Daniel & Jean-Claude Besse

Natation Vélo Course

Les News: Compétitions

Half-iron de Doussard

Après nos dernières nouvelles du TDFO, suivant deux semaines sans douleurs à la cuisse gauche, un incident de parcours s’est produit pour ma part, à moins de deux mois de l’échéance de l’année à Frankfurt : une douleur aussi subite qu’insistante lors de la séance de course du mardi soir. D’abord comme une crampe au mollet droit, puis qui ne s’améliore pas le soir même. Arrêt immédiat de la série. Le lendemain matin au réveil à 6h presque tombé dans les pommes, la douleur est persistante, et je renonce à la natation. Les jours suivants n’apporte que peu de réconfort, et je crains fortement une fracture de fatigue.

Si maintenant presque trois semaines plus tard le diagnostic n’est toujours pas clair, entre médecins planchant plutôt pour quelque chose de tendineux, kiné pensant à l’os, ou peut-être la veine, physio perplexe devant la situation, et des avis divergents de toute part, le mal est toujours présent par vagues, l’intérieur du tibia juste au-dessus de la malléole souvent rouge et enfle sans bandage, aucun pas de course à l’horizon, et ne serait-ce que ma participation à l’iron ressemble plus à du miracle que le plan bien exécuté jusque-là ne le laisserait paraître.

Doussard, qui se présentait alors comme une course de préparation à 5 semaines du terme, tient alors ce goût spécial de la course dans laquelle je ne serais jamais, de la compétition vécue officiellement comme un compétiteur mais dans la tête de l’extérieur, avec l’envie parfois de tout recommencer à zéro, en retenant une larme au coin de l’œil.

Il reste toutefois 5 semaines (si peu ; mais à la fois, peut-être, sait-on jamais, beaucoup), et donc il faut quand même revoir la gamme, et laisser voler le mince espoir de voir cette ligne d’arrivée qui m’a tant motivée depuis septembre passé.

Annecy
Ville d'Annecy le samedi.

Je pars ainsi samedi sur Annecy avec le Rushteam avec pour ambition de nager et rouler, ça devrait passer, d’écouter le corps et d’arrêter à la première douleur ; comme beaucoup trop d’athlètes avant moi, et beaucoup trop plus tard sans doute, de prendre le départ avec la conviction interne de ne pas arriver au bout. Le plus dur étant de savoir que je tiens (comme Daniel) la meilleure forme de ma vie, et qu’un petit bout de corps défectueux peut stopper net tout effort de continuer.

La fin de semaine se passe toutefois relativement bien, après un week-end de l’Ascension assez chargé en vélo, mais un début de semaine limite niveau douleurs. Après passablement (peut-être trop) de marche dans la belle ville d’Annecy, la jambe redevient douloureuse en soirée, et le matin le réveil est pénible. Je place mes affaires sans certitude, ne dépose pas de chaussures en T2, et ne m’échauffe que brièvement en natation.

Rushteam
Le souper Rushteam d'avant course.

Le départ est donné face au large, et un virage à gauche au coin du ponton nous attend après 20m. Heureusement le départ est dans l’eau, pas besoin de courir sur la plage. Je pars tout droit à fond et en levant la tête la première fois je suis déjà plus loin que le ponton, il faut tourner à gauche. Je suis en deuxième position, très bien placé. Les pieds du premier semblent toutefois un poil trop rapides, et je prends plus ou moins mon propre rythme, en léger surrégime pour garder les bulles et ne pas devoir lever la tête trop souvent. Daniel me rejoins par l’arrière après 400m environ, et je drafte un peu jusqu’à la première bouée. Ensuite c’est un petit bout à les garder en mire, avant de reprendre mon rythme propre. La houle me fait un peu zigzaguer dans ce lac à température bien agréable. Je suis un peu déçu de mon orientation, mais sinon il me semble bien gérer ma natation. Pas de douleurs, et si tout ira bien finalement ?

Sortie de l'eau
Sortie de l'eau en 3e position, satisfait de cette partie.

Sur le retour je me dirige un tantinet mieux vers la sortie, nage jusqu’au maximum pour éviter de trop marcher. En sortant le monde encourageant le 3e que je suis me motive à essayer de trottiner. Ouille ! ça sera un seul pas de course, puis une T1 en marchant tranquillement.

Montée sur le vélo, mise des chaussures, sortie jusque sur la départementale, et je réalise à la première ligne droite qu’aujourd’hui ça ne va pas le faire. Je me pose sur les barres sans l’envie de forcer sur un tibia douloureux, d’emmener un braquet qui me fait mal, de sentir une lancée à chaque tour de pédale. Alors je me relève, prends la décision d’arrêter avant la première bosse à 10km, me repose sur les barres et tente de manger en quasi roue libre pour tester le ravitaillement. Et après moins de 6km, une barre avalée, c’est flèche à gauche (ou plutôt vélo à droite sur une place de parc).

T1
T1 en marchant, la course s'arrêtera peu après.

Direct derrière moi une camionnette des samaritains me demande si j’ai besoin d’aide (comment savaient-ils qu’ils devaient me suivre ?). Je dis que je peux rentrer seul, pas de soucis. Je me remets en route en sens inverse, encourage les Rushtistes que je croise, réalise aussi en passant que si en sortant tout devant de l’eau on est livré à nous même, bien rapidement le champ d’athlètes suivant ressemble plus à Zug ou Ironman Brasil qu’à du no-drafting.

De retour en T2 je rends ma puce, mon dossard, me change et réalise combien subitement la saison qui vient de commencer de la pire des manières est incertaine. Si la forme ne se perdra pas si vite je l’espère (et ceux qui m’écrivent gentiment arrivent presque à me convaincre), reste l’immense inconnue de savoir quand le corps sera prêt à recourir. L’évolution ces prochaines semaines en dira plus, d’ici là il faut être sage et patient. En rêvant toujours de ne pas finir similairement à Frankfurt.



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SOLA Stafette

Après les 20km de Lausanne il y a deux semaines, arrivent les événements clubs traditionnels du mois de mai: la SOLA ce week-end avant le TDFO le suivant. Avec Daniel nous sommes tous les deux engagés dans l'équipe 1 (sur 4) du TV Oerlikon annoncée de très grand niveau. Je cours aussi pour mon labo (superQUDEV) plus tard dans l'après-midi. Si nous étions tous les deux sur des parcours courts, Daniel se retrouve à échanger pour une version plus longue le soir avant la course. Il me donnera donc le relai à la fin de la 6e étape à Hönggerberg.

S'il est dur de suivre les positions exactes en temps réel (notamment avec les difficultés du chronométrage de suivre 1000 équipes de 14 coureurs éparpillées dans Zürich), je reçois quelques infos via les chats whatsapp: notre équipe, après avoir remporté la première étape, se situe constamment en 2e position autour des 30s de retard sur les vainqueurs de l'an passé (running freaks). Je trottine un peu vers l'ETH, les jambes semblent bien en forme, et si je sens un peu ma cuisse parfois ça ne devrait pas me déranger comme aux 20km. La séance de 6x1000m de mardi c'est super bien passée, je me réjouis de la course d'aujourd'hui. Sur le stade tout est vide à 10min de l'arrivée prévue de Daniel. Seul le coureur des running freaks et celui de TV örlikä (notre deuxième team, représenté par Laurin) sont là pour échanger quelques mots.


Daniel vers la fin de son étape à Hönggerberg ainsi qu'au départ à Buchlern

Alors que j'explique à Laurin comment passer le témoin, un vélo ouvreur arrive suivi de pas bien loin par Daniel comme une fusée. On est en tête ! Je passe la barrière pour être dans la zone de change, démarre la montre, regarde si je vois quelqu'un arriver derrière (non au fait Daniel m'a donné une marge confortable d'un peu plus d'une minute). Je prends le témoin et top départ derrière les cyclistes. Mon parcours est court, principalement descendant, pas de question de se retenir trop.

Assez vite je serai seul, car les cyclistes ne freinent pas dans la descente et me prennent passé 500m d'avance. Je fais ma course, dans le bois de Käferberg où je m'entraîne fréquemment. Passage à Bucheggplatz il faut relancer dans les virages et petites bosses. Dans le parc personne n'est prêt, si ce n'est pour ouvrir la route. Me faut passer plusieurs fois dans l'herbe de côté pour éviter une laisse de chien ou des promeneurs. Rien de bien gênant. On se retrouve derrière nos vestiaires à Oerlikon, je connais bien ces routes, et si mon entrain du départ est un peu retombé, il ne reste pas grand chose pour arriver sur Milchbuck et le sous-voie de l'entrée d'Irchelpark.


Jean-Claude passant la ligne à Irchel.

Un son de speaker au loin, l'équipe running freaks qui m'encourage. Dernière surprise: il faut faire le tour du parc dans la piste finlandaise, rendu un peu molle par la fine pluie du matin. J'hésite un peu au dernier carrefour (plus très lucide?), avant de foncer les derniers 200m en me disant que chaque seconde d'avance compte pour l'après-midi. La ligne passée Sandro fait les comptes, environ 90s d'avance (officiellement les Besse ont permis à l'équipe de remonter de +33s à -95s). Tout ça de pris pour la deuxième moitié. Pas encore gagné, mais vu les cracks qu'on a encore à aligner je ne me fais plus beaucoup de soucis.

Ça sera en effet chose faite rapidement, et le TVO1 remporte la course haut la main avec plus de 8 minutes d'avance sur les deuxièmes ainsi que le record du parcours. 8 étapes sur 14 remportées (dont Daniel et moi-même).

Je passe par l'interview à l'arrivée intermédiaire, puis discute un peu autour en attendant que Daniel me ramène mes affaires et file prendre le bus direction le zoo pour ma deuxième étape. En haut les jambes me font déjà bien mal et l'envie de s'échauffer manque, mais peut importe mon résultat aura beaucoup moins d'importance. Je prends le relai autour de la 170e place et remonte gentiment dans le peloton. Avec l'expérience de l'année passée je sais que les 11km de l'étape 9 sont surtout durs sur la fin par quelques montées sèches. J'en garde donc un peu sous la pédale sur les premiers kilomètres vallonés dans la forêt. Sur les montées je peine parfois un peu, notamment lorsque le chemin se retrécit et qu'il faut faire l'effort de passer à moitié dans le talus à côté. Mon temps final est à quelques secondes près comme l'année passée, je suis assez satisfait de ma course alors que je partais déjà chargé d'acide lactique.


Le team ayant attendu sous la pluie les podiums.

Ensuite c'est retour à la maison pour une douche rapide, prendre le gateau fait par Daniel et rejoindre les coureurs à Irchel. Il pleut fort désormais, et c'est détrempés qu'on finira par passer la ligne main dans la main, attendre l'arrivée de toutes les équipes, le podium, les photos ensuite, les premières bières, etc.

Puis enfin barbeque où, belle surprise, on se voit remettre le Rössli taille intermédiaire (le grand étant en prêt une année, l'intermédiaire pour l'équipe vainqueur et les petits pour chaque membre d'une équipe du top6) par Rubén pour la belle remontée. Pas fait de discours sur place, mais je suis touché de voir combien on a pu s'intégrer dans un club génial au cours d'une année, un club qui nous procure beaucoup d'inspiration, de moments d'amitiés sur Zürich et nous pousse à progresser de jours en jours. Danke TVO!


Rubén, Daniel, Sami et Jean-Claude à la remise du Rössli.



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20km de Lausanne

Toujours difficile d'attaquer une compétition 5 petits jours après la fin du camp de Porrentruy, surtout lorsque ce dernier a été intense niveau charge sur les organismes. Les 20km de Lausanne sont toutefois mon premier test, comme première compétition depuis le marathon de Lucerne en octobre. Depuis mon niveau d'endurance à pied a progressé, mais une contracture à la cuisse me dérange parfois. Il s'agira de gérer tout ça, avec comme objectif l'heure dix.

Lors de l'échauffement la cuisse me tire déjà un peu, je suis donc en doute sur ma capacité à performer. Je me dis toutefois que chaud dans la course ça passera, quitte à me faire mal après coup. Les premiers kilomètres le long du lac se passent plutôt bien. Daniel mène la charge du groupe des poursuivants derrière les noirs, François et Antoine. Moi je laisse gentiment partir pour me retrouver avec Cédric et quelques autres coureurs. Premier kil en 3'17, depuis ça sera au feeling. Je me force à pas partir trop vite, Denantou est difficile toutefois. Mon groupe part devant, et je remonte une fois le plat le long du Parc Milan arrivant. Peu de forces en montée, mais sur le plat ça avance bien. J'entends gentiment une moto approcher, la première dame ne doit pas être bien loin.

La descente sur le giratoire de la Maladière me fait mal à la cuisse, il me semble courir crispé. La première dame arrive dans mes pieds et on rattrape bien du monde dans les mal-plats retournant sur le Parc Milan. Niveau forme je suis assez bien je crois, mais toutefois quelque chose cloche un peu. Je laisserai partir au passage sur les voies. Comme Denantou le chemin de Fontenay est un peu trop raide pour mon grand gabarit. Derrière Tivoli il faut encore souffrir un peu et puis on devrait pouvoir reprendre l'allure. Passage aux 10km en 35'10, ça sera dur de viser 1h10 mais d'un autre côté on est plus monté que dans la deuxième moitié.

Vallée de la Jeunesse, 20km Lausanne, Jean-Claude Besse
En roue libre dans la Vallée de la Jeunesse (photo: Benoît)

Seulement la descente sur le Flon me permet pas de relancer et ensuite en ville plus ça avance et plus je me crispe avec la cuisse lançant des douleurs ici et là lors de virages ou descentes brusques. Passés les trois-quarts de course il reste une grande descente que j'affectionne habituellement mais pas cette fois-ci. Rien n'a faire, je finis en roue libre. Même sur le plat à la fin je suis dans le dur niveau jambe gauche, impossible de pousser le souffle ou le reste du corps pour aller plus vite. Je m'arrêterais bien là mais pour l'équipe il faut quand même finir raisonnablement.

Déçu de ma performance je passe la ligne presque une minute plus lentement qu'en 2016, et surtout (ce que je déteste) sans avoir l'impression d'avoir donné le 100% de moi-même. J'ai pas su tirer les montées raides, ni me relâcher dans les descentes. Reste pour se consoler que quelques plats au début, ainsi que le confort de savoir que même en difficulté à la fin je tiens un rythme autour des 4min/km, un poil plus rapide que prévu à Frankfurt...

Arrivée 20km de Lausanne, Jean-Claude Besse
Arrivée dans le dur (photo: Nadine)



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20km Lausanne

Objectif: théorie et pratique

Une semaine seulement après Porrentruy, la question est toujours de savoir si l'on a bien récupéré. Le test cette fois-ci est simple: les 20km de Lausanne avec pour objectif 1h08 (en-dessous bien évidemment, même si je me contenterais d'améliorer mon temps de ces deux dernières années de 1h09'09). Pour cela, mon plan en tête est simple: partir pas plus vite que la dernière fois (3'17/km) sur le plat avant Denantou de sorte à être encore frais après le premier passage à la Maladière et pouvoir faire la montée de manière plus correcte. Seulement voilà, ce qui est simple en théorie ne l'est pas forcément en pratique. Laisser des groupes avec des têtes connues partir le long du lac est bien trop difficile lorsque les sensations sont encore excellentes. 3'15 au premier kilomètre et 9'46 au passage du panneau du troisième. J'ai laissé filer François Leboeuf et Antoine Grandjean mais pas beaucoup plus et en plus c'est moi qui mène le groupe de derrière. Les jambes sont bonnes et je n'ai pas l'impression de faire de gros efforts même si je crains un peu de le payer ensuite.

20km Lausanne 2017: Start
Menant le groupe des poursuivants juste après le départ

Ça monte, ça monte

Gros coup de mou dans Denantou. Je ne perds pas vraiment de terrain sur mes compagnons (Épiney, Heiniger ou Oliviera) mais je me suis fait dépassé très rapidement et ai l'impression de souffrire pour simplement tenir les pieds. J'essaie de récupérer un peu de souffle dans l'avenue de Cour et crois pourvoir suivre; les certitudes sont malgré tout loin d'être là et les montées me font désormais peur (et il en reste quelques-unes). Retour vers la place Milan, dur dur comme escompté; simplement aucune force dans les cuisses pour me tirer en haut. Mon groupe explose tandis que je finis par gentiment revenir sur Antoine. Mètre par mètre et en en perdant quelques-uns sur Tivoli à nouveau. Mais les encouragements des supporters qui me connaissent et l'envie de crocher avec lui me permette de garder un semblant de rythme sur la montée. Après un passage en 33'50 au 10km et mon état du moment, l'objectif de 1h08 semble toutefois être très difficile.

20km Lausanne 2017: Daniel
Début de la montée en direction de la cathédrale.

La descente pour me sauver

Si les montées ne me réussissent pas cette année, il me reste toutefois un ou deux points pour me consoler: le rythme au plat me semble facile à tenir (en tout cas au début) et je récupère très vite des efforts de la montée. La descente pourrait-elle par conséquent sauver mon objectif? J'essaie de mon mieux de bien tirer, emmenant sur un bout Antoine et partant ensuite seul vers ma quête. Le chrono au 16e kilomètre me laissera toutefois sceptique et une petite baisse de régime sur les derniers deux kilomètres sonnera le glas. 1h08'16, pas très loin. Pas trop loin. Me tiraille un mélange de déception de ne pas avoir réussi ce qui me semblait clairement faisable et de ne pas savoir pourquoi j'ai eu ces sensations de ne plus savoir monter, mais aussi de satisfaction d'avoir amélioré mon temps sur le parcours et de mieux gérer qu'avant les plats à un bon rythme (qui sont mine de rien dominant sur les triathlons longue distance).



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10km Payerne

Course test traditionnelle

Une fois n'est pas coutume, nous avions décidé de ne participer à aucune compétition cet hiver avec Jean-Claude. Enfin, pour être correct, il faudrait dire que la décision a été en partie conséquence du déroulement de la saison creuse ; pas beaucoup d’envie et un temps de récupération plus long qu’escompté après le marathon de Lucerne, nous ont un peu forcés la main… sans que nous n’ayons véritablement essayé de changer l’ordre des choses. Mais voilà, février est déjà là (ou passé maintenant) et avec lui arrivent les traditionnels 10km de Payerne. Petit test de début de saison, géré avec nettement moins de pression et d’attente ces dernières années comparé aux précédentes. N’en reste pas moins l’envie d’encore et toujours faire baisser ma marque sur la distance (une des rares, si pas unique, courses sur la distance de l’année). Temps à battre : 32’30 d’après mes souvenirs (32’44 en vérité…). Du coup, je fixe l’objectif à 32’00 ; il faut bien que tous ces entraînements avec le TVO et ces kilomètres que j’accumule sur le béton finissent par payer.

PB malgré gestion non-optimale

10km Payerne 2017, Daniel
Passage au premier kilomètre

Le problème souvent avec Payerne est que les séries à vitesse de course manquent encore et il m’est ainsi toujours plus difficile à juger mon rythme aux sensations. Et 2017 ne va pas y échapper. Tranquille, easy, confiant, et vague à l’âme encore quelques minutes avant le départ à blaguer avec Matthieu et David sur qui devrait suivre Fabienne Schlumpf (hint: moi) pour ne pas penser à mon arrière-cuisse gauche qui tire la moindre, je suis paré pour l’erreur du débutant : pan, coup de pistolet (sauf qu’il n’a pas eu lieu mais que tout le monde est parti quand même) et passage au premier kilomètre sans comprendre ce qui s’est passé. 3’00 ou 3’02, je ne sais pas trop au regard de la montre mais c’est rapide. Il m’aurait fallu plutôt me caler dans du 3’10-3’12. Ce que je fais sur les kilomètres suivants avant de me sentir inexorablement baisser de rythme dès le quatrième. Je garde la distance constante avec François Leboeuf, au moins ça, mais au premier passage sur la ligne d’arrivée à 4.5km le speaker en a plus pour Fabienne qui doit me suivre de pas très loin d’après ses commentaires. Encore un bout de pénible pour moi, seul jusqu'au passage du panneau 7km, avant de me faire reprendre par elle et son groupe de coureurs accrochés à ses pieds comme des mouches. Bon, ça joue encore pour le moins dans la tête vu que j’arrive à ne pas prendre ça comme un coup au mental mais comme une occasion de reprendre le bon rythme en me joignant à l’essaim. Deux beaux petits kilomètres s’en suivent et me feront regretter encore maintenant de ne pas avoir fait la course tranquille dans les pieds de Madame depuis le début. Son accélération sur la fin me fera malgré tout perdre contact de quelques mètres et finir 7 secondes derrière en 32’14. PB pour moi (et record suisse féminin explosé pour elle) même si je suis un peu déçu de ma gestion de course qui me laisse penser que 32’00 devrait être faisable. Et même s'il me semble récupérer très vite dans la demi-heure qui suit (« trop vite, j’ai pas assez donné » dirais-je à Matthieu), le coup de mou de l’après-midi et les mollets lors de la série du mardi suivant me rappelleront le contraire.

Au final, et pour les objectifs de cette année, la vitesse est là et c’est bien ça l’important !



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Excellent début sur marathon

Mon récit du marathon de Lucerne, tel que paru dans le tricycle no26 du Rushteam Ecublens:

Jean-Claude, premier marathon de sa vie, réussit une excellente performance au championnat suisse de la discipline à Lucerne. Il nous raconte sa course.

Pendant l’été 2016, encore chargé de compétitions, la tête s’est gentiment tournée vers la planification des objectifs suivants. Cela en partie dû à un clic de souris qui a furieusement fait chauffer la VISA début juillet. L’idée trotte dans l’esprit : un petit marathon avant l’échéance pour se faire une sensation de la distance, ou alors se laisser surprendre le 9 juillet prochain. Et si on se mettait sur Lucerne, avec la chance de pouvoir le préparer avec nos amis du TV Oerlikon avec qui l’on s’entraîne désormais ? Finissons d’abord notre saison à Morat et on verra ensuite…

Ensuite justement, il reste pas tant que ça de temps. Une semaine de pause, et puis on s’inscrit, 5 semaines avant la course. Un plan marathon essoré à son strict minimum, avec toutefois l’intention de comptabiliser sur les acquis de la saison en triathlon. Les discussions vont bon train : - Quel temps estimer ? Dur à dire, jamais couru plus de 25km moi. Mais j’aimerais bien faire 2h40-45.

- Que placer comme longs footings ? Un 30km, et puis ben ça sera tout.

- Est-ce que vais me planter ? J’essaie de tout faire contre mais au moins mieux vaudrait là qu’à Frankfurt.

 

Les séances sur pistes continuent de bon train, avec quelques fois 12km de séries en 3’40 ou moins. Un bon groupe qui prépare ensemble ça aide beaucoup dans le mental. Et puis le tapering de la dernière semaine arrive déjà. La forme est là, les jambes suivent, reste à savoir si elles tiendront la distance. Tout le monde me prédit en forme, moi j’ai encore un peu d’appréhension (de respect ?) devant l’édifice qui m’attend. On tente le régime dissocié, avec peu de sucres en première moitié de semaine, et une charge de pâtes sur les trois derniers jours. Parait que ça a amené Chrigi à Rio. Si je peine sur la première partie, les pâtes il en faut plus de trois jours pour m’en lasser (merci la préparation Porrentruy).

 

Dans le train de bonne heure dimanche matin les discussions sont courtes, l’air un peu électrique, les wagons bondés de leggings, de chaussures de sport, et de gourdes aux liquides fluos. On passe encore aux toilettes, prend le bateau pour aller récupérer nos dossards, dépose nos affaires, passe aux toilettes, trottine cinq petites minutes, et se dirige vers la ligne (y’a pas encore des toilettes de libre ?).

 

Et puis assez vite après les saluts le TV Oerlikon se retrouve à occuper le centre du départ. Une fois les gps trouvés, le coup de pistolet donné, je fixe les pieds à Daniel et Rubén (notre coach, visant 2h36) et prend gentiment le début comme un échauffement. Devant ça part vite, mais on reprend une majorité vers les premiers deux kilomètres. Reste encore un petit groupe détaché ainsi que des gens sur le semi, mais peut m’importe la journée ne fait que commencer. On reprend celle qui sera vainqueur dame, qui demande à un de notre groupe son temps escompté : 2h38, ok, mais elle nous laisse partir.

 

Je bronche pas, on est sûrement un poil vite mais il fallait s’y attendre. Le premier ravito arrive déjà et ça sera pour moi la même stratégie à tous : un verre d’eau de la première table, une gorgée d’iso de la deuxième, rincer la bouche avec de l’eau à la fin. Au kilomètre 4 les petites bosses arrivent. Gentiment les groupes s’étirent, Rubén et Daniel semblent les prendre en douceur et rattraper les gens dans les relances en descente. Ça me convient, je reste dans les pieds.

 

Km 8, enfin ça redevient plat. Un ravito ou ça se bouscule un poil. Je finis par rater deux verres et bloquer la voie à Daniel. Dernière table, dernière chance : deux verres d’eau, un pour lui un pour moi. Tip top comme les Kényans. Et puis plus rien à signaler, si ce n’est, comme je dirai à Daniel en réponse à son “36 minutes” : “Déjà 10km, pas remarqué. Une cloque au pied droit mais sinon tout va bien.” Rubén admire le paysage et fait des remarques sur le groupe de devant contenant les médailles. Je reprends les rennes lorsque notre groupe ralentit un peu, mange ma pâte de fruits juste avant le 3e ravito (ouh un peu solide, j’aurai pu tester mieux avant). Premier tiers parfait.

 

Je tire désormais depuis un petit moment le retour sur Lucerne, sans regarder la montre on a peut-être gagné un petit peu en vitesse (au fait non juste maintenu). Surtout ne pas forcer avant la moitié : “le marathon est une course de 10km avec 20mi en échauffement” m’a-t-on prévenu. Enfin je réalise combien on est à l’avant : le speaker nous annonce dans les 10, puis lorsque les coureurs du semi nous quittent et les duos passent le relai, ça devient plus clair pour le speaker. Positions 3, 4, 5 et 6 pour les coureurs du TVO (!). Passage au semi en 1h16 et des poussières, Daniel hausse le ton et on lâche Rubén.

Je ferais pas long non plus sous l’impulsion de Daniel. Juste le temps de manger un gel, prendre un ravito et traverser la région de la gare. Derrière c’est l’entrée du combat mental : km 23, les cloques resurgissent, chaque pas devient un peu plus lourds, et on devient subitement seul face au parcours. Parcours qui d’ailleurs me semble devenir plus vallonné. Je suis pas passé par là moi, ça montait pas autant ! Prendre son mal en patience, ça monte et descend du km 25 à 29 environ, ça permet aussi de varier un peu le rythme et changer les idées. Quel plaisir de voir ici et là une guggen, une connaissance du TV, une sono, ou ne serait-ce que des gens avec des cloches dans leur jardin. La moto télé me suit aussi quelques kilomètres, avant de foncer rejoindre Daniel devant.

Une fois passé le panneau du 30e, je suis dans la course cette fois-ci. Daniel est de moins en moins en point de mire, et les cuisses deviennent dures, mais peu importe. Depuis ce moment j’ai le droit de me faire mal, et pas besoin de forcer beaucoup ! Ne pas oublier le 3e gel, continuer le régime eau/iso/eau et ça passera. On rattrape pas mal de monde à leur premier tour (ou au semi). J’ai les pieds en sangs, mais ça fait pas plus mal que les muscles donc pas bien grave. Je me remémore le premier tour où tout était si facile, maintenant chaque foulée semble demander un effort surhumain. Peu m’importe la montre, le chrono sera excellent. Je plisse les yeux quelques secondes, me dis que si j’ai fait tout ça, autant le finir comme il faut.

 

Les derniers kilomètres seront les plus durs. Il faut commencer à zigzaguer entre les coureurs doublés, et honnêtement l’énergie manque pour les pas de côtés. Je visualise la ligne qui s’approche, compte les hectomètres, regarde 4 fois ma montre entre le kilomètre 40 et 41. Je sais plus si c’est parce que mentalement je n’arrive pas à estimer le temps qu’il me reste, ou si c’est parce que les mètres n’avancent pas. Un peu étourdi je tape encore dans quelqu’un qui coupe devant moi au ravito, me reconcentre et rejoins la dernière ligne droite, en tapant au passage dans les main d’Hervé (qui s’entraîne avec nous mais à dû abandonné sur blessure) et de Dani (ami du triathlon qui avait couru sur le semi). Quel bonheur ! Sur le tapis rouge, je me regarde sur l’écran, peine à réaliser, marche les deux derniers mètres, stoppe la garmin à 2h37.42, puis me couche par terre en face de Daniel.

 

Lui a encore réussi à chipper la 3e place sur le final. Il me lance un gourde iso traînant dans le coin. J’enlève mes chaussures et perce mes cloques en sang avec une imperdable du dossard. Lorsque je reprends mes esprits je me redresse, bois, et observe les photographes et caméras entourant le podium et la première dame donnant un interview (j’apprendrais plus tard qu’elle était bien 3 minutes derrière moi, j’ai manqué son arrivée ainsi que comment elle s’y trouve si fraîche). Je reçois alors le petit mot disant : “wahrscheinlich haben Sie eine Medaille gewonnen”, et confirme ma nationalité suisse au responsable de Swiss Athletics. Même si au final non je suis 5e (comment on peut se planter comme ça ?).

 

Reste 50min avant les podiums, mais j’ai l’impression que j’arriverais pas à faire l’aller-retour jusqu’aux vestiaires à 1km. J’enfile alors mon training qui traîne au pied du départ, et me pose avec Daniel par terre dans le musée des transports, grelottant et regardant dans le vide à travers tant d’agitation. Après une bonne demi-heure je retrouve tout mes esprits, et peut gentiment refaire la course avec les autres du club (“brutal” sera mon premier commentaire), tout en attendant notre podium de champions suisses par équipes, celui de Daniel 3e overall, ainsi qu’en guettant attentivement l’app Datasport pour les résultats de Lausanne.

 

Un grand merci à tous ceux qui ont envoyés des messages avant/pendant/après, suivi sur place ou de loin, donnés des conseils avant ou à l’entraînement, aidés à me mettre dans le juste tempo. A peine au-dessus de 1h20 le deuxième semi, seulement deux kilomètres en >4min/km (27 et 29e, les deux en dénivellé positif), et un temps atteignant le meilleur de mes espérances. De bon présage pour la suite !



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3e overall en 2h35’48 pour un premier marathon

Prendre la 3e place aux championnats suisses de marathon en finissant en moins de 2h36… et tout a avec une préparation non-conventionnelle. On me l’aurait dit que je n’y aurais probablement pas cru ; mais comment en sommes-nous arrivés là ?

Un marathon ? Mais quelle idée

Pour cela, retour en arrière de 7 à 8 semaines. En fin de saison, je lance l’idée à Jean-Claude, mi-rigolant, mais mi-rigolant seulement, de faire un marathon en fin de saison pour « voir ce que ça représente » avant d’avoir à le faire en fin d’ironman l’été prochain. Avec le dernier triathlon à faire encore à Morat pour clôturer la saison, la conversation en reste là. Et elle restera par ailleurs encore à un statut quo pendant les semaines suivantes où l’on repousse la décision sous l’excuse qu’il nous faut du repos pour sentir la forme et voir ce que l’on veut faire. Nous sommes alors en période de décharge pour reposer les corps mis à rudes épreuves l’été durant ; mais si l’on a complétement arrêté de nager ou rouler, on continue d’accompagner les Ruben et Sam sur les longues séries sur stades les mardis soirs avec le TV Oerlikon. On se le cache encore à ce moment-là mais il fait peu de doutes que le marathon va se faire et aura lieu à Lucerne où vont plusieurs de notre club d’adoption ici à Zurich.

Une semaine, puis deux semaines passent ainsi. Jean-Claude force alors la décision au dernier jour de septembre alors même que je me plains d’une petite douleur au genou (essuie-glace) et suis hésitant. Si on n’est pas toujours en phase avec les sensations, on aime quand même bien faire les choses ensemble et c’est certainement quelque chose qui nous aide aussi. Bref, nous voilà tous deux inscrits et à faire même des jaloux deux jours après en courant le long de la Mèbre avec Matthieu et David. 17km d’un footing qui en avait paru plus et qui m’a donné envie de nager à l’initiation de swimrun du Rushteam l’après-midi à la Vallée de Joux mais plus de courir. Quoi le marathon ce sera plus long ?

Que peut-on bien vouloir viser?

Avec le TV Oerlikon, les séries s’enchainent sans soucis sur la piste. Ruben donne le rythme très régulier ; Jean-Claude et moi sommes parfois sages, parfois jeunes d’esprit (comprenez un peu moins sages), mais essayons de rester le plus possible dans la première catégorie. Le suivre semble d’abord irréaliste, lui qui annonce un objectif en 2h38, perdant à ses dires quelques minutes sur un parcours pas si facile que cela. Exercices de calcul mental : pour un ironman sous les 9h, il faudrait un marathon en 3h-3h10, prenons un peu de marge parce que c’est plus facile de partir frais, donc il faudrait un sub-4:00/km pour faire 2h48 et un ~3:45/km pour un 2h40. Ouais, bref, j’ai aucune idée de ce que ça va donner : 2h40 ce serait top, 2h45 ou sous les 4:00/km déjà pas mal et sinon il y aura toujours l’expérience de gagnée. On est pas plus renseignés.

Le vendredi 7 octobre a lieu le traditionnel Bahn Challenge du TV Oerlikon. 4x250m, 3x500m, 2x750m, et 1x1000m, dans un ordre aléatoire et connu uniquement par le chef de la cloche qui sonne le glas un demi-tour (ou 125m sur la petite piste utilisée pour l’occasion) avant l’arrivée. Des points sont donnés ensuite par ordre d’arrivée et une nouvelle course est lancée 5’ après l’arrivée de la précédente. Concept intéressant, qui demande beaucoup au niveau du souffle si l’on veut jouer toutes les courses à fond (alors que d’autres tente le pocker en s’économisant parfois pour pouvoir essayer de gagner les suivantes). Au final, je remarque que j’ai beaucoup de peine à partir en sprint notamment comparé à Jean-Claude qui a lui réussi à remporter le général de l’épreuve et deux courses individuelles. Bon, c’est bien beau tout ça mais ne nous faisons pas avoir, c’est de l’endurance qu’il nous faut pour un marathon. Ni une ni deux, départ le lendemain matin pour un tour de l’aéroport de Kloten ; 30km, soit notre plus long footing jamais fait (mais pas pour longtemps comme je m’amuse à le mentionner sur strava). Jean-Claude part comme une fleur tandis que je me plains un peu. Ensuite c’est moi qui reprends le dessus en lui racontant les histoires des marches de l’école de recrue. Puis finalement c’est à nouveau à moi de serrer les dents avec le genou qui s’est malheureusement réveillé sur la fin.

Essayer le tapering

Zut, zut et encore zut. Cette fois ça ne passe pas si vite que la première. Me suis probablement fait avoir à croire que j’avais réduit les demandes sur mes articulation en diminuant le volume, mais voilà que je ne l’ai fait qu’en natation et vélo mais pas en course où le risque de blessures reste malgré tout le plus élevé. Pas beaucoup d’autre choix que de ne pas courir pendant 5 jours. A 3 semaines du marathon et avec l’impression d’avoir déjà une préparation légère… faudra faire avec. Retour donc le vendredi suivant à l’entraînement pour 2x5km. Frais, reposé, Jean-Claude se plaindra que ce soit une des fois où j’ai été le moins sage, mais moi j’ai retrouvé le sourire (et la glace, le compex et le rouleau de massage pour être sûr de ne pas retomber trop vite évidemment). Au moins ça rassure que frais comme on le sera au départ du marathon, les sensations peuvent être bonne. Deuxième (et dernier) long entraînement le dimanche qui suit avec un 25km dont 20’ sur la fin en moins de 3:40/km. Le genou a tenu plus ou moins bien. De toute façon maintenant la tête est convaincue qu’un marathon ne peut pas être plus dur qu’un semi-ironman : 21km où les sensations doivent être easy mais qui génèrent de la pré-fatigue suivis de 21km de course à un rythme désagréable mais pas effréné. Parfait, on a même un plan de course !

Se tenir au plan…

C’est l’ordre du coach Ruben. Rien ne sert de partir plus vite que lui (et de toute façon son entraînement de 36km en 3:55/km de moyenne m’a un peu refroidi). Le rythme il suffit de le tenir comme on l’a fait le mardi (4x3km) et vendredi (2x15’) de la semaine précédant la course, ainsi que le mardi 5 jours avant (2x3km) et tout ira bien. Bon il y a quelques détails de nourriture à régler : 1) il est fan du régime dissocié pour le carbo-loading mais il nous faut l’aval de Cendrine au cyclisme sur piste la semaine d’avant pour essayer une version modérée de celui-ci ; 2) comment prendre les gels pendant la course ? Et que prendre exactement ?

Mais si la course ne tient plus qu’à ça, ça veut dire que les jambes sont prêtes et les potentielles surprises n’ont pas réussi à faire gagner l’angoisse.

20km easy

Peloton TV Oerlikon au premier tour du marathonJean-Claude, Ruben et moi groupés au premier tour du marathon.

Le plan commence donc par 20km easy. Presque pas d’échauffement du coup si ce n’est revenir du vestiaire en trottant jusqu’à la ligne de départ pour retrouver Ruben et ceux du semi qui partent en même temps. Ensuite commence la partie d’attente et d’économie. Malgré les sensations de souplesse, le premier kilomètre est passé en 3’35, soit déjà 5-10s plus rapide que prévu. Mais rester caché dans les pieds de Ruben est un art que je finis par maîtriser, et c’est si facile de suivre ce rythme que ni moi ni Jean-Claude ne bougeons d’une oreille. Les kilomètres défilent et les ravitaillements aussi. Prendre à boire à chacun d’entre eux est presque un effort que je vois alors superflu, le faisant uniquement en pensant au deuxième tour. 5km, puis 10km, le rythme est donné maintenant et nous nous permettons dorénavant de passer parfois devant donner quelques relais. Quand arrive le ravitaillement, Jean-Claude remarque que je suis coincé pour prendre un verre et m’en tend un en en prenant un deuxième. En lui disant merci, je lui fais la remarque que l’on est passé en 36’ au 10km sans le voir passer. Je remarque n’avoir si bien dit qu’en le voyant jeter un coup d’œil étonné à la montre, il avait raté le panneau. Juste plus loin c’est Ruben qui me dit quelque chose à propos du groupe de devant, un type aurait couru en 2h30 déjà et la médaille suisse s’y jouerait probablement. Je me contente d’un « Ja ? Ja ! », partiellement parce que je n’ai pas tout vraiment compris, partiellement parce que ça m’étonne un peu qu’on ne les rejoigne (et je suis pas là pour la médaille), et surtout parce que je n’ai pas vraiment envie de causer.

Du kilomètre 14 au kilomètre 20, c’est Jean-Claude qui prend les devants. Le rythme est constant et régulier. Les sensations ne sont plus autant à la ballade qu’avant mais ça va malgré tout très bien. La petite pâte de fruit du kilomètre 13 est bien passée et les panneaux continuent de défiler plus vite que je ne regarde la montre.

Élan d’orgueil

Daniel au 2e tour
Parti seul sur le deuxième tour. Jean-Claude n'est pas loin derrière.

Au retour sur cette grande route en ligne droite, c’est alors à mon tour de prendre les devants. Si ne pas ralentir est mon idée à ce moment-là, je remarque bien vite que niveau effort, j’ai forcé un peu là où nos compagnons ne faisaient que de sentir l’avoine pour leur fin de semi-marathon. Ruben a laissé quelques dizaines de mètres d’écart au demi-tour et seul Jean-Claude et moi faisons le virage ensembles. Zou, d’un coup tous loin vers l’arrivée et le speaker qui nous annonce 4e et 5e du marathon, l’homme juste devant nous est en effet un duo et passe le relai à sa compatriote pour le deuxième tour. Olé, je ne pensais certainement pas être aussi bien devant. Je continue l’effort, avale un demi gel Winforce au prochain ravitaillement et pars sur ma lancée. Premier tour en 1h16’20 et j’ai encore des forces, que demande le peuple ?

Peut-être un peu de modestie par fois. Si les kilomètres 20 à 28 se sont bien enchaînés comme les précédents, je commence à sentir la fatigue. La petite partie vallonnée n’est alors pas là pour aider même si elle ne me semble pas être à mon désavantage. J’ai souvent Philippe Arnold en point de mire (aussi dans notre équipe du TV Oerlikon pour le classement par club) mais revenir sur lui demande beaucoup d’efforts et de patience. 30e kilomètre, ouch c’est dur ; pas de gros mur mais la foulée n’est plus aussi aérienne. Go ! Go ! dritte Platz grad vorne ! entends-je de toutes parts, parfois suivi de ziehe Mal, parce que tu crois que je fais quoi ? Allez on dépasse de plus en plus de monde à qui on a déjà pris un tour (sur marathon a fait réfléchir quand même). Un dernier gel pour la route au 36e et regarder les mètres de retard sur Philippe gentiment diminuer. Il me faudra tout de même jusqu’au 39e pour revenir à sa hauteur. Un petit mot d’encouragement en passant, reçu en retour de sa part également et ne plus regarder que devant ensuite. Sur la grande route, c’est désormais une foule que l’on dédouble et le vélo qui précédait Philippe comme 3e overall préfère même se retirer ne sachant plus où passer. Le speaker m’annonce arriver, avant Philippe et Jean-Claude, tous Suisses, tous du TV Oerlikon, ah qu’il semble apprécier. Pour moi ça veut surtout dire qu’ils ne sont pas loin. Plus que deux kilomètres, allez j’ai encore quelque chose à donner. La montre me dira par la suite que j’ai réussi à refaire passer la moyenne en 3:35/km sur les deux derniers kilomètres (alors qu’elle était montée vers 3:50-3:55/km au plus lent). Heureusement la ligne est là, parce que mes jambes ne me tiennent plus.

Wow, ouch, youpie... ou tout d’un coup

Podium marathon Lucerne
Podium overall (et des championnats suisses)

Avec Jean-Claude nous sommes les deux seuls assis, voire couchés, après l’arrivée à enlever les chaussures pour admirer nos nouvelles cloques et trembler sans savoir comment se tenir. Pendant ce temps, le premier homme et la première femme donnent les interviews comme de vrais pros. Nous nous contentons de notre côté de ramasser une gourde des mains de Viktor Röthlin et regagner avec grand peine le chaud de l’intérieur. Les conditions ont été optimales pour une course qui s’est bien déroulée de bout en bout. Mais maintenant les muscles des jambes souffrent, il fait froid, et le genou se réveille dès l’effort arrêté. Même le training que nous sommes allés récupérer dehors n’aide pas. Je ne sais pas combien de temps s’est passé où nous sommes restés là assis à trembler contre le mur intérieur de la Verkehrshaus, mais nos collègues ont eu le temps d’aller au vestiaire et revenir que nous nous levons à peine pour les podiums, « les lèvres bleues » aux dires des supporters qui nous demandent à plusieurs fois s’ils peuvent nous aider. Merci, le temps fera l’affaire dois-je même répondre à une dame qui s’inquiète pour moi. Faire un marathon c’est dur car c’est être proche de ses limites pendant une longue durée m’avait-on prévenu. Et bien là les jambes étaient à leurs limites (pire qu’au premier semi à Troyes ? pas sûr non plus…). Mais pour 2h35’48, une 3e place overall (et 3e des championnats suisses) et une victoire par club, ça valait entièrement la peine ! Tout ça réussi grâce à la bonne préparation avec toute la saison de triathlon et à mon avis également grâce à toute l'inertie de groupe du TV Oerlikon avec un niveau très dense autours de nos temps de course. 



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Seelandtriathlon

Circuit déjà gagné

Ayant le circuit déjà gagné avec le maximum de points suite à mes victoires sur olympiques à Zug, Nyon, Lausanne et Uster, c’est sans pression que je me rends à Morat pour un dernier triathlon cette saison. Malheureusement le temps pluvieux et venteux du matin m’enlève un peu de motivation en me levant et me préparant pour la course et, comme le rappel swisstriathlon depuis quelques semaines dans ces news, j’ai tout gagné jusqu’à maintenant mais la concurrence se voudra plus rude cette fois-ci.

Bonne natation sans faire de grosse différence

Sur la partie natation tout d’abord, je m’attends à devoir m’accrocher à Reiny Brown qui m’avait mis plus d’une minute à Uster sur les 1500m sans néoprène. Parti pas loin de lui à sa gauche, je force sans trop regarder devant au départ pour le suivre. Mais voilà, je me retrouve devant et lève alors la tête. Voyant plus de buée que de bouée je me décide à rejoindre un autre groupe qui nage sur ma gauche à une bonne vitesse. Je me retrouve ainsi sur la droite de Julien Coudert à la hauteur de ses hanches avec quelqu’un dans mes pieds (probablement Reiny). Pour l’instant je me cale sur le rythme mais finis par me retrouver d’un coup devant lorsque mon acolyte s’arrête après s’être pris une vague le bord du kayak, que sais-je. Au passage de la première bouée, les mouvements du lac se font alors ressentir. Les vagues que venaient de l’arrière-gauche sont maintenant de plein face et les efforts se font plus importants.  Je nage alors pour moi comme sur tout le retour où les autres n’ont pas suivi exactement la même trajectoire. Sur la toute fin, je me fais dépasser par la gauche et finis dans les pieds de Coudert sur la rampe de sortie.

Pas un rouleur après tout ?

Transition rapide, éviter la glissade de justesse en montant sur le vélo, et essuyer la buée sur la visière ; c’est bon je suis en tête sur le vélo et tout va bien. Je me cale vers 320W (au compteur, sachant qu’il surestime un peu avec mon pédalier ovale, mais de toute façon ce n’est pas le chiffre absolu qui m’intéresse, plus rester constant) et si c’est rapide je dois au début plutôt faire des efforts pour ne pas exagérer comme l’année passée (où j’avais pété ensuite en course). Il souffle pas mal effectivement et j’ai peur de me faire rattraper par les rouleurs, mais pour l’instant je me sens bien. L’instant fatidique arrive à 10km déjà. Je n’avais pas fait beaucoup d’écart en natation et Philipp Koutny me passe alors comme un avion sur le plat juste avant la première montée du Vully. Faut-il tirer pour le suivre ? Petit coup d’œil en bas, 340W, reste calme, ça ira. La mauvaise vision est vite passée… mince c’est mauvais signe ! Peu après la descente, c’est au tour d’Adrian Haller de me passer lui aussi. La différence est moins flagrante là, mais à forcer derrière lui pour le garder à vue je passe la deuxième montée un peu dans le rouge et dois le laisser lui aussi fuir sur le retour. Bon, au moins j’ai tenu bien mieux que l’année dernière derrière lui. Maintenant, il faut juste espérer que je puisse tenir. Pourtant, ça commence déjà à venir dur avant le rond-point pour repartir sur le deuxième tour. Les écarts estimés au compteur sont importants (facile 3’ pour Koutny et 1’ pour Haller), et malheureusement uniquement devant mais pas derrière où un groupe semble se rapprocher dangereusement.

Les doutes se confirme et si je me « retenais » pour 320W sur les premiers kilomètres, passer les 300W est un effort sur la même partie dans ce second tour. Je tiens malgré tout jusqu’à la première montée avant de me faire rejoindre par le groupe et suis alors relativement facilement les autres pour les garder à distance. Je me mets relativement proche mais de manière correcte me semble-t-il, même si après la deuxième descente un autre concurrent me tape sur la fesse en passant en me traitant de tricheur qui ne doit pas savoir ce que 10m représente. Cet intermède me laisse perplexe et je navigue alors comme je peux dans le groupe un peu perturbé jusqu’à l’arrivée (et avec des watts nettement plus bas qu’avant en ayant l’impression d’être tiré/bloqué par le groupe plutôt que choisir mon rythme ; c’est de ça que se plaignent les pros sur ironman ?).

Assurer la course

2016 Seelandtriathlon Daniel cap
Départ course à pied (photo Swisstriathlon)

Ma foi, si cette fin de vélo s’est trouvée être un peu spéciale, il me faut maintenant courir vite ; et ça j’ai prouvé dernièrement que je sais le faire. Transition éclair, je pense être 4e (mais suis en fait 3e), et je m’élance en un rythme rapide pour scier les jambes et le moral des autres. Mes mollets se réveillent alors subitement ; veulent-ils me suggérer que la séance sur piste de mardi était un peu rapide ? Probablement, et ils ont peut-être même raison, mais la question ne doit pas être posée à ce moment ; on court et c’est tout. Au coup d’œil à la montre, je cours aux alentours de 3’45/km, en forme c’est faisable de tenir, sinon vaut mieux caler après que les écarts soient faits, dans les deux cas il faut donc continuer. Après 4km, je ralentis un poil le rythme (peur de la déconvenue du 5e km de l’année passée) et laisse alors revenir celui que j’entends derrière moi. Il lui faut un petit moment mais il me rejoint finalement et prend alors un relai de pace-maker que je ne lâcherai plus jusqu’à l’arrivée. Les seuls fois où je suis passé devant doivent se compter sur les doigts d’une main : les ravitaillements où je ne ralentis pas alors que lui le fait pour boire, et une autre fois vers 17km lorsqu’il a légèrement laissé tomber le rythme. Ma stratégie est donc clair, tenir, tenir, tenir et si possible prendre le sprint à la fin. Ce que j’ai réussi à faire.

Content du résultat et de 2016

Si on compare avec l’année passée, j’ai fait exactement le même temps à vélo (alors qu’Haller et Samuel Jud, 1er et 2e en 2015, on les deux mis 1-2 minutes de plus) et est pourtant réussi à faire une excellente course avec 1h15 pour 20km contre 1h26 en 2015 où les 5 premiers kilomètres m’avaient fait exploser. En conséquence, et même si c’est le premier triathlon que je n’ai pas gagné cette saison, je suis content de ma course et ne pense pas que les deux premières places auraient été accessibles par une meilleure gestion. Mes remords seront aussi effacés par mon compagnon en course qui m’a confirmé m’avoir suivi longtemps à vélo et n’avait pas l’impression que je roulais plus proche que le groupe qui nous a rattrapé.

2016 Seelandtriathlon podium
Podium

Sur ce, se conclut pour Jean-Claude et moi la saison 2016. Une belle saison où notre niveau course à pied s’est clairement amélioré. Jean-Claude a eu quelques problèmes de confiance en fin d’année (conséquence, en tout cas en partie, de la chute à Uster) mais a aussi bien couru à Morat. Pour titiller les tous meilleurs, ne nous reste donc plus qu’à faire un même saut à vélo… J’ai ouï dire qu’au Rushteam « yapluka » était la solution miracle.

2 commentaires
Top ! Comme à chaque fois, c'est un plaisir de vous lire.
Félicitations pour votre incroyable saison à tous les deux et tous ces beaux podiums. Ça promet de très belles choses sur la distance supérieure l'année prochaine !!!
Une première sous les 9 heures ? Une double qualif' pour Hawaï ? C'est tout ce que je vous souhaite à tous les deux !
Sportivement,
Simon

par Simon le 22-09-2016 à 09:30
Merci.
Sous les 9h c'est effectivement l'objectif qu'on a officiellement annoncé. Pour l'instant, ça peut dépendre encore de beaucoup de choses mais ça fait un joli défi...

par Daniel le 22-09-2016 à 09:45


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Des résultats divergeant à Uster

Si Daniel a pu confirmer sa belle lancée avec une victoire de plus, il en est allé un peu différemment pour ma part, avec une course partie en vrille au 30e km...

Mais avant cela, faut préciser qu'Uster était une course à départ par intervalle en contre-la-montre, quatre personnes à la fois toutes les dix secondes. Les sensations à l'échauffement sont mitigées, avec une prépa pour Nyon super bien réussie mais derrière des traces de fatigue ressentie à Lausanne et déjà en trottinant le long du Greifensee. Il fait chaud, peu de vent, pas un nuage. L'eau est à 25 degrés, ce sera pour une fois sans néoprène. Je propose à Daniel de partir assez devant, pour éviter des bouchons. Sur le ponton les gens nous demande de passer devant en nous reconnaissant plus ou moins. On se retrouve à partir dans la deuxième vague, avec un autre excellent nageur.

Départ, descente d'escaliers jusqu'à l'eau et premiers coups de bras. Très vite on reprend les 4 partis devant et c'est à notre tour de faire la trace parmi les bateaux ammarrés (décidemment Uster n'arrivera jamais à les déplacer juste pour un jour de course). Ensuite Reiny Brown, parti avec nous, me dépasse et d'une traîte rejoint puis dépose Daniel ! Il avance vite.

Moi je me sens moyennement bien, ça glisse mais manque peut-être un peu de cadence. Je me ferais reprendre par Guillaume Wicht sur la fin du premier tour. Sortie à l'Australienne et replongeon pour un deuxième tour (si c'est sympa lors d'un normal ça fait bizarre avec des départs échelonnés où des gens partent alors qu'on attaque le deuxième tour).

Sortie de l'eau, transition et départ vélo en 4e position (enfin c'est mon impression mais à nouveau en contre-la-montre c'est impossible à dire). Si je pars fort, Guillaume devant me distance tout de même, et Daniel et Reiny sont hors de vue. Un peu dur à assumer, mais il me semble bien tirer et la moyenne à plus de 40km/h est bien là. Au passage au début du deuxième tour un autre me reprend, je suis parfois un peu coincé par des voitures. Je préférais le parcours précédent pour être honnête, avec une montée sur Forch qui laissait plus la place pour faire des écarts que deux tours 100% plats et assez bondés de vélos et voitures. M'enfin reste plus qu'à tirer jusqu'au km 35 et se préparer pour une course rapide je me dis.

Seulement voilà, en entrant dans Fällanden, 30.1km au compteur, je suis en train de dépasser lorsqu'un concurrent fait un écart. Et puis tout se passe très vite, pas vraiment le temps de réaliser que je me vois coincé entre une voiture en face et le vélo à ma droite, tape un trou dans la route, tombe en avant avec le ventre sur le guidon, et avant de me rendre compte de quoi que ce soit je suis à faire un roulé-boulé sur la route. De 41.8km/h à zéro en une fraction de seconde.

Je reprends mon vélo, un concurrent m'apporte ma visière du casque qui s'est détachée, je me tire de côté, une dame en voiture me demande si ça va. Oui je crois tout va bien. Reste à vérifier si le vélo tourne et repartir. Enfin presque: des samaritains d'une fête du village débarquent et insistent pour désinfecter puis bander mes plaies sur le dos et la hanche. Puis c'est au tour d'une moto d'arbitre d'arriver et demander de vérifier que je soit conscient, capable de suivre les doigts avec les yeux, etc. Moi j'ai la tête un peu ailleurs, à essayer de comprendre ce qui s'est passé. Me semble que le nombre de vélos diminuent quand enfin ils me laissent repartir. Je suis entourés de femmes parties vingt minutes après (mais ce dont je me doutais pas alors avec un tour en moins que moi), et je finis à leur rythme en pensant à courir pour changer mes idées.

Départ rapide, un peu frustré surement, et après un petit kilomètre je me rends compte que leur bandage compressif autour de la poitrine va pas me simplifier la tâche: impossible de respirer par cette chaleur. Tant pis, ça sera mon footing décompressif. De quoi voir Daniel reprendre la tête à Guillaume dans un dernier kilomètre de folie (3'15), pour aller assurer la victoire au circuit avec le maximum de 7000pts ! Moi il me reste 5km, à dépasser en continu, avant de rejoindre la ligne.

Daniel, Stefano (collègue du TV Oerlikon) et Jean-Claude à l'arrivée

Petit à petit les douleurs remontent ensuite, avec la peau du dos râpé qui tire, un hanche gauche meurtrie et quelques courbatures dues au choc. Rien de trop grave, ça ira mieux la prochaine fois.

Une victoire de plus pour Daniel, décidemment inarrêtable en 2016



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Magnifique doublé au tri de Lausanne!

2016 est pour l'instant une saison presque parfaite pour moi. Les victoires s'enchaînent sur tous les triathlons de cette saison et ma préparation de chacun est bien gérée et sans blessure. Si Jean-Claude n'aura cessé de me baratiner tout l'hiver que nous ne nageons pas assez et perdons du terrain sur cette discipline, j'ai bien l'impression que mes retours à lui dire que nos progrès à vélo et en course à pied seraient plus bénéfique sur le résultat final ne se vérifient. Mes victoires sur circuit à Zug et à Nyon avaient démontré cette capacité actuelle, avec l'entraînement pour la longue distance à mon avis, à ne plus subir la distance olympique mais pouvoir attaquer celle-ci de bout en bout. Malgré tout, il aura fallu attendre Lausanne pour obtenir ce dont j'avais rêvé après ces courses: un doublé sur un olympique du circuit!

Personne de présent

A lire l'article sur le site de swisstriathlon la veille, il semblerait que personne ne soit présent sur la distance olympique. Les pros sont de toute façon à Rio ou ailleurs et les jeunes sont sur les championnats suisses du samedi soir. A nous donc de faire la course et prouver le contraire. Les préparatifs sont légers pour moi, rentré de cours de répét le samedi soir realitvement tard. Mais après une bonne nuit de sommeil, je me sens prêt à attaquer les fameuses montées de Lausanne, et avec le contre-la-montre cette année, comme quoi nous sommes enfin prêt mentalement également.

Au départ, nous sommes tout proche avec Jean-Claude, mais aussi David et Leandro. Pan! grosse poussée sur le ponton, j'ai déjà de l'eau plein les lunettes, zut! Bref, Jean-Claude est à ma droite plus ou moins et je nage dans ce qui me semble être une ligne droite mais sans lever la tête pour l'instant. Le courant me porte toutefois contre la berge et je passe par conséquence du côté gauche des bouées indicatrices de l'aller alors que la ligne droite voudrait les contourner par la droite. Je suis seul et nage pour moi, en me demandant toutefois si le bateau tout à droite suit quelqu'un qui a mieux géré que moi la trajectoire ou s'il est là pour moi de loin. Bref, je continue sur ce qui semble être un bon rythme mais des zigs-zags car chaque fois que je lève la tête la bouée est trop à droite. Je sais en y arrivant être le premier malgré tout. Le retour est plus difficile avec le courant de face cette fois-ci et des vagues un peu cassantes. Je regarde plus souvent devant pour ne pas refaire les erreurs de l'aller et pense déjà au vélo.

Tenir la tête à vélo

A la transition, j'ôte ma combinaison avec un peu de peine quand on m'annonce 50 secondes d'avance sur le duo Jean-Claude - Leandro. En poussant mon vélo je remarque que la chaussure gauche sur laquelle je m'appuie d'habitude pour monter n'est plus tenue par son élastique (Estelle me dira après que je l'ai faite tomber avec ma néoprène) et suis donc un peu perturbé pour ma montée que je fais à l'arrêt en deux-temps... oups, et tout ça sous l'oeil de la moto-caméra. Bref, c'est pas grave, maintenant il suffit d'appuyer sur les pédales. Le premier tour est en plus si agréable avec la moto ouvreuse et personne sur la route pour boucher le chemin. Je ne regarde pas trop le chrono ou les watts, si ce n'est pour me forcer à tirer l'avenue de Provence en faux-plat descendant. Au deuxième tour je commence à dépasser du monde et à partir du troisième je fais cela avec un autre concurrent qui a le même rythme que moi jusqu'à la fin. Je le passe dans la montée, soit l'avenue d'Ouchy soit Marc-Dufour, et il me reprend soit à l'avenue de Provence soit à la Vallée de la Jeunesse et fait le plat devant Bellerive devant. Mon avance est constante à entendre dire les spectateurs au bord du parcours, même si tous ne semble pas être tout à fait d'accord.

Tri Lausanne 2016 - Daniel à vélo
Premier tour à vélo, encore seul sur le parcours.

Gérer la course

Tri Lausanne 2016 - Daniel à course à pied
Course à pied en tâchant de rester relâché.

Un petit gel dans la descente de Denantou, et une dernière ligne droite face au vent sur les quais et la course à pied est déjà là. Ouch, les cuisses sont dures sur les premiers hectomètres. Les montées en danseuse se font quand même sentir. Pas le temps de réfléchir toutefois, il faut prendre un bon rythme et le tenir; il devrait y avoir de la marge pour gérer si je cours à mon rythme. Au demi-tour, je vois Leandro et Jean-Claude, mon avance est relativement importante mais je ne saurais la juger à l'oeil. Garde ton rythme et cours, me dis-je. Le détour sur la place de la navigation est plus long que d'habitude, Lausanne aurait-il enfin 10km pour de vrai? C'est ce qu'il semble au passage du premier tour: 2.5km à la montre, 1'45 sur Leandro et 2'09 sur Jean-Claude à l'autre bout selon le speaker, sans soucis c'est joué pour moi. Je conserve donc mon rythme et les cuisses se sont relâchées gentiment. Il me semble même être plus relax mais je n'ai pas envie d'accélérer, ce serait tenté le diable. Ainsi les tours s'enchaînent et je vois à chaque demi-tours de Bellerive mon avance gentiment augmenter et Jean-Claude revenir puis dépasser Leandro.

Et profiter

Tri Lausanne 2016 - Finish avec Jean-Claude
Passer la ligne une deuxième fois avec Jean-Claude, quel plaisir!

A l'arrivée je suis fou de joie. Quand l'année passée, je souffrais pour un 36'20 sur un parcours un poil plus court, cette année je me sens bien après un 34'30, qui, sans être "facile", ne semble pas avoir épuisé toutes mes réserves. Mais des fois, c'est mieux comme ça; les compétitions avec les meilleurs chrono sont celles qui ont été gérées et pas celles où l'on est parti vite pour exploser ensuite. Bref, pas le temps de penser à cela, je tombe dans les bras de maman et Nadine sur la barrière et refais encore une fois la ligne lorsque Jean-Claude arrive. Je suis aux anges!

Et quel plaisir aussi tous ces mots et messages aussi bien pendant qu'après la course de ces gens qu'on connaît du triathlon ou d'ailleurs pour nous féliciter. Mention aussi pour Vincent Péclet, journaliste au 24heures, qui a pensé à cet article qu'il avait fait sur nous il y a tout juste dix ans... le temps passe vite, mais que de bons souvenirs sur toutes ces années de triathlon!

Tri Lausanne 2016 - podium
Podium avec Leandro.
1 commentaire
bravo d'avoir pensé à cet article dans 24h, ça fait plaisir.
par PA le 22-08-2016 à 17:49


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