Daniel & Jean-Claude Besse

Natation Vélo Course

SOLA Stafette

Samedi 02 mai 2019, 8h00. Le départ de la 46e édition de la SOLA est donné à Irchelpark, et sans le savoir nos efforts de la journée rendus vains par un léger oubli de notre première coureuse, celui de prendre un témoin avec elle. Oubli dont l’équipe se rendra compte au moment du passage à Daniel sur la deuxième étape, affrontant Tade sur 14km. Alors qu’il arrive à ne perdre qu’une dizaine de seconde sur le marathonien vedette, je suis encore tranquille à la maison au petit-déjeuner. Ma journée ne commence qu’à 13h23 d’après notre plan, pour la 9e étape que je connais bien.

Tout d’abord il me faut aller laisser un vélo à Zumikon, revenir en bus sur le zoo, et m’échauffer sous une météo relativement maussade. La légère grêle s’arrête bien vite, et la pluie est encore bien fine autour de midi. Les whatsapp s’enchaînent, notre équipe s’en sort pour l’instant très bien face à l’imposante armada des Brownsche Spaziergänger XXXS. Reste à tenir les cadors à l’écart sur l’après-midi, une tâche s’annonçant difficile malgré les 5min d’avance du matin. Je suis engagé face à Fabian Anrig, qui m’a tout de même battu sur l’étape 9 à chaque édition précédente, ainsi que plus récemment de presque une minute à Uster sur 10km.

Peu importe, sur un jour tout est possible. Je dépose mes affaires dans le camion, enfile les Nike 4% recousues pour essayer d’éviter les cloques, et fait le point de la situation avec les collègues du TVO. Possible sous les 40min ? Je ne sais pas, c’était le plan à Rubén, mais il me paraît très (trop) ambitieux. Je ferai de mon mieux…

Une fois dans les blocs, je souhaite une bonne course aux autres, ainsi que Fabian, et attend sagement mon coureur. Une bonne minute qu’Urs Schönenberger (vainqueur de l’étape précédente) est arrivé, Fabian a déjà reçu son témoin également et couru quelques 300-400m, que je reçois le témoin de Marco et attaque gaiement mon pensum en 6e position.


Passage de témoin et top départ.

Après quelques centaines de mètres Rubén est le long du parcours, 1’12 à essayer de conserver. Rapidement je remonte en 3e place, l’étape est vallonnée mais pas très dure jusque vers le km 9. La tête baissée et sans vraiment compter les forces restantes, je pars presque faux dans un virage pourtant bien indiqué. Rester concentré. Trop de distance devant malheureusement, pas possible de tenir Fabian à vue. Je m’efforce donc de passer les bosses bien mais sans trop forcer, et de relancer fort derrière. Ce qui m’avait paru dur les années passées. Mais là tout va bien, les jambes répondent présentes et semblent voler sur les routes forestières. Je reconnais les passages d’un côté à l’autre de la route, et sais ainsi évaluer l’effort restant sans trop réfléchir, ni jamais regarder la montre.


Premier kilomètre.

Petite descente un peu plus tranquille vers le km 4, en laissant bien dérouler. Fabian en vue dans la clairière. Pas pris grand-chose, ou même perdu un poil. S’il me fallait de la motivation, en voilà. TV Oerlikon, on tiendra un instant de plus ! Ça remonte derrière, mais c’est progressif. Désormais une moto me suit, et je vois le 3e placé (de l’après-midi) peu devant, perdant du terrain rapidement. Rester serein, dans mon allure. Je ne joue pas directement contre lui. Km 7, petite descente, serions-nous en approche de l’arrivée. Non je confonds, il reste le ravito évidemment, suivi de la partie plus raide. Il me semble être suivi, mais ça doit être la moto. On ne joue pas la place, mais le temps devant. Donc feu gaz sans s’occuper de regarder derrière. Rien pris au ravito, j’aime décidemment bien ce temps frais et couvert. Pas de pollens ni de grosse chaleur. Mental au beau fixe.

Se forcer dans la montée plus serrée et raide, elle n’est pas longue, et si on a juste de quoi relancer derrière c’est gagné. Re-aperçu Fabian pas si loin devant dans les équipes lentes. Moi aussi je commence à dépasser souvent, et ça me vaut quelques encouragements. Jamais de problèmes, les routes sont larges. La fin approche, le moment de jeter les dernières forces dans un kilomètre en descente, effectué en 2’53. 11km100 et un peu plus de 200m de déniv, je trouve Nina Brenn pour donner le relais, et stoppe la montre en 38’50.


Descente vers l'arrivée d'étape.

De la peine à croire ma Garmin. C’est bien 3min plus vite que mon record sur le parcours (couru 3x en 2e étape il est vrai), moins d’une minute plus lent que le record de Chrigi ! Cela sera le 2e meilleur temps de la journée, mais quelques 44s de reprises sur Fabian, mes rêves ne faisaient pas mieux.

A peine le temps de prendre des nouveaux habits chez Jamie, ainsi que mon sac dans le camion transport, que je pars prendre le train pour Egg, rejoindre Daniel, Sophie, Jost, Philippe, Adi, et autres coureurs de l’étape 11. Et oui, mon labo aussi fait la SOLA, et il faut le représenter aussi. J’ai une petite heure pour enfiler deux gels et une gourde d’iso, changer de t-shirt, et re-partir de plus belle. TVO1 a déjà perdu un peu plus de 3min sur une longue étape, c’est dur de voir Armin prêt comptant les secondes s’égrainant lentement.

A venir, une montée sèche sur Pfannenstiel dès le premier kilomètre. Tommy en supporter annonce 40min de retard sur la tête. Oui enfin je compte faire remonter un peu mon équipe mais pas autant… Je défile à côté de beaucoup de concurrents dans la montée, mais remarque que les jambes sont un peu plus défiantes lorsqu’il vient le moment de relancer dans les portions moins raides. Ça côte jusqu’au 6e, qu’il paraît. Les kilomètres défilent, un poil plus lentement que le matin, mais tout de même ça avance bien. Je bois un poil au deux ravitos, et tente de reprendre une jolie foulée dans la longue descente qui m’attend.

Inattendu, c’est le petit chemin naviguant parmi racines et escaliers le long d’un ruisseau. Pas la meilleure situation pour descendre tombeaux ouverts, mais on fait avec (et avec de fréquents ‘Achtung links’ aussi). Une petite bosse sèche sur la fin, et l’entrée dans Zumikon avec 50min48 à la montre, soit à peine plus que prévu (50min estimées).

Je pars chercher mes habits, et retrouve quelques coureurs du TV à la tête un peu dépitée. Je pose la question attendue : « on est passé 2e total ?». Pire, disqualifiés à cause du témoin de ce matin. Et l’équipe 2, qui pouvait viser un podium, s’est trompée de chemin. Fin de parcours pour les espoirs du team. Je suis tout de même satisfait de ma forme démontrée aujourd’hui, bien meilleure course que cet hiver sur route j’ai l’impression.

Reste à rentrer sur Irchel à vélo, détrempés par une averse de pluie et grêle. A attendre grelottant notre finisher et passer la ligne en 2e position, mais ne pas être classés. A se réchauffer aussi bein que possible sous la douche. A féliciter nos concurrents au podium. A partager bières et souper avec les collègues. A se dire que malgré tout on a bien pris du plaisir. Et à espérer un meilleur résultat l’année prochaine.


Une des table du souper...



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