Daniel & Jean-Claude Besse

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Short distance Zug

Lundi il y a deux semaines, soit un jour après ma victoire au longue distance de Doussard, je me suis inscrit pour le short (hum, Tri Experience que ça s'appelle apparemment dans leur rebranding du circuit) de Zug. Pas un gros objectif pour moi, mais l'envie de le prendre comme un bon exercice de contre-la-montre sur 40km à vélo sans être forcé de trop courir derrière ou avoir trop de pression et me sentir obliger de baisser la quantité d'entraînement la semaine précédant la course.

Le matin, papa, maman et Jean-Claude partent aux aurores à vélo pour rejoindre Zug depuis notre appartement de Zürich tandis que moi je prends la voiture sur une autoroute déserte pour arriver sur place quelque peu trop tôt (ie, les arbitres sont encore aux croissants). J'ai au moins le temps de poser gentiment mes affaires et causer un peu avec Stefano, couroter avec Colin, ou saluer les autres que je connais ici et là. Contrairement à Doussard, je prends plus le temps de m'échauffer et nage un peu plus avant le départ. S'il me faut 500m à me mettre dans le rythme, la partie natation sera déjà finie sur un triathlon si court...

Premier de l'eau... quatrième sur le vélo

J'essaie de faire un départ natation relativement rapide mais me fais un peu chambouler par deux concurrents à ma droite qui visent la mauvaise bouée. Je dois donc passer sur le dos du deuxième avant de pouvoir remettre du rythme et rejoindre un petit groupe qui semble mener alors. Peu après je me retrouve à l'avant de ce groupe et ai de bonnes sensations, le canoë à vue de nez chaque fois que je lève la tête. Je nage pour moi peu m'importe qui suit ou ne suit pas. Bientôt cette fameuse bouée déjà, un peu plus qu'un quart de tour à droite et direction la sortie (avec un petit détour au passage, ne la voyant pas bien avec le soleil en face). Extirpé de l'eau, je me dirige vers mon vélo pour prendre mes affaires et enfourcher ma bécane.

Même si je réussis mieux ma transition que la dernière fois, ce n'est toujours pas brillant par rapport à mon expérience et je me fais dépasser par mon petit groupe de poursuivant dans la T1. Je monte toutefois sur mon vélo tranquillement et prends les pavés pour sortir de la vieille ville avec douceur.

Lancer la machine sans penser à la suite

Une fois sur la route, je bois une petite goutte et commence à enfiler mes chaussures. Rapidement je reprends un des trois autres, puis le deuxième. Pourtant en sur-régime, il me faudra malgré tout plus de 5km avant de dépasser le jeune Tahlmann qui envoie du lourd sur les cocottes de son vélo de route (tandis que moi j'essaie de m'appliquer et me faire tout petit en position sur mes barres). S'en suit une longue partie seul à suivre la moto ouvreuse et regarder le compteur de watts pour me motiver à envoyer toujours plus. Je me suis dit que si j'arrivais cuit en fin de vélo, ça ne ferait que m'exercer pour Francfort, et ainsi je verrai premièrement combien je tiens à vélo en partant fort et deuxièmement les sensations de courir sur des jambes détruites. Seules règles: quitter le moins possibles les barres et beaucoup boire.

2017 Zug: bike
40km en position: but principal de mon triathlon aujourd'hui

Ainsi, les kilomètres défilent à un rythme d'environ 40km/h autour de ce lac de Zug tout plat. Il me semble être suivi encore vers la moitié du parcours sans être sûr s'il s'agit de mon poursuivant ou du cycliste qui s'est lancé sur la route au carrefour précédent. Je ne sais pas trop qu'en penser, j'ai certes diminué un peu le rythme après avoir eu limite le souffle court à 10km mais les sensations sont toujours bonnes et je continue de bien avancer. Ne pas trop y penser est alors la bonne solution, je suis là pour moi et me faire plaisir à vélo alors je continue à regarder la moto de tête et mon compteur et foncer sur la zone de change.

Et maintenant la course

2017 Zug: run
Départ à pied en tête

Descente du vélo tranquille pour ne pas répéter la chute d'il y a deux ans sur les pavés (j'ai réussi à choper un orteil bleu malgré tout... doit quand même y avoir un petit truc qui dépasse!). Passage à ma place en cherchant la moindre mon numéro, enfiler les chaussures et attraper la casquette comme à l'iron et los. C'est maintenant qu'on va voir ce qu'il reste. Et bien, étonnemment, plus que je ne pensais. Je m'efforce à garder le plus joli style possible aux sensations et à ne pas trop regarder la montre. Les sensations sont bonnes et les cinq kilomètres sont avalés à vue d'oeil. Peut-être pas mon meilleur temps sur la distance, et honnêtement je ne sais pas trop combien j'ai mis à cet instant, mais une chose est sûre je me suis senti bien tout du long, ce qui ne peut que me donner confiance pour Francfort... même si la distance sera quelque peu plus longue d'ici là.

2017 Zug: finish
Finish! Content de la victoire mais surtout des sensations.

Rendez-vous dans trois semaines (ew! ça approche sérieusement maintenant).



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Half-iron de Doussard

Half en France : bientôt une tradition ?

Ces dernières années, un half en France au mois de juin ou au mois de juillet a souvent été au programme du Rushteam ; même si pour être plus correct je devrais dire que nous nous joignons à ces sorties longues depuis quelques années maintenant mais qu’elles sont au programme depuis bien plus longtemps quand je vois Philip ressortir des posts-conseils de 2003 sur le forum. Toujours la routine ? Oui et non. Si les derniers se ressemblent sur certains points et la tactique générale utilisée, la préparation et les objectifs ont souvent étés différents. Il y a quatre ans à Troyes, il s’agissait de notre premier semi pour une expérience sur la longueur et la souffrance lorsque les kilomètres ne sont pas dans les jambes et que celles-ci ne répondent par conséquent plus après le vélo. Depuis là, la préparation s’est améliorée et les longs vélos sont devenus plus réguliers. Même si cela reste mon point faible, mon niveau s’améliore et cela se ressent très fortement sur le résultat final. Un meilleur vélo premièrement mais surtout la possibilité de courir comme une fusée droit derrière. Ça commence par Belfort en 2015 qui était mon objectif cette année-là. Une victoire surprise pour moi, jamais repris de la natation jusqu’à l’arrivée. Belle progression depuis Troyes et ce très rapidement. Viens alors l’idée d’enchaîner, un objectif sur un 70.3 « officiel » à Rappi suivi de la sortie club à Dijon. Si les deux s’achèvent sur la victoire, celle de Dijon s’est trouvée être bien plus difficile sur le vélo avec des sensations plus que moyennes. Ce sera finalement la course à pied qui me sauvera. Moi qui ai commencé avec Troyes par du 5:00/km de moyenne sur le semi me réjouis de voir que je peux tenir du 3:45/km pour refaire mon écart et reprendre la tête avant l’arrivée. Cette année, le half a encore plus un goût de préparation et de test toutefois en vue d’un objectif plus long encore : l’ironman de Francfort.

Préparation et sensations

Si pour moi la préparation se passe bien et que mes sensations de ces dernières semaines (voire mois) sont au mieux, on ne peut pas en dire autant de Jean-Claude ou papa. Les deux sont au bord de la blessure et ça me tiraille et déçois malgré tout aussi. Ce qui est beau dans la préparation d’un événement comme celui-là est avant tout de le faire ensemble et de voir chacun y arriver. Malheureusement, nous en avons tous fait beaucoup pour être le plus possible prêts afin d'atteindre notre but de temps fixé et parfois la limite entre beaucoup et trop est dure à jauger correctement ; avec ou sans signes avant-coureurs. Je suis content pour ma part de ne rien avoir eu de trop sérieux ou grave depuis un moment et de pouvoir ainsi tenir une bonne charge d’entraînement qui signifie une bonne forme générale. Mais je sais qu’il me faut faire attention également.

Quant à la course en elle-même, elle ressemble pour moi beaucoup à Dijon. Pas tellement de pression parce que pas un gros objectif et par conséquent pas une grosse préparation spécifique – du point de vue de repérer le parcours, on s’entend, les kilomètres et les enchaînements je les ai. Et la tactique est sue, vue, éprouvée : faire un trou en natation, prendre les 10km plus ou moins plats au début du vélo pour manger un truc et se mettre gentiment dans le rythme, bien tirer ensuite sur une grosse heure (ie dans ce cas la montée), ensuite essayer de ne pas trop subir de coup de mou et voir comment ça se passe niveau pelotons qui reviennent, puis finalement faire une grosse course à pied comme je sais que j’en suis capable. Si les copains me disent que je suis favori et que le speaker a tort de ne pas me connaître, au final je m’en fous – ou c’est même mieux ainsi. L’important est de se rassurer pour Francfort ; la pression je peux la laisser aux athlètes tricolores.

Tasse de thé ou boire la tasse ?

La natation, tasse de thé pour Jean-Claude et moi en général, a été un peu délaissée dans notre programme de cette année. Un ironman doit à peine savoir flotter en néoprène me suis-je entêté à répéter à Jean-Claude. Les quelques minutes que nous pouvons encore gagner sur la discipline nous demanderaient beaucoup plus d’investissement que le retour en comparaison de la progression qu’il nous reste à faire à vélo. Ainsi, je regrette un peu cette mentalité de fleur au fusil lorsque, pour ma première natation avec combinaison de l’année, les bras me semblent lourds et non-réactifs sur les premiers hectomètres dans le lac. Goups, un peu de sérieux, on se reprend. Je croise et dépasse Jean-Claude vers 400m en chemin vers la première bouée et en chasse-patate d’un échappé déjà relativement loin devant. Heureusement les sensations reviennent gentiment et je peux gentiment accélérer la cadence des bras. Au virage à droite, je suis déjà dans ses pieds et peu après je peux même prendre la tête et mener à mon rythme. Logiquement l’écart sur le deuxième n’est pas grand à la sortie mais au moins les sensations étaient bonnes sur toute la deuxième moitié.

Transition rapide jusqu’à enlever le haut de la combinaison avant de merder un peu sur le bas et sur l’attache du casque. Il me faut également faire très attention en poussant le vélo dans la boue du parc de change détrempé par la pluie ainsi qu’en montant sur le vélo. Filmé en continu que je suis par le cameraman officiel, je n’ai de loin pas fait ma meilleure transition. Pas si grave pour du long, il faut juste rapidement se remettre de ces premiers faux-pas pour rentrer enfin dans la compétition.

2017 Doussard - T1
Sortie de T1 vigilante

Excellentes jambes

Je me mets donc rapidement dans le rythme et « envoie les watts », souvent fixé sur mon capteur de puissance qui me dit que je suis un peu fou et vais finir cramé. Le cerveau n’en fait toutefois qu’à sa tête et se dit que si je mange mon gel au kilomètre 6 au plus tard tout ira bien. Ensuite, ça monte, monte encore un peu plus, et monte encore. Petite descente pour rejoindre un vallon, où je comprends déjà que certaines parties seront difficiles (pour ne pas dire dangereuses) à se frayer un chemin entre les voitures et négocier des virages parfois serrés sur des routes mouillées et un parcours inconnu. Toutefois, je garde un bon tempo et il me semble maitriser tous les passages même techniques. A force de rouler beaucoup plus en contre-la-montre, j’ai confiance et ça se ressent sur ma façon de mener les segments à haute vitesse. Après une partie plus ou moins plate, le parcours se remet à monter encore et toujours. Je pense à la description du speaker et notamment aux « bosselettes, pas des cols alpins ». Heureusement, qu’est-ce que ça aurait été sinon !?

A 35km arrive enfin le sommet et, après un petit bout dans la descente derrière, son demi-tour. L’occasion de voir que 3-4 concurrents ne sont pas loin derrière et que je risque de commencer à voir du monde bientôt. L’avantage est que je vois aussi les autres du club et ils sont nombreux à me dire un mot en passant. Pas vu Jean-Claude par contre, et ça c’est plutôt mauvais signe pour lui.

A ma surprise, je tiens encore toute la descente, la traversée du village et un bout de plat en tête avant que ce qui devait arriver arrive : un groupe de trois qui me passe ensemble ; pas de quoi dire qu’ils draftent mais ils roulent visiblement ensemble. Alors que d’habitude je laissais partir ce genre de groupe, j’essaie cette fois-ci de m’accrocher tant bien que mal – et ça fait plutôt mal. J’ai mangé un bout de barre juste avant et bien augmenté l’effort mais je ne tiens tête qu’au troisième qui est en train de laisser filer devant. Ensuite c’est même à mon tour de perdre petit à petit du terrain en partant en direction du deuxième demi-tour. Je me force alors à manger mon autre barre ; je n’en ai pas très envie mais je m’étais mis en tête de manger plus de solide en prévision de l’ironman et il faut parfois respecter le plan. La victoire est perdue ? Peut-être pas au vu de l’expérience à Dijon mais peut-être bien quand même vu l’écart qui doit être important et mon rythme qui a sensiblement baissé. Je n’aperçois d’ailleurs plus personne même sur les longues lignes droites du retour. Allez ! plus qu’à tenir ce bord de lac et ensuite je pourrais poser ce vélo ; c’est mon unique motivation du moment.

Course d’enfer

2017 Doussard - càp
Départ càp (© Vagnotti Bruno)
2017 Doussard - càp
Départ càp (© Vagnotti Bruno)

A Dijon j’avais vu combien il est important de revenir vite sur la tête pour jouer la gagne et j’ai bien l’intention de retenter l’expérience en arrivant en zone de change. Quitte à exploser s’il le faut, ça m’apprendra à courir sous la fatigue comme en fin d’ironman me dis-je alors. Ni une ni deux, je pose le vélo, enfile les chaussures, visse ma visière sur le front, et embarque deux gels pour les 18km restants. Zick-zack, même moi je n’ai pas vu cette transition passer que j’enchaîne déjà une belle foulée. Les sensations sont là, alors on y va !

Le premier bout est un peu difficile avec l’herbe et le gravier, tout comme de voir les deux autres concurrents bien loin devant mais je sais par Jean-Claude et maman n’avoir que 2’30 de retard et que cela est rattrapable. Au panneau des 3 kilomètres, un petit coup d’œil à la montre me donne 10’20. Je l’ai démarrée un peu tard mais ma sensation d’aller vite se confirme au chrono. La distance sur la tête fond également à vue d’œil et me conforte dans mon idée de continuer sur un rythme presque suicidaire. Le parcours monte alors un peu en bord d’une petite rivière et je profite d’un ravitaillement pour manger mon premier gel. J’ai déjà repris une place alors et peu après le début de la descente, j’ai le contact visuel continu avec le vélo de tête. Pour le moral c'est excellent, elle sera à moi cette tête. Mentalement déjà maintenant et en pratique à partir du kilomètre 7. Pas le moment pour moi de baisser le rythme pour autant, je tiens jusqu’où ça ira comme ça et on avisera ensuite.

2017 Doussard - càp
Passage au kilomètre 9, déjà bien entamé mais en tête.

Je croise alors Jean-Claude au kilomètre 9 et sais que l’écart sur mes poursuivants est déjà important. La victoire ne devrait plus m’échapper même si je ne tiendrais pas la même ferveur jusqu’au bout. Les nombreux rushtistes que je vois sur ma deuxième boucle m’encourage alors et je tâche de faire pareil même si parfois avec moins d’entrain. Au passage du panneau 10km, la montre indique 35’30. Fou ? oui – et pourtant, mes muscles l'encaissent encore pas si mal. Je dois certes ralentir le rythme sur la fin mais je tiens un bon 3’40/km de moyenne en général et c’est très réjouissant.

2017 Doussard - càp
Finish(© Vagnotti Bruno)
2017 Doussard - càp
Finish(© Vagnotti Bruno)

Une belle course par conséquent et un test de forme plus que réussi. Reste à bien gérer les dernières semaines avant Francfort – et tenir les pousses pour que tout se passe bien d’ici là comme le jour J.

2017 Doussard - càp
Podium, un peu petit mais avec le sourire... (© Vagnotti Bruno)



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Half-iron de Doussard

Après nos dernières nouvelles du TDFO, suivant deux semaines sans douleurs à la cuisse gauche, un incident de parcours s’est produit pour ma part, à moins de deux mois de l’échéance de l’année à Frankfurt : une douleur aussi subite qu’insistante lors de la séance de course du mardi soir. D’abord comme une crampe au mollet droit, puis qui ne s’améliore pas le soir même. Arrêt immédiat de la série. Le lendemain matin au réveil à 6h presque tombé dans les pommes, la douleur est persistante, et je renonce à la natation. Les jours suivants n’apporte que peu de réconfort, et je crains fortement une fracture de fatigue.

Si maintenant presque trois semaines plus tard le diagnostic n’est toujours pas clair, entre médecins planchant plutôt pour quelque chose de tendineux, kiné pensant à l’os, ou peut-être la veine, physio perplexe devant la situation, et des avis divergents de toute part, le mal est toujours présent par vagues, l’intérieur du tibia juste au-dessus de la malléole souvent rouge et enfle sans bandage, aucun pas de course à l’horizon, et ne serait-ce que ma participation à l’iron ressemble plus à du miracle que le plan bien exécuté jusque-là ne le laisserait paraître.

Doussard, qui se présentait alors comme une course de préparation à 5 semaines du terme, tient alors ce goût spécial de la course dans laquelle je ne serais jamais, de la compétition vécue officiellement comme un compétiteur mais dans la tête de l’extérieur, avec l’envie parfois de tout recommencer à zéro, en retenant une larme au coin de l’œil.

Il reste toutefois 5 semaines (si peu ; mais à la fois, peut-être, sait-on jamais, beaucoup), et donc il faut quand même revoir la gamme, et laisser voler le mince espoir de voir cette ligne d’arrivée qui m’a tant motivée depuis septembre passé.

Annecy
Ville d'Annecy le samedi.

Je pars ainsi samedi sur Annecy avec le Rushteam avec pour ambition de nager et rouler, ça devrait passer, d’écouter le corps et d’arrêter à la première douleur ; comme beaucoup trop d’athlètes avant moi, et beaucoup trop plus tard sans doute, de prendre le départ avec la conviction interne de ne pas arriver au bout. Le plus dur étant de savoir que je tiens (comme Daniel) la meilleure forme de ma vie, et qu’un petit bout de corps défectueux peut stopper net tout effort de continuer.

La fin de semaine se passe toutefois relativement bien, après un week-end de l’Ascension assez chargé en vélo, mais un début de semaine limite niveau douleurs. Après passablement (peut-être trop) de marche dans la belle ville d’Annecy, la jambe redevient douloureuse en soirée, et le matin le réveil est pénible. Je place mes affaires sans certitude, ne dépose pas de chaussures en T2, et ne m’échauffe que brièvement en natation.

Rushteam
Le souper Rushteam d'avant course.

Le départ est donné face au large, et un virage à gauche au coin du ponton nous attend après 20m. Heureusement le départ est dans l’eau, pas besoin de courir sur la plage. Je pars tout droit à fond et en levant la tête la première fois je suis déjà plus loin que le ponton, il faut tourner à gauche. Je suis en deuxième position, très bien placé. Les pieds du premier semblent toutefois un poil trop rapides, et je prends plus ou moins mon propre rythme, en léger surrégime pour garder les bulles et ne pas devoir lever la tête trop souvent. Daniel me rejoins par l’arrière après 400m environ, et je drafte un peu jusqu’à la première bouée. Ensuite c’est un petit bout à les garder en mire, avant de reprendre mon rythme propre. La houle me fait un peu zigzaguer dans ce lac à température bien agréable. Je suis un peu déçu de mon orientation, mais sinon il me semble bien gérer ma natation. Pas de douleurs, et si tout ira bien finalement ?

Sortie de l'eau
Sortie de l'eau en 3e position, satisfait de cette partie.

Sur le retour je me dirige un tantinet mieux vers la sortie, nage jusqu’au maximum pour éviter de trop marcher. En sortant le monde encourageant le 3e que je suis me motive à essayer de trottiner. Ouille ! ça sera un seul pas de course, puis une T1 en marchant tranquillement.

Montée sur le vélo, mise des chaussures, sortie jusque sur la départementale, et je réalise à la première ligne droite qu’aujourd’hui ça ne va pas le faire. Je me pose sur les barres sans l’envie de forcer sur un tibia douloureux, d’emmener un braquet qui me fait mal, de sentir une lancée à chaque tour de pédale. Alors je me relève, prends la décision d’arrêter avant la première bosse à 10km, me repose sur les barres et tente de manger en quasi roue libre pour tester le ravitaillement. Et après moins de 6km, une barre avalée, c’est flèche à gauche (ou plutôt vélo à droite sur une place de parc).

T1
T1 en marchant, la course s'arrêtera peu après.

Direct derrière moi une camionnette des samaritains me demande si j’ai besoin d’aide (comment savaient-ils qu’ils devaient me suivre ?). Je dis que je peux rentrer seul, pas de soucis. Je me remets en route en sens inverse, encourage les Rushtistes que je croise, réalise aussi en passant que si en sortant tout devant de l’eau on est livré à nous même, bien rapidement le champ d’athlètes suivant ressemble plus à Zug ou Ironman Brasil qu’à du no-drafting.

De retour en T2 je rends ma puce, mon dossard, me change et réalise combien subitement la saison qui vient de commencer de la pire des manières est incertaine. Si la forme ne se perdra pas si vite je l’espère (et ceux qui m’écrivent gentiment arrivent presque à me convaincre), reste l’immense inconnue de savoir quand le corps sera prêt à recourir. L’évolution ces prochaines semaines en dira plus, d’ici là il faut être sage et patient. En rêvant toujours de ne pas finir similairement à Frankfurt.



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SOLA Stafette

Après les 20km de Lausanne il y a deux semaines, arrivent les événements clubs traditionnels du mois de mai: la SOLA ce week-end avant le TDFO le suivant. Avec Daniel nous sommes tous les deux engagés dans l'équipe 1 (sur 4) du TV Oerlikon annoncée de très grand niveau. Je cours aussi pour mon labo (superQUDEV) plus tard dans l'après-midi. Si nous étions tous les deux sur des parcours courts, Daniel se retrouve à échanger pour une version plus longue le soir avant la course. Il me donnera donc le relai à la fin de la 6e étape à Hönggerberg.

S'il est dur de suivre les positions exactes en temps réel (notamment avec les difficultés du chronométrage de suivre 1000 équipes de 14 coureurs éparpillées dans Zürich), je reçois quelques infos via les chats whatsapp: notre équipe, après avoir remporté la première étape, se situe constamment en 2e position autour des 30s de retard sur les vainqueurs de l'an passé (running freaks). Je trottine un peu vers l'ETH, les jambes semblent bien en forme, et si je sens un peu ma cuisse parfois ça ne devrait pas me déranger comme aux 20km. La séance de 6x1000m de mardi c'est super bien passée, je me réjouis de la course d'aujourd'hui. Sur le stade tout est vide à 10min de l'arrivée prévue de Daniel. Seul le coureur des running freaks et celui de TV örlikä (notre deuxième team, représenté par Laurin) sont là pour échanger quelques mots.


Daniel vers la fin de son étape à Hönggerberg ainsi qu'au départ à Buchlern

Alors que j'explique à Laurin comment passer le témoin, un vélo ouvreur arrive suivi de pas bien loin par Daniel comme une fusée. On est en tête ! Je passe la barrière pour être dans la zone de change, démarre la montre, regarde si je vois quelqu'un arriver derrière (non au fait Daniel m'a donné une marge confortable d'un peu plus d'une minute). Je prends le témoin et top départ derrière les cyclistes. Mon parcours est court, principalement descendant, pas de question de se retenir trop.

Assez vite je serai seul, car les cyclistes ne freinent pas dans la descente et me prennent passé 500m d'avance. Je fais ma course, dans le bois de Käferberg où je m'entraîne fréquemment. Passage à Bucheggplatz il faut relancer dans les virages et petites bosses. Dans le parc personne n'est prêt, si ce n'est pour ouvrir la route. Me faut passer plusieurs fois dans l'herbe de côté pour éviter une laisse de chien ou des promeneurs. Rien de bien gênant. On se retrouve derrière nos vestiaires à Oerlikon, je connais bien ces routes, et si mon entrain du départ est un peu retombé, il ne reste pas grand chose pour arriver sur Milchbuck et le sous-voie de l'entrée d'Irchelpark.


Jean-Claude passant la ligne à Irchel.

Un son de speaker au loin, l'équipe running freaks qui m'encourage. Dernière surprise: il faut faire le tour du parc dans la piste finlandaise, rendu un peu molle par la fine pluie du matin. J'hésite un peu au dernier carrefour (plus très lucide?), avant de foncer les derniers 200m en me disant que chaque seconde d'avance compte pour l'après-midi. La ligne passée Sandro fait les comptes, environ 90s d'avance (officiellement les Besse ont permis à l'équipe de remonter de +33s à -95s). Tout ça de pris pour la deuxième moitié. Pas encore gagné, mais vu les cracks qu'on a encore à aligner je ne me fais plus beaucoup de soucis.

Ça sera en effet chose faite rapidement, et le TVO1 remporte la course haut la main avec plus de 8 minutes d'avance sur les deuxièmes ainsi que le record du parcours. 8 étapes sur 14 remportées (dont Daniel et moi-même).

Je passe par l'interview à l'arrivée intermédiaire, puis discute un peu autour en attendant que Daniel me ramène mes affaires et file prendre le bus direction le zoo pour ma deuxième étape. En haut les jambes me font déjà bien mal et l'envie de s'échauffer manque, mais peut importe mon résultat aura beaucoup moins d'importance. Je prends le relai autour de la 170e place et remonte gentiment dans le peloton. Avec l'expérience de l'année passée je sais que les 11km de l'étape 9 sont surtout durs sur la fin par quelques montées sèches. J'en garde donc un peu sous la pédale sur les premiers kilomètres vallonés dans la forêt. Sur les montées je peine parfois un peu, notamment lorsque le chemin se retrécit et qu'il faut faire l'effort de passer à moitié dans le talus à côté. Mon temps final est à quelques secondes près comme l'année passée, je suis assez satisfait de ma course alors que je partais déjà chargé d'acide lactique.


Le team ayant attendu sous la pluie les podiums.

Ensuite c'est retour à la maison pour une douche rapide, prendre le gateau fait par Daniel et rejoindre les coureurs à Irchel. Il pleut fort désormais, et c'est détrempés qu'on finira par passer la ligne main dans la main, attendre l'arrivée de toutes les équipes, le podium, les photos ensuite, les premières bières, etc.

Puis enfin barbeque où, belle surprise, on se voit remettre le Rössli taille intermédiaire (le grand étant en prêt une année, l'intermédiaire pour l'équipe vainqueur et les petits pour chaque membre d'une équipe du top6) par Rubén pour la belle remontée. Pas fait de discours sur place, mais je suis touché de voir combien on a pu s'intégrer dans un club génial au cours d'une année, un club qui nous procure beaucoup d'inspiration, de moments d'amitiés sur Zürich et nous pousse à progresser de jours en jours. Danke TVO!


Rubén, Daniel, Sami et Jean-Claude à la remise du Rössli.



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20km de Lausanne

Toujours difficile d'attaquer une compétition 5 petits jours après la fin du camp de Porrentruy, surtout lorsque ce dernier a été intense niveau charge sur les organismes. Les 20km de Lausanne sont toutefois mon premier test, comme première compétition depuis le marathon de Lucerne en octobre. Depuis mon niveau d'endurance à pied a progressé, mais une contracture à la cuisse me dérange parfois. Il s'agira de gérer tout ça, avec comme objectif l'heure dix.

Lors de l'échauffement la cuisse me tire déjà un peu, je suis donc en doute sur ma capacité à performer. Je me dis toutefois que chaud dans la course ça passera, quitte à me faire mal après coup. Les premiers kilomètres le long du lac se passent plutôt bien. Daniel mène la charge du groupe des poursuivants derrière les noirs, François et Antoine. Moi je laisse gentiment partir pour me retrouver avec Cédric et quelques autres coureurs. Premier kil en 3'17, depuis ça sera au feeling. Je me force à pas partir trop vite, Denantou est difficile toutefois. Mon groupe part devant, et je remonte une fois le plat le long du Parc Milan arrivant. Peu de forces en montée, mais sur le plat ça avance bien. J'entends gentiment une moto approcher, la première dame ne doit pas être bien loin.

La descente sur le giratoire de la Maladière me fait mal à la cuisse, il me semble courir crispé. La première dame arrive dans mes pieds et on rattrape bien du monde dans les mal-plats retournant sur le Parc Milan. Niveau forme je suis assez bien je crois, mais toutefois quelque chose cloche un peu. Je laisserai partir au passage sur les voies. Comme Denantou le chemin de Fontenay est un peu trop raide pour mon grand gabarit. Derrière Tivoli il faut encore souffrir un peu et puis on devrait pouvoir reprendre l'allure. Passage aux 10km en 35'10, ça sera dur de viser 1h10 mais d'un autre côté on est plus monté que dans la deuxième moitié.

Vallée de la Jeunesse, 20km Lausanne, Jean-Claude Besse
En roue libre dans la Vallée de la Jeunesse (photo: Benoît)

Seulement la descente sur le Flon me permet pas de relancer et ensuite en ville plus ça avance et plus je me crispe avec la cuisse lançant des douleurs ici et là lors de virages ou descentes brusques. Passés les trois-quarts de course il reste une grande descente que j'affectionne habituellement mais pas cette fois-ci. Rien n'a faire, je finis en roue libre. Même sur le plat à la fin je suis dans le dur niveau jambe gauche, impossible de pousser le souffle ou le reste du corps pour aller plus vite. Je m'arrêterais bien là mais pour l'équipe il faut quand même finir raisonnablement.

Déçu de ma performance je passe la ligne presque une minute plus lentement qu'en 2016, et surtout (ce que je déteste) sans avoir l'impression d'avoir donné le 100% de moi-même. J'ai pas su tirer les montées raides, ni me relâcher dans les descentes. Reste pour se consoler que quelques plats au début, ainsi que le confort de savoir que même en difficulté à la fin je tiens un rythme autour des 4min/km, un poil plus rapide que prévu à Frankfurt...

Arrivée 20km de Lausanne, Jean-Claude Besse
Arrivée dans le dur (photo: Nadine)



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20km Lausanne

Objectif: théorie et pratique

Une semaine seulement après Porrentruy, la question est toujours de savoir si l'on a bien récupéré. Le test cette fois-ci est simple: les 20km de Lausanne avec pour objectif 1h08 (en-dessous bien évidemment, même si je me contenterais d'améliorer mon temps de ces deux dernières années de 1h09'09). Pour cela, mon plan en tête est simple: partir pas plus vite que la dernière fois (3'17/km) sur le plat avant Denantou de sorte à être encore frais après le premier passage à la Maladière et pouvoir faire la montée de manière plus correcte. Seulement voilà, ce qui est simple en théorie ne l'est pas forcément en pratique. Laisser des groupes avec des têtes connues partir le long du lac est bien trop difficile lorsque les sensations sont encore excellentes. 3'15 au premier kilomètre et 9'46 au passage du panneau du troisième. J'ai laissé filer François Leboeuf et Antoine Grandjean mais pas beaucoup plus et en plus c'est moi qui mène le groupe de derrière. Les jambes sont bonnes et je n'ai pas l'impression de faire de gros efforts même si je crains un peu de le payer ensuite.

20km Lausanne 2017: Start
Menant le groupe des poursuivants juste après le départ

Ça monte, ça monte

Gros coup de mou dans Denantou. Je ne perds pas vraiment de terrain sur mes compagnons (Épiney, Heiniger ou Oliviera) mais je me suis fait dépassé très rapidement et ai l'impression de souffrire pour simplement tenir les pieds. J'essaie de récupérer un peu de souffle dans l'avenue de Cour et crois pourvoir suivre; les certitudes sont malgré tout loin d'être là et les montées me font désormais peur (et il en reste quelques-unes). Retour vers la place Milan, dur dur comme escompté; simplement aucune force dans les cuisses pour me tirer en haut. Mon groupe explose tandis que je finis par gentiment revenir sur Antoine. Mètre par mètre et en en perdant quelques-uns sur Tivoli à nouveau. Mais les encouragements des supporters qui me connaissent et l'envie de crocher avec lui me permette de garder un semblant de rythme sur la montée. Après un passage en 33'50 au 10km et mon état du moment, l'objectif de 1h08 semble toutefois être très difficile.

20km Lausanne 2017: Daniel
Début de la montée en direction de la cathédrale.

La descente pour me sauver

Si les montées ne me réussissent pas cette année, il me reste toutefois un ou deux points pour me consoler: le rythme au plat me semble facile à tenir (en tout cas au début) et je récupère très vite des efforts de la montée. La descente pourrait-elle par conséquent sauver mon objectif? J'essaie de mon mieux de bien tirer, emmenant sur un bout Antoine et partant ensuite seul vers ma quête. Le chrono au 16e kilomètre me laissera toutefois sceptique et une petite baisse de régime sur les derniers deux kilomètres sonnera le glas. 1h08'16, pas très loin. Pas trop loin. Me tiraille un mélange de déception de ne pas avoir réussi ce qui me semblait clairement faisable et de ne pas savoir pourquoi j'ai eu ces sensations de ne plus savoir monter, mais aussi de satisfaction d'avoir amélioré mon temps sur le parcours et de mieux gérer qu'avant les plats à un bon rythme (qui sont mine de rien dominant sur les triathlons longue distance).



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10km Payerne

Course test traditionnelle

Une fois n'est pas coutume, nous avions décidé de ne participer à aucune compétition cet hiver avec Jean-Claude. Enfin, pour être correct, il faudrait dire que la décision a été en partie conséquence du déroulement de la saison creuse ; pas beaucoup d’envie et un temps de récupération plus long qu’escompté après le marathon de Lucerne, nous ont un peu forcés la main… sans que nous n’ayons véritablement essayé de changer l’ordre des choses. Mais voilà, février est déjà là (ou passé maintenant) et avec lui arrivent les traditionnels 10km de Payerne. Petit test de début de saison, géré avec nettement moins de pression et d’attente ces dernières années comparé aux précédentes. N’en reste pas moins l’envie d’encore et toujours faire baisser ma marque sur la distance (une des rares, si pas unique, courses sur la distance de l’année). Temps à battre : 32’30 d’après mes souvenirs (32’44 en vérité…). Du coup, je fixe l’objectif à 32’00 ; il faut bien que tous ces entraînements avec le TVO et ces kilomètres que j’accumule sur le béton finissent par payer.

PB malgré gestion non-optimale

10km Payerne 2017, Daniel
Passage au premier kilomètre

Le problème souvent avec Payerne est que les séries à vitesse de course manquent encore et il m’est ainsi toujours plus difficile à juger mon rythme aux sensations. Et 2017 ne va pas y échapper. Tranquille, easy, confiant, et vague à l’âme encore quelques minutes avant le départ à blaguer avec Matthieu et David sur qui devrait suivre Fabienne Schlumpf (hint: moi) pour ne pas penser à mon arrière-cuisse gauche qui tire la moindre, je suis paré pour l’erreur du débutant : pan, coup de pistolet (sauf qu’il n’a pas eu lieu mais que tout le monde est parti quand même) et passage au premier kilomètre sans comprendre ce qui s’est passé. 3’00 ou 3’02, je ne sais pas trop au regard de la montre mais c’est rapide. Il m’aurait fallu plutôt me caler dans du 3’10-3’12. Ce que je fais sur les kilomètres suivants avant de me sentir inexorablement baisser de rythme dès le quatrième. Je garde la distance constante avec François Leboeuf, au moins ça, mais au premier passage sur la ligne d’arrivée à 4.5km le speaker en a plus pour Fabienne qui doit me suivre de pas très loin d’après ses commentaires. Encore un bout de pénible pour moi, seul jusqu'au passage du panneau 7km, avant de me faire reprendre par elle et son groupe de coureurs accrochés à ses pieds comme des mouches. Bon, ça joue encore pour le moins dans la tête vu que j’arrive à ne pas prendre ça comme un coup au mental mais comme une occasion de reprendre le bon rythme en me joignant à l’essaim. Deux beaux petits kilomètres s’en suivent et me feront regretter encore maintenant de ne pas avoir fait la course tranquille dans les pieds de Madame depuis le début. Son accélération sur la fin me fera malgré tout perdre contact de quelques mètres et finir 7 secondes derrière en 32’14. PB pour moi (et record suisse féminin explosé pour elle) même si je suis un peu déçu de ma gestion de course qui me laisse penser que 32’00 devrait être faisable. Et même s'il me semble récupérer très vite dans la demi-heure qui suit (« trop vite, j’ai pas assez donné » dirais-je à Matthieu), le coup de mou de l’après-midi et les mollets lors de la série du mardi suivant me rappelleront le contraire.

Au final, et pour les objectifs de cette année, la vitesse est là et c’est bien ça l’important !



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Excellent début sur marathon

Mon récit du marathon de Lucerne, tel que paru dans le tricycle no26 du Rushteam Ecublens:

Jean-Claude, premier marathon de sa vie, réussit une excellente performance au championnat suisse de la discipline à Lucerne. Il nous raconte sa course.

Pendant l’été 2016, encore chargé de compétitions, la tête s’est gentiment tournée vers la planification des objectifs suivants. Cela en partie dû à un clic de souris qui a furieusement fait chauffer la VISA début juillet. L’idée trotte dans l’esprit : un petit marathon avant l’échéance pour se faire une sensation de la distance, ou alors se laisser surprendre le 9 juillet prochain. Et si on se mettait sur Lucerne, avec la chance de pouvoir le préparer avec nos amis du TV Oerlikon avec qui l’on s’entraîne désormais ? Finissons d’abord notre saison à Morat et on verra ensuite…

Ensuite justement, il reste pas tant que ça de temps. Une semaine de pause, et puis on s’inscrit, 5 semaines avant la course. Un plan marathon essoré à son strict minimum, avec toutefois l’intention de comptabiliser sur les acquis de la saison en triathlon. Les discussions vont bon train : - Quel temps estimer ? Dur à dire, jamais couru plus de 25km moi. Mais j’aimerais bien faire 2h40-45.

- Que placer comme longs footings ? Un 30km, et puis ben ça sera tout.

- Est-ce que vais me planter ? J’essaie de tout faire contre mais au moins mieux vaudrait là qu’à Frankfurt.

 

Les séances sur pistes continuent de bon train, avec quelques fois 12km de séries en 3’40 ou moins. Un bon groupe qui prépare ensemble ça aide beaucoup dans le mental. Et puis le tapering de la dernière semaine arrive déjà. La forme est là, les jambes suivent, reste à savoir si elles tiendront la distance. Tout le monde me prédit en forme, moi j’ai encore un peu d’appréhension (de respect ?) devant l’édifice qui m’attend. On tente le régime dissocié, avec peu de sucres en première moitié de semaine, et une charge de pâtes sur les trois derniers jours. Parait que ça a amené Chrigi à Rio. Si je peine sur la première partie, les pâtes il en faut plus de trois jours pour m’en lasser (merci la préparation Porrentruy).

 

Dans le train de bonne heure dimanche matin les discussions sont courtes, l’air un peu électrique, les wagons bondés de leggings, de chaussures de sport, et de gourdes aux liquides fluos. On passe encore aux toilettes, prend le bateau pour aller récupérer nos dossards, dépose nos affaires, passe aux toilettes, trottine cinq petites minutes, et se dirige vers la ligne (y’a pas encore des toilettes de libre ?).

 

Et puis assez vite après les saluts le TV Oerlikon se retrouve à occuper le centre du départ. Une fois les gps trouvés, le coup de pistolet donné, je fixe les pieds à Daniel et Rubén (notre coach, visant 2h36) et prend gentiment le début comme un échauffement. Devant ça part vite, mais on reprend une majorité vers les premiers deux kilomètres. Reste encore un petit groupe détaché ainsi que des gens sur le semi, mais peut m’importe la journée ne fait que commencer. On reprend celle qui sera vainqueur dame, qui demande à un de notre groupe son temps escompté : 2h38, ok, mais elle nous laisse partir.

 

Je bronche pas, on est sûrement un poil vite mais il fallait s’y attendre. Le premier ravito arrive déjà et ça sera pour moi la même stratégie à tous : un verre d’eau de la première table, une gorgée d’iso de la deuxième, rincer la bouche avec de l’eau à la fin. Au kilomètre 4 les petites bosses arrivent. Gentiment les groupes s’étirent, Rubén et Daniel semblent les prendre en douceur et rattraper les gens dans les relances en descente. Ça me convient, je reste dans les pieds.

 

Km 8, enfin ça redevient plat. Un ravito ou ça se bouscule un poil. Je finis par rater deux verres et bloquer la voie à Daniel. Dernière table, dernière chance : deux verres d’eau, un pour lui un pour moi. Tip top comme les Kényans. Et puis plus rien à signaler, si ce n’est, comme je dirai à Daniel en réponse à son “36 minutes” : “Déjà 10km, pas remarqué. Une cloque au pied droit mais sinon tout va bien.” Rubén admire le paysage et fait des remarques sur le groupe de devant contenant les médailles. Je reprends les rennes lorsque notre groupe ralentit un peu, mange ma pâte de fruits juste avant le 3e ravito (ouh un peu solide, j’aurai pu tester mieux avant). Premier tiers parfait.

 

Je tire désormais depuis un petit moment le retour sur Lucerne, sans regarder la montre on a peut-être gagné un petit peu en vitesse (au fait non juste maintenu). Surtout ne pas forcer avant la moitié : “le marathon est une course de 10km avec 20mi en échauffement” m’a-t-on prévenu. Enfin je réalise combien on est à l’avant : le speaker nous annonce dans les 10, puis lorsque les coureurs du semi nous quittent et les duos passent le relai, ça devient plus clair pour le speaker. Positions 3, 4, 5 et 6 pour les coureurs du TVO (!). Passage au semi en 1h16 et des poussières, Daniel hausse le ton et on lâche Rubén.

Je ferais pas long non plus sous l’impulsion de Daniel. Juste le temps de manger un gel, prendre un ravito et traverser la région de la gare. Derrière c’est l’entrée du combat mental : km 23, les cloques resurgissent, chaque pas devient un peu plus lourds, et on devient subitement seul face au parcours. Parcours qui d’ailleurs me semble devenir plus vallonné. Je suis pas passé par là moi, ça montait pas autant ! Prendre son mal en patience, ça monte et descend du km 25 à 29 environ, ça permet aussi de varier un peu le rythme et changer les idées. Quel plaisir de voir ici et là une guggen, une connaissance du TV, une sono, ou ne serait-ce que des gens avec des cloches dans leur jardin. La moto télé me suit aussi quelques kilomètres, avant de foncer rejoindre Daniel devant.

Une fois passé le panneau du 30e, je suis dans la course cette fois-ci. Daniel est de moins en moins en point de mire, et les cuisses deviennent dures, mais peu importe. Depuis ce moment j’ai le droit de me faire mal, et pas besoin de forcer beaucoup ! Ne pas oublier le 3e gel, continuer le régime eau/iso/eau et ça passera. On rattrape pas mal de monde à leur premier tour (ou au semi). J’ai les pieds en sangs, mais ça fait pas plus mal que les muscles donc pas bien grave. Je me remémore le premier tour où tout était si facile, maintenant chaque foulée semble demander un effort surhumain. Peu m’importe la montre, le chrono sera excellent. Je plisse les yeux quelques secondes, me dis que si j’ai fait tout ça, autant le finir comme il faut.

 

Les derniers kilomètres seront les plus durs. Il faut commencer à zigzaguer entre les coureurs doublés, et honnêtement l’énergie manque pour les pas de côtés. Je visualise la ligne qui s’approche, compte les hectomètres, regarde 4 fois ma montre entre le kilomètre 40 et 41. Je sais plus si c’est parce que mentalement je n’arrive pas à estimer le temps qu’il me reste, ou si c’est parce que les mètres n’avancent pas. Un peu étourdi je tape encore dans quelqu’un qui coupe devant moi au ravito, me reconcentre et rejoins la dernière ligne droite, en tapant au passage dans les main d’Hervé (qui s’entraîne avec nous mais à dû abandonné sur blessure) et de Dani (ami du triathlon qui avait couru sur le semi). Quel bonheur ! Sur le tapis rouge, je me regarde sur l’écran, peine à réaliser, marche les deux derniers mètres, stoppe la garmin à 2h37.42, puis me couche par terre en face de Daniel.

 

Lui a encore réussi à chipper la 3e place sur le final. Il me lance un gourde iso traînant dans le coin. J’enlève mes chaussures et perce mes cloques en sang avec une imperdable du dossard. Lorsque je reprends mes esprits je me redresse, bois, et observe les photographes et caméras entourant le podium et la première dame donnant un interview (j’apprendrais plus tard qu’elle était bien 3 minutes derrière moi, j’ai manqué son arrivée ainsi que comment elle s’y trouve si fraîche). Je reçois alors le petit mot disant : “wahrscheinlich haben Sie eine Medaille gewonnen”, et confirme ma nationalité suisse au responsable de Swiss Athletics. Même si au final non je suis 5e (comment on peut se planter comme ça ?).

 

Reste 50min avant les podiums, mais j’ai l’impression que j’arriverais pas à faire l’aller-retour jusqu’aux vestiaires à 1km. J’enfile alors mon training qui traîne au pied du départ, et me pose avec Daniel par terre dans le musée des transports, grelottant et regardant dans le vide à travers tant d’agitation. Après une bonne demi-heure je retrouve tout mes esprits, et peut gentiment refaire la course avec les autres du club (“brutal” sera mon premier commentaire), tout en attendant notre podium de champions suisses par équipes, celui de Daniel 3e overall, ainsi qu’en guettant attentivement l’app Datasport pour les résultats de Lausanne.

 

Un grand merci à tous ceux qui ont envoyés des messages avant/pendant/après, suivi sur place ou de loin, donnés des conseils avant ou à l’entraînement, aidés à me mettre dans le juste tempo. A peine au-dessus de 1h20 le deuxième semi, seulement deux kilomètres en >4min/km (27 et 29e, les deux en dénivellé positif), et un temps atteignant le meilleur de mes espérances. De bon présage pour la suite !



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3e overall en 2h35’48 pour un premier marathon

Prendre la 3e place aux championnats suisses de marathon en finissant en moins de 2h36… et tout a avec une préparation non-conventionnelle. On me l’aurait dit que je n’y aurais probablement pas cru ; mais comment en sommes-nous arrivés là ?

Un marathon ? Mais quelle idée

Pour cela, retour en arrière de 7 à 8 semaines. En fin de saison, je lance l’idée à Jean-Claude, mi-rigolant, mais mi-rigolant seulement, de faire un marathon en fin de saison pour « voir ce que ça représente » avant d’avoir à le faire en fin d’ironman l’été prochain. Avec le dernier triathlon à faire encore à Morat pour clôturer la saison, la conversation en reste là. Et elle restera par ailleurs encore à un statut quo pendant les semaines suivantes où l’on repousse la décision sous l’excuse qu’il nous faut du repos pour sentir la forme et voir ce que l’on veut faire. Nous sommes alors en période de décharge pour reposer les corps mis à rudes épreuves l’été durant ; mais si l’on a complétement arrêté de nager ou rouler, on continue d’accompagner les Ruben et Sam sur les longues séries sur stades les mardis soirs avec le TV Oerlikon. On se le cache encore à ce moment-là mais il fait peu de doutes que le marathon va se faire et aura lieu à Lucerne où vont plusieurs de notre club d’adoption ici à Zurich.

Une semaine, puis deux semaines passent ainsi. Jean-Claude force alors la décision au dernier jour de septembre alors même que je me plains d’une petite douleur au genou (essuie-glace) et suis hésitant. Si on n’est pas toujours en phase avec les sensations, on aime quand même bien faire les choses ensemble et c’est certainement quelque chose qui nous aide aussi. Bref, nous voilà tous deux inscrits et à faire même des jaloux deux jours après en courant le long de la Mèbre avec Matthieu et David. 17km d’un footing qui en avait paru plus et qui m’a donné envie de nager à l’initiation de swimrun du Rushteam l’après-midi à la Vallée de Joux mais plus de courir. Quoi le marathon ce sera plus long ?

Que peut-on bien vouloir viser?

Avec le TV Oerlikon, les séries s’enchainent sans soucis sur la piste. Ruben donne le rythme très régulier ; Jean-Claude et moi sommes parfois sages, parfois jeunes d’esprit (comprenez un peu moins sages), mais essayons de rester le plus possible dans la première catégorie. Le suivre semble d’abord irréaliste, lui qui annonce un objectif en 2h38, perdant à ses dires quelques minutes sur un parcours pas si facile que cela. Exercices de calcul mental : pour un ironman sous les 9h, il faudrait un marathon en 3h-3h10, prenons un peu de marge parce que c’est plus facile de partir frais, donc il faudrait un sub-4:00/km pour faire 2h48 et un ~3:45/km pour un 2h40. Ouais, bref, j’ai aucune idée de ce que ça va donner : 2h40 ce serait top, 2h45 ou sous les 4:00/km déjà pas mal et sinon il y aura toujours l’expérience de gagnée. On est pas plus renseignés.

Le vendredi 7 octobre a lieu le traditionnel Bahn Challenge du TV Oerlikon. 4x250m, 3x500m, 2x750m, et 1x1000m, dans un ordre aléatoire et connu uniquement par le chef de la cloche qui sonne le glas un demi-tour (ou 125m sur la petite piste utilisée pour l’occasion) avant l’arrivée. Des points sont donnés ensuite par ordre d’arrivée et une nouvelle course est lancée 5’ après l’arrivée de la précédente. Concept intéressant, qui demande beaucoup au niveau du souffle si l’on veut jouer toutes les courses à fond (alors que d’autres tente le pocker en s’économisant parfois pour pouvoir essayer de gagner les suivantes). Au final, je remarque que j’ai beaucoup de peine à partir en sprint notamment comparé à Jean-Claude qui a lui réussi à remporter le général de l’épreuve et deux courses individuelles. Bon, c’est bien beau tout ça mais ne nous faisons pas avoir, c’est de l’endurance qu’il nous faut pour un marathon. Ni une ni deux, départ le lendemain matin pour un tour de l’aéroport de Kloten ; 30km, soit notre plus long footing jamais fait (mais pas pour longtemps comme je m’amuse à le mentionner sur strava). Jean-Claude part comme une fleur tandis que je me plains un peu. Ensuite c’est moi qui reprends le dessus en lui racontant les histoires des marches de l’école de recrue. Puis finalement c’est à nouveau à moi de serrer les dents avec le genou qui s’est malheureusement réveillé sur la fin.

Essayer le tapering

Zut, zut et encore zut. Cette fois ça ne passe pas si vite que la première. Me suis probablement fait avoir à croire que j’avais réduit les demandes sur mes articulation en diminuant le volume, mais voilà que je ne l’ai fait qu’en natation et vélo mais pas en course où le risque de blessures reste malgré tout le plus élevé. Pas beaucoup d’autre choix que de ne pas courir pendant 5 jours. A 3 semaines du marathon et avec l’impression d’avoir déjà une préparation légère… faudra faire avec. Retour donc le vendredi suivant à l’entraînement pour 2x5km. Frais, reposé, Jean-Claude se plaindra que ce soit une des fois où j’ai été le moins sage, mais moi j’ai retrouvé le sourire (et la glace, le compex et le rouleau de massage pour être sûr de ne pas retomber trop vite évidemment). Au moins ça rassure que frais comme on le sera au départ du marathon, les sensations peuvent être bonne. Deuxième (et dernier) long entraînement le dimanche qui suit avec un 25km dont 20’ sur la fin en moins de 3:40/km. Le genou a tenu plus ou moins bien. De toute façon maintenant la tête est convaincue qu’un marathon ne peut pas être plus dur qu’un semi-ironman : 21km où les sensations doivent être easy mais qui génèrent de la pré-fatigue suivis de 21km de course à un rythme désagréable mais pas effréné. Parfait, on a même un plan de course !

Se tenir au plan…

C’est l’ordre du coach Ruben. Rien ne sert de partir plus vite que lui (et de toute façon son entraînement de 36km en 3:55/km de moyenne m’a un peu refroidi). Le rythme il suffit de le tenir comme on l’a fait le mardi (4x3km) et vendredi (2x15’) de la semaine précédant la course, ainsi que le mardi 5 jours avant (2x3km) et tout ira bien. Bon il y a quelques détails de nourriture à régler : 1) il est fan du régime dissocié pour le carbo-loading mais il nous faut l’aval de Cendrine au cyclisme sur piste la semaine d’avant pour essayer une version modérée de celui-ci ; 2) comment prendre les gels pendant la course ? Et que prendre exactement ?

Mais si la course ne tient plus qu’à ça, ça veut dire que les jambes sont prêtes et les potentielles surprises n’ont pas réussi à faire gagner l’angoisse.

20km easy

Peloton TV Oerlikon au premier tour du marathonJean-Claude, Ruben et moi groupés au premier tour du marathon.

Le plan commence donc par 20km easy. Presque pas d’échauffement du coup si ce n’est revenir du vestiaire en trottant jusqu’à la ligne de départ pour retrouver Ruben et ceux du semi qui partent en même temps. Ensuite commence la partie d’attente et d’économie. Malgré les sensations de souplesse, le premier kilomètre est passé en 3’35, soit déjà 5-10s plus rapide que prévu. Mais rester caché dans les pieds de Ruben est un art que je finis par maîtriser, et c’est si facile de suivre ce rythme que ni moi ni Jean-Claude ne bougeons d’une oreille. Les kilomètres défilent et les ravitaillements aussi. Prendre à boire à chacun d’entre eux est presque un effort que je vois alors superflu, le faisant uniquement en pensant au deuxième tour. 5km, puis 10km, le rythme est donné maintenant et nous nous permettons dorénavant de passer parfois devant donner quelques relais. Quand arrive le ravitaillement, Jean-Claude remarque que je suis coincé pour prendre un verre et m’en tend un en en prenant un deuxième. En lui disant merci, je lui fais la remarque que l’on est passé en 36’ au 10km sans le voir passer. Je remarque n’avoir si bien dit qu’en le voyant jeter un coup d’œil étonné à la montre, il avait raté le panneau. Juste plus loin c’est Ruben qui me dit quelque chose à propos du groupe de devant, un type aurait couru en 2h30 déjà et la médaille suisse s’y jouerait probablement. Je me contente d’un « Ja ? Ja ! », partiellement parce que je n’ai pas tout vraiment compris, partiellement parce que ça m’étonne un peu qu’on ne les rejoigne (et je suis pas là pour la médaille), et surtout parce que je n’ai pas vraiment envie de causer.

Du kilomètre 14 au kilomètre 20, c’est Jean-Claude qui prend les devants. Le rythme est constant et régulier. Les sensations ne sont plus autant à la ballade qu’avant mais ça va malgré tout très bien. La petite pâte de fruit du kilomètre 13 est bien passée et les panneaux continuent de défiler plus vite que je ne regarde la montre.

Élan d’orgueil

Daniel au 2e tour
Parti seul sur le deuxième tour. Jean-Claude n'est pas loin derrière.

Au retour sur cette grande route en ligne droite, c’est alors à mon tour de prendre les devants. Si ne pas ralentir est mon idée à ce moment-là, je remarque bien vite que niveau effort, j’ai forcé un peu là où nos compagnons ne faisaient que de sentir l’avoine pour leur fin de semi-marathon. Ruben a laissé quelques dizaines de mètres d’écart au demi-tour et seul Jean-Claude et moi faisons le virage ensembles. Zou, d’un coup tous loin vers l’arrivée et le speaker qui nous annonce 4e et 5e du marathon, l’homme juste devant nous est en effet un duo et passe le relai à sa compatriote pour le deuxième tour. Olé, je ne pensais certainement pas être aussi bien devant. Je continue l’effort, avale un demi gel Winforce au prochain ravitaillement et pars sur ma lancée. Premier tour en 1h16’20 et j’ai encore des forces, que demande le peuple ?

Peut-être un peu de modestie par fois. Si les kilomètres 20 à 28 se sont bien enchaînés comme les précédents, je commence à sentir la fatigue. La petite partie vallonnée n’est alors pas là pour aider même si elle ne me semble pas être à mon désavantage. J’ai souvent Philippe Arnold en point de mire (aussi dans notre équipe du TV Oerlikon pour le classement par club) mais revenir sur lui demande beaucoup d’efforts et de patience. 30e kilomètre, ouch c’est dur ; pas de gros mur mais la foulée n’est plus aussi aérienne. Go ! Go ! dritte Platz grad vorne ! entends-je de toutes parts, parfois suivi de ziehe Mal, parce que tu crois que je fais quoi ? Allez on dépasse de plus en plus de monde à qui on a déjà pris un tour (sur marathon a fait réfléchir quand même). Un dernier gel pour la route au 36e et regarder les mètres de retard sur Philippe gentiment diminuer. Il me faudra tout de même jusqu’au 39e pour revenir à sa hauteur. Un petit mot d’encouragement en passant, reçu en retour de sa part également et ne plus regarder que devant ensuite. Sur la grande route, c’est désormais une foule que l’on dédouble et le vélo qui précédait Philippe comme 3e overall préfère même se retirer ne sachant plus où passer. Le speaker m’annonce arriver, avant Philippe et Jean-Claude, tous Suisses, tous du TV Oerlikon, ah qu’il semble apprécier. Pour moi ça veut surtout dire qu’ils ne sont pas loin. Plus que deux kilomètres, allez j’ai encore quelque chose à donner. La montre me dira par la suite que j’ai réussi à refaire passer la moyenne en 3:35/km sur les deux derniers kilomètres (alors qu’elle était montée vers 3:50-3:55/km au plus lent). Heureusement la ligne est là, parce que mes jambes ne me tiennent plus.

Wow, ouch, youpie... ou tout d’un coup

Podium marathon Lucerne
Podium overall (et des championnats suisses)

Avec Jean-Claude nous sommes les deux seuls assis, voire couchés, après l’arrivée à enlever les chaussures pour admirer nos nouvelles cloques et trembler sans savoir comment se tenir. Pendant ce temps, le premier homme et la première femme donnent les interviews comme de vrais pros. Nous nous contentons de notre côté de ramasser une gourde des mains de Viktor Röthlin et regagner avec grand peine le chaud de l’intérieur. Les conditions ont été optimales pour une course qui s’est bien déroulée de bout en bout. Mais maintenant les muscles des jambes souffrent, il fait froid, et le genou se réveille dès l’effort arrêté. Même le training que nous sommes allés récupérer dehors n’aide pas. Je ne sais pas combien de temps s’est passé où nous sommes restés là assis à trembler contre le mur intérieur de la Verkehrshaus, mais nos collègues ont eu le temps d’aller au vestiaire et revenir que nous nous levons à peine pour les podiums, « les lèvres bleues » aux dires des supporters qui nous demandent à plusieurs fois s’ils peuvent nous aider. Merci, le temps fera l’affaire dois-je même répondre à une dame qui s’inquiète pour moi. Faire un marathon c’est dur car c’est être proche de ses limites pendant une longue durée m’avait-on prévenu. Et bien là les jambes étaient à leurs limites (pire qu’au premier semi à Troyes ? pas sûr non plus…). Mais pour 2h35’48, une 3e place overall (et 3e des championnats suisses) et une victoire par club, ça valait entièrement la peine ! Tout ça réussi grâce à la bonne préparation avec toute la saison de triathlon et à mon avis également grâce à toute l'inertie de groupe du TV Oerlikon avec un niveau très dense autours de nos temps de course. 



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Seelandtriathlon

Circuit déjà gagné

Ayant le circuit déjà gagné avec le maximum de points suite à mes victoires sur olympiques à Zug, Nyon, Lausanne et Uster, c’est sans pression que je me rends à Morat pour un dernier triathlon cette saison. Malheureusement le temps pluvieux et venteux du matin m’enlève un peu de motivation en me levant et me préparant pour la course et, comme le rappel swisstriathlon depuis quelques semaines dans ces news, j’ai tout gagné jusqu’à maintenant mais la concurrence se voudra plus rude cette fois-ci.

Bonne natation sans faire de grosse différence

Sur la partie natation tout d’abord, je m’attends à devoir m’accrocher à Reiny Brown qui m’avait mis plus d’une minute à Uster sur les 1500m sans néoprène. Parti pas loin de lui à sa gauche, je force sans trop regarder devant au départ pour le suivre. Mais voilà, je me retrouve devant et lève alors la tête. Voyant plus de buée que de bouée je me décide à rejoindre un autre groupe qui nage sur ma gauche à une bonne vitesse. Je me retrouve ainsi sur la droite de Julien Coudert à la hauteur de ses hanches avec quelqu’un dans mes pieds (probablement Reiny). Pour l’instant je me cale sur le rythme mais finis par me retrouver d’un coup devant lorsque mon acolyte s’arrête après s’être pris une vague le bord du kayak, que sais-je. Au passage de la première bouée, les mouvements du lac se font alors ressentir. Les vagues que venaient de l’arrière-gauche sont maintenant de plein face et les efforts se font plus importants.  Je nage alors pour moi comme sur tout le retour où les autres n’ont pas suivi exactement la même trajectoire. Sur la toute fin, je me fais dépasser par la gauche et finis dans les pieds de Coudert sur la rampe de sortie.

Pas un rouleur après tout ?

Transition rapide, éviter la glissade de justesse en montant sur le vélo, et essuyer la buée sur la visière ; c’est bon je suis en tête sur le vélo et tout va bien. Je me cale vers 320W (au compteur, sachant qu’il surestime un peu avec mon pédalier ovale, mais de toute façon ce n’est pas le chiffre absolu qui m’intéresse, plus rester constant) et si c’est rapide je dois au début plutôt faire des efforts pour ne pas exagérer comme l’année passée (où j’avais pété ensuite en course). Il souffle pas mal effectivement et j’ai peur de me faire rattraper par les rouleurs, mais pour l’instant je me sens bien. L’instant fatidique arrive à 10km déjà. Je n’avais pas fait beaucoup d’écart en natation et Philipp Koutny me passe alors comme un avion sur le plat juste avant la première montée du Vully. Faut-il tirer pour le suivre ? Petit coup d’œil en bas, 340W, reste calme, ça ira. La mauvaise vision est vite passée… mince c’est mauvais signe ! Peu après la descente, c’est au tour d’Adrian Haller de me passer lui aussi. La différence est moins flagrante là, mais à forcer derrière lui pour le garder à vue je passe la deuxième montée un peu dans le rouge et dois le laisser lui aussi fuir sur le retour. Bon, au moins j’ai tenu bien mieux que l’année dernière derrière lui. Maintenant, il faut juste espérer que je puisse tenir. Pourtant, ça commence déjà à venir dur avant le rond-point pour repartir sur le deuxième tour. Les écarts estimés au compteur sont importants (facile 3’ pour Koutny et 1’ pour Haller), et malheureusement uniquement devant mais pas derrière où un groupe semble se rapprocher dangereusement.

Les doutes se confirme et si je me « retenais » pour 320W sur les premiers kilomètres, passer les 300W est un effort sur la même partie dans ce second tour. Je tiens malgré tout jusqu’à la première montée avant de me faire rejoindre par le groupe et suis alors relativement facilement les autres pour les garder à distance. Je me mets relativement proche mais de manière correcte me semble-t-il, même si après la deuxième descente un autre concurrent me tape sur la fesse en passant en me traitant de tricheur qui ne doit pas savoir ce que 10m représente. Cet intermède me laisse perplexe et je navigue alors comme je peux dans le groupe un peu perturbé jusqu’à l’arrivée (et avec des watts nettement plus bas qu’avant en ayant l’impression d’être tiré/bloqué par le groupe plutôt que choisir mon rythme ; c’est de ça que se plaignent les pros sur ironman ?).

Assurer la course

2016 Seelandtriathlon Daniel cap
Départ course à pied (photo Swisstriathlon)

Ma foi, si cette fin de vélo s’est trouvée être un peu spéciale, il me faut maintenant courir vite ; et ça j’ai prouvé dernièrement que je sais le faire. Transition éclair, je pense être 4e (mais suis en fait 3e), et je m’élance en un rythme rapide pour scier les jambes et le moral des autres. Mes mollets se réveillent alors subitement ; veulent-ils me suggérer que la séance sur piste de mardi était un peu rapide ? Probablement, et ils ont peut-être même raison, mais la question ne doit pas être posée à ce moment ; on court et c’est tout. Au coup d’œil à la montre, je cours aux alentours de 3’45/km, en forme c’est faisable de tenir, sinon vaut mieux caler après que les écarts soient faits, dans les deux cas il faut donc continuer. Après 4km, je ralentis un poil le rythme (peur de la déconvenue du 5e km de l’année passée) et laisse alors revenir celui que j’entends derrière moi. Il lui faut un petit moment mais il me rejoint finalement et prend alors un relai de pace-maker que je ne lâcherai plus jusqu’à l’arrivée. Les seuls fois où je suis passé devant doivent se compter sur les doigts d’une main : les ravitaillements où je ne ralentis pas alors que lui le fait pour boire, et une autre fois vers 17km lorsqu’il a légèrement laissé tomber le rythme. Ma stratégie est donc clair, tenir, tenir, tenir et si possible prendre le sprint à la fin. Ce que j’ai réussi à faire.

Content du résultat et de 2016

Si on compare avec l’année passée, j’ai fait exactement le même temps à vélo (alors qu’Haller et Samuel Jud, 1er et 2e en 2015, on les deux mis 1-2 minutes de plus) et est pourtant réussi à faire une excellente course avec 1h15 pour 20km contre 1h26 en 2015 où les 5 premiers kilomètres m’avaient fait exploser. En conséquence, et même si c’est le premier triathlon que je n’ai pas gagné cette saison, je suis content de ma course et ne pense pas que les deux premières places auraient été accessibles par une meilleure gestion. Mes remords seront aussi effacés par mon compagnon en course qui m’a confirmé m’avoir suivi longtemps à vélo et n’avait pas l’impression que je roulais plus proche que le groupe qui nous a rattrapé.

2016 Seelandtriathlon podium
Podium

Sur ce, se conclut pour Jean-Claude et moi la saison 2016. Une belle saison où notre niveau course à pied s’est clairement amélioré. Jean-Claude a eu quelques problèmes de confiance en fin d’année (conséquence, en tout cas en partie, de la chute à Uster) mais a aussi bien couru à Morat. Pour titiller les tous meilleurs, ne nous reste donc plus qu’à faire un même saut à vélo… J’ai ouï dire qu’au Rushteam « yapluka » était la solution miracle.

2 commentaires
Top ! Comme à chaque fois, c'est un plaisir de vous lire.
Félicitations pour votre incroyable saison à tous les deux et tous ces beaux podiums. Ça promet de très belles choses sur la distance supérieure l'année prochaine !!!
Une première sous les 9 heures ? Une double qualif' pour Hawaï ? C'est tout ce que je vous souhaite à tous les deux !
Sportivement,
Simon

par Simon le 22-09-2016 à 09:30
Merci.
Sous les 9h c'est effectivement l'objectif qu'on a officiellement annoncé. Pour l'instant, ça peut dépendre encore de beaucoup de choses mais ça fait un joli défi...

par Daniel le 22-09-2016 à 09:45


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