour Zurich (en dormant à moitié sur nos sacs/vélos avec Matthieu…).



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Benidorm avec le Checkpoint Zugerland

Une fois n'est pas coutume (quoique les lecteurs fidèles se rappelleront Follonica en avril-mai 2011), j'ai rejoint un club de suisses-allemands pour un camp d'entraînement. Plus précisément nos amis du club de Zug. Daniel étant au militaire, il n'a pas pu venir, mais j'ai été accompagné par papa et maman pour ce camp, dont voici les détails approximativement jour après jour.

Jours 0 et 1 - le voyage

Oui, pour une fois je commence pas par 1 ! C'est qu'étant à Zurich et volant avec easyJet de Bâle il faut partir tôt le matin. Je prends donc le bus puis le train, l'esprit léger (d'avoir mes examens terminés) et la valise cabine aussi (j'avais - inutilement - refourgué le maximum dans la caisse vélo, la valise cabine pèse à peine 14.7kg sur les 20kg autorisés!), direction Horgen, où Tilla et ses parents m'attendent à la gare. Repas en commun et petite nuit avant de se mettre en route à 3h45. A l'aéroport on retrouve la plupart des participants, tous un peu grogis de la courte nuit mais excités de rejoindre le soleil du sud. Check-in sans problème et tout le monde est en route. Ayant réservé mon billet séparément je suis seul dans l'avion et lis donc mon livre sur Quantum Information. Une fois sur place on attend l'arrivée de Gianna et PA en provenance de Genève et le bus nous amène directement à l'hôtel pour prendre nos chambres, personnellement avec Josua et Thomas.

Une fois le vélo monté et un premier repas avalé, départ pour un petit tour à vélo légèrement vallonné, 1h40 pour 45km. Premier constat: le temps est juste assez beau pour rouler en court, les jambes se portent bien malgré 0km ou presque, et Benidorm est une ville relativement grande (ie. passablement de circulation et de grands carrefours avant de sortir dans l'arrière-pays. Le soir piscine en souplesse. Bonnes sensations mais dur de s'y repérer avec des drapeaux à des distances différentes du mur aux deux bouts, une eau trouble et surtout à l'ozone plutôt qu'au chlore (vive les crises de toux!).

Jours 2-3-4 - fraîcheur

Je me sens simplement bien, super en forme. Natation les matins à 8h et soir à 16h30 : mis à part quelques crises de toux lors des séries rapides (qui s'améliorent toutefois puisqu'on peut souvent ouvrir la porte et donner de l'air frais), je glisse bien et me sens vraiment à l'aise. Une série où on me demande de viser 1'45 et je nage en 1'30 persuadé d'avoir glandé tout du long (faut dire que 25m ça aide aussi, maintenant je me suis habitué au 50m). En général en glisse 13 tours de bras par bassins (je viens de réaliser que je nageait ça en néoprène à Follonica, je progresse encore!). Parfois un peu plus, jusqu'à 16 en sprint, une fois 11 en forçant la glisse. je tourne des séries de 200m en 2'30, toujours satisfait en natation. Dans ma ligne en général me suivent Tilla et Tanja, qui sont toutes les deux d'excellentes nageuses.

A vélo quelques jolis tours vallonnés dans l'arrière-pays avec les boys (Lars et Fabian - lorsque pas malades -, Dani, Josua et moi, parfois aussi PA). Deux trois belles montées, notamment sur Callosa puis Guadalest ou je suis toujours le rythme sans soucis. Sur les bouts plats je suis assez souvent devant, à tirer dans le vent. Le dimanche PA échauffe le groupe et Dani emmène fort sur Calp. Alors chacun en rajoute un couche en passant devant et c'est à une allure très soutenue que Josua nous emmène sur Benissa. Derrière je souffre pour la première fois, le manque de kilomètres se fait sentir. Les portions plates ou faux-plats descendants me conviennent mieux ensuite. On arrive juste à temps pour la natation le soir-là, que les autres du groupe (sauf PA évidemment) sautent allègrement.

Côté course deux petits footings, une fois 5km et une fois 10km. Ce n'est pas le point fort de ce camp, et avec mon pied gauche limite (il me fait mal en redevenant froid après) ça me dérange pas non plus.

Marco et Leana nous rejoignent le samedi, ainsi que les trois Derron le dimanche, pour un groupe de 17 personnes au complet la semaine suivante. 

Jour 5 - vent

Lundi, longue sortie vélo repoussé pour cause de mauvais temps et duathlon au programme. On rallie donc un grand parking d'un centre aquatique fermé en hiver pour entraîner des transitions. Malheureusement le vent souffle si fort qu'il est impossible de déposer les vélos, et dangereux d'attaquer des manœuvres comme enlever les chaussures en roulant pour les plus jeunes. Retour donc à l'hôtel et un nouveau 10km de footing en remplacement.

Jour 6 - repos

La moitié du camp est déjà arrivée, et avec ça le jour de repos. Trois petits kilomètres au programme le matin, pour être sûr que tout le monde se réveille (on est pas en vacances non plus). Ensuite le beach-volley prévu par beau temps est remplacé par une sortie shopping chez Zara avec les filles et une après-midi à l'hôtel, à jouer du billard et regarder un film. Bref boring day comme disent nos amis belges présents dans l'hôtel. L'occasion de faire un peu plus connaissance avec eux, enfin surtout Hannes qui vient le plus facilement vers nous. Un groupe de semi-pro sur ironman et semi, s'entraînant tous en individuel, avec notamment Frederik (van Lierde, champion du monde Ironman en titre!). L'occasion aussi de voir que l'hôtel, mis à part quelques groupes sportifs, se compose surtout à cette période de touristes allemands ou anglais qui passent leur après-midi au bar et à manger des pommes-frites, tous plus ronds que les autres...

Jour 7 - retour du beau temps

Un temps magnifique nous attend le mercredi. Bizarrement mon mollet gauche me tire en natation (après un jour de repos et peu de course!) le matin, mais ça passera assez vite. Un tour sur Sella avec les boys (dont Lars de retour de maladie), où l'on était censé rattraper les deux groupes devant nous, mais chacun a fait son propre circuit. Peu importe jolie montée à un bon rythme à nouveau. Un peu plus court que prévu pour les boys. Natation à nouveau le soir et petite bronzette sur la passerelle entre les deux ailes de l'hôtel. Il fait pour une fois assez chaud pour être en short même lorsque le soleil se couche.

Jour 8 - Duathlon

Enfin le duathlon se présente sous de bonnes conditions, après une pyramide le matin en natation 50-100-150-200-150-100-50 à un rythme de 1'16. Un parcours en solitaire de 3km vélo et 1km à pied à effectuer 3x chaque. Tout de suite le vélo part rapide et on se retrouve à 4 (Lars, Dani, Josua et moi) devant. Je pensais qu'on ferait la première càp plus tranquille pour rester plus ou moins en groupe mais rien n'y fait, Lars transitionne très vite et je dois alors produire un petit effort pour rattraper. Je ne force pas à pied pour ne pas lâcher plus de monde. Juste une petite accélération avant la transition me permet de prendre la tête et de tirer tout le vélo devant. A pied cette fois je perds un poil moins de temps (bien que je n'aie pas les bons lacets aux chaussures, mais Lars est toujours aussi impressionnant de rapidité). On reste les trois ensemble et je prends les devants sur le vélo aussi, sachant que je devrais gagner la course sans trop de problèmes. Lars attaque un peu le dernier bout avant la transition. Je remonte Dani rapidement, puis Lars au bout de 200m environ, et attaque le retour. Lars s'arrête presque, toujours pas en super forme apparemment. Dani termine deuxième. Ensuite vient une compétition par équipe. Je me retrouve avec Thomas, encore peu habitué aux transitions (mais on est là pour apprendre) et Fabian (qui arrêtera à la moitié en se faisant un peu mal à un doigt de pied, et pas très en forme non plus - malade sur la fin de camp), qui sera remplacer on the spot par Marco. On prend la deuxième place de ce relais par équipe.

De retour à l'hôtel le temps est knapp pour un tour à vélo, et je suis le seul motivé. 43km en solitaire à 30km/h de moyenne pour bien me fatiguer, en suant à grosses gouttes dans la montée (en short t-shirt, avec ironiquement un espagnol qui s'accroche dans ma roue, portant lui une écharpe, veste longue, pantalon d'hiver et sur-bottes néoprènes épaisses! C'est l'hiver là-bas.).

La natation sera plus difficile, et sur les exercices que je pensais pouvoir faire plus pépère, voilà que Tilla me rappelle gentiment à l'ordre en me tapotant dans les pieds dès que je faiblis l'allure. 3x100m progressif au programme, sûrement plus lent que la veille où j'avais tourné mes 5x100m en 1'14-11-10-07-05 (départ 2'). La fatigue se fait sentir...

Jour 9 - Der Pass

Long tour vélo au programme, et pas de natation le soir. Départ à 11h pour le même tour que dimanche, et une fois à Benissa (à nouveau emmené par Josua dans la montée, il doit bien l'aimer) on bifurque direction Parcent pour monter le col de Rates. On croise alors Peter et Gianna au téléphone, qui nous annoncent une chute de Tilla à vélo, heureusement sans trop de gravité (sauf pour le casque et vélo). Lars de retour en forme mène le dernier bout vers le sommet, j'ai personnellement quelques problèmes de vitesses (les trois plus petites ne passent pas, un peu embêtant le jour de col. Peter avait annoncé le matin pouvoir s'occuper des problèmes mécaniques mais chez moi ça en a plus causé que résolu...). Peu importe, je crois pas que ça aille changer grand chose. Longue attente au sommet sur le groupe des filles retardé et diminué par la chute, avant de se lancer dans une belle descente sur Callosa. Je parviens à convaincre Dani de m'accompagner sur Guadalest. Cette fois le manque de petites vitesses et d'eau se fait sentir. Je me tiens concentré sur sa roue arrière dans les trois derniers kilomètres de montée pour arriver satisfait au restaurant où on remplit nos bouteilles, et j'avale d'une traite mes 2 cookies, ma madeleine et un snickers. On repart et là c'est lui qui peine un peu, mais je lui rend la pareille en prenant un bon relais devant. On revient sur Benidorm dans la brume (pas de glace à la plage du coup), avec 115km au compteur pour 4h15 de vélo bien vallonné et rapide. Crevé.

Jour 10 - Dernier jour

Un dernier entraînement natation pour beaucoup le matin (le soir j'étais seul avec Tanja pour un peu de souplesse). Des séries de jeux/sprints par équipe au programme, remportées par mon équipe avec Julie, Olivia et Leana ! Ensuite 61km de vélo tous ensemble (enfin presque puisque des petits groupes se forment au fur et à mesure). Mais on redescend chercher tout le monde, et prend un coca en commun au sommet à Guadalest avant de retourner sur l'hôtel et paqueter nos vélos.

Le dernier soir billard, air hockey, tv, mc flurry, disco (avec Tilla, Lars et Marco, ainsi que le groupe de belges. C'est pas souvent qu'on trinque et danse avec le champion ironman en titre!) et puis courte nuit avant d'embarquer sur Alicante, puis Bâle, ensuite Thalwil avec la maman de Tilla et enfin chez moi à Schwamendingen. Le soir suivant il me vient l'excellente idée de faire une courte sieste avant de souper ; autant vous dire que j'ai raté mon réveil une demi-heure plus tard et dormi d'une traite jusqu'à 5h30 lundi matin, tout habillé, frais pour partir à mon entraînement de natation usuel avec les LimmatSharks !!

Résumé

Je suis très satisfait du camp, de ma forme, d'avoir passé dix excellents jours avec mes collègues de Zug, de s'entraîner à nouveau en groupe, d'avoir pu profiter du soleil, ... Au total j'ai passé presque 45h à faire du sport, 51km en piscine, 620km sur la selle et 31km à pied. Merci beaucoup à Peter pour l'organisation et tout le groupe pour les excellentes conditions d'entraînement ! Je me réjouis de les revoir cette année sur les compétitions !



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TDFO (2/2)

Le Soliat : traditionnel juge de paix

Grande étape de montagne le samedi. Pas d’arrivée en côte cette année mais quasiment pas de plat de toute l’étape. On commence par le col de la Tourne avec la montée sur Rochefort comme l’année passée mais en déneutralisé cette fois-ci. Le rythme est d’abord tranquille avec Philip qui mène et Giorgio et P-A en échappée. La tactique avec Matthieu est que je mette un peu la pression sur Philip en poussant un peu dans Rochefort et les Grattes qui est la partie la plus raide. On ne lâche personne par contre je pense et sur l’arrière, on ne fait que l’embêter avant de partir seuls sur la deuxième montée. S’il doit tirer et se fatiguer vers le lac des Tayères, le Soliat permettra de faire les écarts qu’il faudra de toute manière. Déjà deux kilomètres avant Rochefort je passe à l’avant du peloton car on s’endort un peu et je n’ai pas envie d’accélérer d’un coup ensuite. Je vais encore facile mais reste à l’avant et après 500m Matthieu vient à mes côtés et redonne encore une fois la même accélération. Chauncey est dans sa roue et à un moment je lui laisse un tout petit mètre d’espace. Il se retourne alors et voit Philip derrière moi, ce qui fait qu’il arrête de pédaler pour l’attendre. Je me remets derrière Matthieu qui, comme il remarque qu’un petit écart est fait avec Philip, décide de lancer la machine et de ne plus relâcher son effort. Je souffle très fort derrière lui qui semble facile sur la partie moins raide pour finir le col. On a déjà une bonne avance mais maintenant il faut la tenir et peut-être même l’agrandir sur la fin du tour et on est parti moins de cinq kilomètres après la déneutralisation sur 110km de prévus et beaucoup de montée. Sur les Ponts-de-Martel, on passe de bons relais avec Matthieu malgré le vent de face et Gilbert et Anton nous annoncent nos deux poursuivants à 1’15 avant la descente sur Travers. Je fais la petite montée de 800m en tête avec Matthieu qui me semble moins frais qu’auparavant mais je n’y fais pas très attention. La descente est rapide et sur une petite route mais je me donne et suis très bien descendu alors qu’il ne s’agit d’habitude pas d’une de mes forces. Matthieu suit comme il peut et à Couvet l’écart est toujours constant. Dans le village nous ralentissons le rythme pour échanger deux trois mots et se mettre d’accord sur une stratégie. On fait la partie plus raide du début en rythme constant sans se griller puis on en remet une. Je passe devant dès le début et la montée me convient à merveille. Matthieu est à la peine derrière mais tient bien dans ma roue. A un ou deux virages il se retourne et on ne voit plus ni Philip ni Chauncey. Au sommet, Matthieu me laisse prendre un bon relais pour récupérer un peu. A la Brévine où il commence à pleuvoir un peu il nous fait un tout droit dans le premier virage à gauche et au deuxième virage en direction des Bayards les choses se compliquent un brin. Il souffle fort, le parcours est vallonné et Matthieu a froid. Il me propose de partir seul, ce que je refuse car l’étape est encore longue. Après un ou deux relais plus longs je fatigue également. Heureusement, Matthieu arrive toujours à en prendre quelques fois les devants pour me soulager. La montée sur les Bayards se passe au mental en se convainquant « qu’ils ne sont pas mieux derrière » et, à la redescente, il a arrêté de pleuvoir mais nous ralentissons clairement le rythme jusqu’à Fleurier. Les relais ne sont plus appuyés du tout et on s’accorde un brin de répit en prévision de la suite. On ne connaît pas l’avance au niveau temps mais on l’espère importante (après l’étape on apprendra qu’elle était de 2’30 au maximum au sommet des Bayards). Entre Fleurier et Couvet le vent de dos nous redonne un peu de force et on attaque la montée du Soliat comme on peut en se souhaitant bonne chance et à bientôt à l’arrivée. Matthieu me laisse partir tout de suite mais à peine ai-je pris dix mètres que j’entends « Merde ! Il est là ». Un coup d’œil derrière et effectivement Philip arrive en trombe. Je passe dans la forêt comme je peux en comptant voir Philip arriver d’une seconde à l’autre. C’est finalement la voiture qui me dépasse en premier avec Gilbert qui me motive et me dit qu’il attendra à la sortie de la forêt pour donner l’écart. Le problème est qu’à cette sortie de forêt l’écart est de 45’’ d’avance… pour Philip sur moi. Je n’avance plus, Matthieu derrière moi non plus et Chauncey pas plus non plus (il a fait un beau relais pour ramener Philip à 1’ à Couvet paraît-il). Philip devient gentiment un point au loin sur les faux-plats de la fin du Soliat. « Tiens le voilà un kilomètre plus loin » me dis-je sur la première ligne droite et puis après je suis seul et je ne peux même plus le voir. Je vais donc à mon petit rythme en tournant les jambes. Pareil à la descente où je laisse aller sur une bonne partie et profite du beau temps et de la belle vue comme l’objectif du jour est manqué pour sûr et que derrière il n’y a rien à craindre. Presque au fond de la descente, je vois Philip à gauche de la route, une roue à la main, avec Gilbert qui court pour le rejoindre. Anton est parqué avec la voiture un peu plus bas et je m’arrête pour lui demander si tout va bien. Il a juste percé de l’avant et je me décide donc de continuer gentiment. Il me rejoint juste un peu plus tard et nous traversons Saint-Aubin ensemble. La route que nous étions censés prendre est en travaux et il me semble qu’il y avait un panneau interdisant le passage même, ce qui fait que Philip et moi prenons la route sur la droite pour contourner le village. Une fois de retour sur la route cantonale au bord du lac, nous rattrapons Matthieu qui a passé tout droit et faisons les trois ensemble le trajet jusqu’à Bevaix avec de bons relais relativement appuyés. Dans la dernière bosse sur la Rouveraie je décide de laisser partir et Matthieu choisit également de rester calme à l’arrière. Philip prend donc la victoire d’étape et un peu d’avance à nouveau sur la toute fin.

Attaques à volonté

Pour le dimanche, il ne reste plus grand-chose à faire. Les maillots sont attribués en gros et un changement serait une surprise. Le principe est donc simple. Une attaque à deux avec Matthieu dès la déneutralisation ou le sprint de Concise, puis on s’amuse en chacun pour soi tout en essayant de forcer Philip à tirer. Aux prévisions, on aura le vent de face tout du long et on fera donc avec. Sur la partie neutralisée, Giorgio perce et le groupe des filles décide de prendre déjà de l’avance. Ensuite Stéf part chercher la voiture de ses parents et on se trompe encore de parcours pour prendre le pont sur la Thielle. Notre petit groupe est donc bien en retard sur les premiers au passage à Concise et il n’y aura tout simplement pas de sprint. Matthieu me donne l’ordre de lancer l’attaque et je dois forcer un peu notre coéquipier Matteo à passer son relais avant de le faire. Lors de mon attaque en fin de relais à Philip, Matthieu et Chauncey suivent. Matthieu s’emploie ensuite à lâcher Chauncey (était-ce une bonne idée d’ailleurs ?) et nous passons le groupe qui avait pris de l’avance dans le dernier village avant la montée sur Villars-le-Grand au guidon de tri et en pleine tentative d’échappée. Dans Villars-le-Grand, nous prenons la première route à droite et voyons ensuite Philip, Stéf et Chauncey qui font le détournement. En sortie de village, l’écart est réduit à une vingtaine de mètres et nous décidons donc de les attendre. Ensuite de cela, c’est Stéf qui se colle la majeure partie des relais. Au bout d’un moment, ça finit même par m’embêter un peu et je refuse mes relais tout comme Philip. Dans une petite montée dans un village où Philip se retrouve pour la première fois devant, je fais une petite poussée sur les pédales juste pour les forcer à changer de rythme. Stéf revient alors à l’avant pour garder un tempo constant et nous refait 2km en tête. A peine se relâche-t-il que je lance mon attaque dans le faux-plat descendant qui suit. Chauncey est dans ma roue dès le départ mais lorsque je me retourne le trou est fait avec les autres. Peu après cela, Chauncey se retourne également et décide de me laisser seul pour aller faire l’équipier derrière. Me voilà donc seul un peu avant Estavayer et avec le but de tenir le plus longtemps possible pour les forcer à se fatiguer également à l’arrière. L’écart augmente rapidement au début il me semble et ensuite je fais toute la fin pour moi sans presque jamais me retourner. Tout le long d’Estavayer et d’Yvonand passe très bien et le vent me paraît moins terrible qu’en début d’étape. La dernière montée sur Cheseaux-Noréaz est un peu plus difficile mais je suis encouragé par nos chers accompagnants et assez fier d’être allé au bout. Au final j’ai deux minutes d’avance sur Philip et Matthieu mais suis un peu déçu lorsque j’apprends que Stéf et Chauncey ont pris les relais à ma poursuite en laissant Philip caché jusqu’à la dernière montée.

Terrible clm final… comme d’habitude

Pas grand-chose à dire pour le contre-la-montre final. Je ne me mets pas beaucoup de pression et de toute façon je suis déjà bien fatigué du matin (c’est d’ailleurs presque toujours le cas au TDFO puisque je n’ai jamais considéré de tactique avec du repos comme il ne s’agit que d’un entraînement en théorie). Je pars troisième depuis la fin juste derrière Chauncey et devant Matthieu et Philip. Au premier virage à Yverdon encore, je sens déjà les cuisses dans la relance et me dis alors que ce clm sera long. J’ai Chauncey en point de mire par contre et ça me motive. A Chavornay, je le dépasse déjà et continue à mon rythme plus ou moins constant. Peu avant Bavois, je commence à voir la file des rushtistes devant moi quand tout à cas la fusée Philip me passe sans même que je ne puisse réagir. Je pensais bien me faire rattraper à un moment ou à un autre mais j’espérais plutôt que cela arrive dans la montée entre la Sarraz et Cossonay ou par là-bas. Ma foi tant pis. Je double malgré tout presque tous les autres avant la Sarraz. Il y a juste P-A qui me résiste malgré le fait que je le vois au loin depuis longtemps. La montée sur Cossonay me permettra finalement de le dépasser  et je n’ai finalement juste pas rejoint Joël parmi les gars. Mon retard sur Philip est de 6 minutes au final (soit presque plus du double que l’année passée) et mon temps est également moins bon que celui de l’année dernière mais les conditions n’étaient pas non plus comparables.

Pour conclure, nous finissons la journée par une petite douche (entamée sur la route par une petite pluie express d’ailleurs) puis la traditionnelle soirée des résultats chez Joël. Très sympa comme d’habitude et c’est l’occasion de faire le bilan. Le temps a été plutôt potable et même plus que respectable comparé aux prévisions. Les jambes ont eu un peu de peine quoiqu’elles se soient presque portées de mieux en mieux au fil du weekend. La fatigue ne m’a pas trop pesé non plus… peut-être que faire le TDFO en sortant de l’aéroport est à conseiller pour vaincre le décalage horaire. En tout cas, le but d’accumuler des kilomètres avec de bons relais bien appuyés en rapide est atteint et ça me satisfait pour ce très beau weekend.

2 commentaires
Bin dis donc Daniel, il n'y a que les sportifs comme toi qui peuvent laisser le jet lag au vestiaire et se permettre un parcours sportif pareil ! Suis toute en admiration... ;) Bravo !
par nibel64 le 07-06-2013 à 11:00
Merci
par Daniel le 07-06-2013 à 18:12


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TDFO (1/2)

Prologue : vite fait, bien fait

Cette année, c’est à peine rentré des USA que j’ai l’occasion de participer au TDFO pour revoir tous les copains du Rushteam. L’horaire est par contre serré et je suis censé arriver à la maison aux alentours des 16h pour remonter mon vélo en vitesse et repartir deux heures plus tard direction Cheseaux pour le départ. Mon premier avion Atlanta-Londres en a toutefois voulu autrement et après avoir été retardé aussi bien au départ qu’à l’arrivée, ma correspondance décolle sans moi. Longue queue au guichet pour changer de ticket vu que je ne suis pas le seul dans ce cas mais rien ne semble presser le flegme du personnel british. Bref, 2h15 plus tard je vole dans un avion presque vide ; ou je dors devrais-je dire puisqu’après avoir très peu dormi dans mon long vol transatlantique, je suis cette fois-ci endormi avant même le premier passage des hôtesses. Pas un gros repos avec tous les réveils pour ci et çà malgré tout. Une fois à Genève, la valise sort très vite et après une petite attente pour mon vélo pendant laquelle je prends déjà mon ticket de train, je me sens enfin près à rentrer. Je dois malheureusement faire encore un autre détour par le bureau des réclamations pour la poignée qui a été littéralement arrachée ; celui-ci sera très court par contre, l’agent m’a fait une constatation pour mon assurance mais eux ne font rien car « les poignées sont à l’extérieur et donc fragile par définition ».

Pierre-André et Gianna, tous motivés qu’ils sont, viennent me retrouver à la gare de Morges en voiture et nous nous dirigeons ensemble vers le départ du TDFO. Les vélos sont déjà sur le toit avec l’ancien orange à P-A que j’utiliserais ce soir-là. Un petit troc pour changer le jeans en un cuissard et arborer mon beau T-Shirt Popeye, puis quelques kilomètres pour chauffer les jambes, discuter avec Matthieu et vérifier que je ne m’endors pas sur le vélo et finalement nous voilà déjà au premier briefing. Cette année le peloton est très petit surtout suite aux désistements de dernière minutes, mais bon l’organisation est tip top et Anton ainsi que Gilbert nous guide en parole sur un parcours que je connais bien. En l’absence de Jean-Claude, Cédric et Galla, je crois que je suis le mieux classé au maillots jaune, blanc, à pois et vert de l’année passée. L’objectif n’est toutefois pas d’en garder un seul mais de limiter la casse sur Philip pour pouvoir animer les étapes suivantes.

Je suis le dernier à partir mais je ne verrai personne de tout le parcours. Ma gorge me brûle dès le départ en passant entre deux champs de colza et après mes cuisses tirent un peu dans la relance et le guidon de tri me manque sur les longues lignes droites. Certainement pas mon meilleur chrono mais assez content à l’arrivée. Les classements me donnent 1’30 de retard sur Philip, 30’’ sur Matthieu et secondes sur P-A et Joël. Les commentaires fusent donc et c’est vrai qu’il faudra se donner pour aller chercher Philip les jours qui suivent. On redescend ensuite à vélo avec une ou deux gouttes dans Crissier avant de remonter mon vélo, vider les valises et avaler une bonne assiettée de lasagnes heureux de retrouver la maison.

Marchairuz et faux-plats descendants

L’étape du jeudi est une étape où la tactique se veut cool et relax. Le passage du Marchairuz représente la seul difficulté mais la fin d’étape est trop longue pour véritablement essayer quelque chose. Matthieu et moi nous mettons d’accord pour lui donner le maillot vert et moi essayer celui à pois. Après la déneutralisation, nous laissons partir les quelques irréductibles de l’attaque du kilomètre 0 et c’est ainsi que tour à tour Nicolas, Benoit et P-A prendront quelques mètres sur le peloton. Matthieu s’impatiente un peu avant Lavigny bien que le sprint ne soit qu’à Gilly, mais après Aubonne je finis donc par donner le rythme. Personne ne tente le sprint et c’est presque décevant car ça annonce un peu la couleur de ces prochaines étapes. Peu après, Philip et Chauncey nous font un début d’attaque. Matthieu saute dans les roues de suite et surpris que je suis il me faut une petite cinquantaine de mètres pour rejoindre, mais l’accélération manque de mordant et le peloton tout entier finit par revenir. Toute la première partie du Marchairuz qui se trouve encore dans les villages se fait au rythme, dicté principalement par Philip ou moi avec Matthieu et Chauncey dans les roues et quatre ou cinq yoyos qui prennent quelques mètres de retard dans les parties plus pentues et reviennent sur le plat ou nous nous reposons devant. Je discute beaucoup avec Philip sur cette partie et me sens facile. Après le demi-tour à gauche de l’intersection, la donne change du tout au tout. Philip appuie un peu plus et c’est Matthieu qui vient à côté de lui. Les discussions ont stoppé net et les rares bruits sont dus aux souffles qui commencent à se faire marqués. J’ai un peu de peine à suivre même par moment et j’attends le sommet avec impatience. Sur les cinquante derniers mètres je trouve la force de faire une petite accélération qui ne me convainc pas moi-même, mais qui suffit malgré tout pour passer le sommet en tête. A la descente, Matthieu tire un peu le début car Chauncey a concédé un tout petit retard. En bas à Bière, il se met même à tirer de bons relais et après discussion on s’accorde de tirer mais de ne pas trop se crever non plus. Chauncey est désormais seul dans le vent, mais Philip est calé dans notre roue et il ne prend évidemment aucun relais. Matthieu veut faire le sprint de Cottens et l’étape et je lui dis alors que Philip ne fera pas le sprint mais il faudra être attentif entre Aclens et Moulin-du-Choc car il risque d’attaquer comme c’est ensuite une descente qu’il aime bien. Rien de très spécial ensuite avec des relais entre Matthieu et moi. Mes jambes reprennent un peu des couleurs mais je donne carte blanche à Matthieu pour jouer la victoire d’étape quitte à me sacrifier. On croise juste Stef qui est arrêté au feu de Ballens avec une petite mine. A la fin de mon relais au giratoire au bas d’Aclens, Philip accélère d’un coup et je dois laisser partir. Matthieu le suit par contre. Après trente mètres je tiens l’écart pendant encore une bonne centaine de mètres, mais ensuite de cela je ne fais que regarder la distance s’agrandir avec un petit sourire quand même puisque Matthieu est dans le sillon de Philip et qu’il le passera sans doute au sprint. L’après-midi, la récupération consiste en une petite natation à Mont-Repos suivie de la première bière du weekend en ville de Lausanne.

Transition par la Bessonne

L’étape du vendredi est une vraie étape de transition. Une ou deux petites bosses au programme mais trop de plat et de vent de face pour attaquer véritablement. Vaut-il la  peine d’attaquer ? Je ne sais pas. Faut-il faire le forcing ? Dur à dire. Je doute un peu de mes jambes à ce moment-là. Bref, le départ d’étape est assez classique avec P-A qui nous fait un interminable relai entre Pompapples et Vallorbe avant les quelques échappées de ceux qui ne dérangent plus au classement général. Je prends le commandement ensuite pour revenir en douce avant le village de Ballaigues où nous tournons sur la Bessonne. Petite montée raide dans le village, puis nous nous retrouvons sur une petite route dans la forêt. La pente redevient potable mais le répit n’est que de courte durée avec la partie la plus raide et la plus ventue à la sortie de la protection des arbres. Philip donne le rythme à Chauncey et moi alors que Matthieu doit faire une belle accélération pour revenir après avoir déraillé. Au sommet c’est à nouveau moi en tête suivit de très près par Matthieu qui me laisse les points comme prévu, mais j’ai comme l’impression qu’encore une fois ni Philip ni Chauncey n’essaie. La descente et les faux-plats de derrière se font tranquillement et c’est à peine perturbés par Chauncey qui nous force à nous lever pour le sprint de Sergey que nous faisons cette magnifique partie au pied du Jura pour rejoindre la deuxième bosse. Philip nous dit que Gilbert a dit qu’elle serait encore plus raide que la première… si c’est possible. Tous les quatre partons donc tout peinard jusqu’à Villard-Burquin puis suivons Fontalchez et sommes surpris lorsque le sommet est annoncé à 100m sans avoir vu la partie raide venir. Je me sentais bien au rythme mais n’arrive pas à sprinter malgré tout et c’est Matthieu et Chauncey qui passent en tête pour les points du GPM. Sur les bords du lac de Neuchâtel, le groupe est cohérent sans être trop rapide jusqu’à 5km environ de Bevaix où Chauncey nous remet une attaque après un relai de Matthieu. Tout le monde finit donc par refuser ses relais et c’est en pistards quasiment arrêtés sur la route avec uniquement des attaques de Chauncey et des retours de Matthieu que nous rejoignons tant bien que mal Bevaix. Après une traversée de village et des travaux à bien 20km/h, Matthieu nous met une attaque bien sèche sur le premier raidillon pour la Rouveraie. Il ne lâche personne (sauf presque moi), tout comme Chauncey lorsqu’il en remet une ensuite. A moins de 500m de la ligne, Philip se montre pour la première fois avec une grosse accélération qui fait exploser tout le monde. Chauncey n’essaie même pas de suivre, Matthieu s’accroche sur quelques pauvres petits mètres et je monte comme je peux entre les deux. Il me semble être arrêté là, mais je finis par rattraper Matthieu et finir avec lui. Philip nous reprend tout de même une trentaine de secondes sur presque rien et nous sommes tous quatre couchés dans le pré épuisés de ces efforts. Les autres nous rejoignent peu après et il en a fallu de peu pour que la blague de Philip lorsqu’il s’est fait klaxonner à 9km/h à l’entrée de Bevaix que « on va voir bientôt P-A nous passer comme un boulet » ne se révelle être une prophétie auto-réalisatrice.

L'écart sur Philip est désormais conséquent et il faudra donc se montrer attaquant (si ce n'est pas pour reprendre le maillot jaune, ce qui risque d'être difficile, au moins pour le forcer à tirer et ne pas le laisser passer ses journées de leader en mode peinard). Place donc maintenant à l'étpae reine de montagne, mais surtout aux attaques qui partent dans tous les sens (et aux défaillances qui vont avec). Mais pour cela, suspens... la suite suivra bientôt (de toute façon, le récit est déjà long comme ça, donc je m'accorde une pause).



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