Daniel & Jean-Claude Besse

Natation Vélo Course

Camp TVO et 10km Payerne

Camp du TVO à Fuerteventura  

Sur à peu près le même principe que l’an dernier à Lanzarote, j’ai participé cette année à nouveau au camp de février du TVO ; destination Fuerteventura pour une dizaine de jours axés principalement sur la course à pied. Pas question pour autant pour moi de ne faire que de la course à pied ; je finis par connaître au fil des années mon tendon d’Achille délicat et mon corps tout simplement pas habitué à courir tous les jours et encore moins deux fois par jour. Ainsi, je prends mon vélo (enfin mes vélos, le contre-la-montre pour moi et le route que je prête à Manuel avec qui je partage la chambre) et compte rouler de manière régulière. Mon programme au jour-le-jour est simple : 7h30 entraînement de course à jeun (souvent rythmé), suivi d’un copieux déjeuner au buffet. Puis vers 11h ou midi, un tour à vélo entre 50 et 100km (souvent sans trop forcer). Le diner se fait alors plutôt léger comme pique-nique en chambre, parfois pas avant 16h. Ensuite, selon les jours une séance de renforcement, de natation, ou de chaise-longue pour passer le temps avant le souper. Une bière terminera alors la journée et permettra de clore les discussions du jour ou de peaufiner le programme du lendemain.


Entraînement sur piste au soleil.

Belle allonge, bonnes sensations.

Course en groupe.

Tout aussi simple est le but pour moi dans ce camp : suivre le plus possible les autres sur les entraînements. En course, derrière les Chrigi, Manuel, et Sami, il me faut parfois pousser la machine, mais les jambes répondent toujours ou presque à merveille. J’ai l’impression de fatiguer lorsque le footing dépasse l’heure, voire l’heure vingt, tandis que j’ai des sensations excellentes sur les intervalles plus courts, comme par exemple sur les deux séances sur piste où les tours défilent plus que mes jambes ne veulent le croire (« quoi ? déjà fini » est un si beau feeling). Quant à vélo, c’est moi le pro sur le papier et par conséquent celui qui est censé prendre le vent ; et vent, il y a ! Les deux premiers jours, celui-ci nous mène d’ailleurs la vie dure au point où je reste parfois en dehors des barres pour garder l’assurance de maîtriser ma machine. A mon plus grand plaisir, plus les jours avancent et plus la raison pour laquelle je reste les bras écartés est de faire du drafting pour mes collègues. Mentalement, là réside mon plus grand palier : je n’ai pas hésité à prendre les contre-la-montre comme vélo pour une semaine et ai tout du long apprécié ce choix ainsi que la position et le feeling sur les barres. Les faux-plats de cette île des Canaries ainsi que son vent nous ont tous les jours donnés l’occasion d’avoir au minimum une section rapide pour goûter aux joies de la vitesse ; 75km/h que j’ai aperçu au maximum en position aérodynamique, quelque chose que je n’aurais pas osé il y a quelques années encore.


Tour à vélo.

Bref, mis à part une petite chute lors d’un échauffement à pied (mal réveillé ?!) qui me vaudra un peu de sang dans les mains, un camp sans soucis et qu’avec du plaisir. Je supporte désormais également plus facilement cette charge, sans ressentir trop de pression d’en faire toujours plus, et peux ainsi tenir sans avoir de gros faible physiquement (ou maladie qui ressort) ou devoir trop faire de repos en rentrant.


Gainage sur synthétique pour finir la journée.

10km Payerne

Pour confirmer cela, je me suis ainsi mis en tête de participer aux 10km de Payerne, une semaine après mon retour seulement. Pas de gros objectif de temps (battre le PB sera pour les championnats suisses le 23 mars à Uster), mais quand même l’envie de tourner autour des 32’ et prendre par l’occasion une revanche sur Schlumpf. L’idée n’est toutefois pas de faire de tapering juste pour cela ; la semaine est par conséquent encore assez chargée sportivement (notamment, séries sur route mardi, rouleau mercredi, séries sur piste vendredi et 80km de vélo samedi). Si tu crains que les jambes ne soient pas là, et bien, tu n’as qu’à compenser par la tactique et suivre intelligemment Fabienne et son pace-maker ; et les poser à la fin naturellement !


Départ dans le peloton.

Et qui a un plan l’exécute ! Après un échauffement avec Matthieu, David et Estelle, et quelques allonges je suis prêt et pour une fois pas stressé pour deux sous sur la ligne ; sans point d’élite, je suis en troisième ligne (derrière plusieurs dames et hommes qui poussent), sans me faire de soucis ou avoir l’envie de forcer. Les choses se décantent alors rapidement et les yeux fixés sur Fabienne (heureusement elle est grande et reconnaissable), je prends rapidement mon rythme. Ça semble trop facile quand je me prends à réfléchir à ma respiration avant même le premier kilomètre. 3’10 au panneau, c’est pourtant parfais. Sur la ligne droite de la plus grande route, j’estime alors être dans un troisième groupe et vers la 30e place ; qu’importe, le chronomètre ne se trompe sûrement pas et j’ai meilleur temps de faire une course progressive plutôt que de forcer maintenant. Sans trop le vouloir, je passe malgré moi devant le groupe et me retrouve à tirer un bon kilomètre dans ce qui me semble être une course d’attente (mais une fois encore, « attendre » à 3’10/km ça me va). 6’20 au 2e kilomètre, je retourne me cacher une fois le virage à gauche fait pour suivre le long de la rivière et attaquer le vent de face. 9’37 au 3e, ça se ressent tout de suite. Les relances sont là par contre pour Andreas Kaempf (servant de lièvre pour Fabienne) et, au fil des hectomètres, le groupe se réduit au vue d’œil pour ne finir que lui, elle, et moi au passage du 5km en 16’02. Je cours alors en parallèle à côté d’un des deux depuis un moment, ayant toujours l’impression de dérouler. Dans la tête, je me dis alors que c’est un peu lent pour un 32’ puisque je m’attends à ce que les kils 6 à 8 soient les plus venteux et m’occupe à réfléchir à quand est-ce que je pourrais bien attaquer pour les poser. Aucune de mes intentions ne transpire pourtant (contrairement à moi) et je me cache à nouveau derrière pour profiter de l’aspiration. Je suis bien (trop bien ?) ; voir les autres concurrents qu’on rattrape sans cesse ne fait qu’aider un mental déjà au beau fixe. 22’30 au 7e kilomètre, on n’est pas si mal en fait. Si passer devant ne serait probablement pas facile à ce moment, derrière je suis plus qu’à l’aise. Enfin, jusqu’au panneau du 8e. Alors, Andreas sort un petit encouragement en Suisse-allemand et se retire subitement de côté laissant Fabienne dans le vent. Ni une ni deux, je dépasse et remets un petit coup d’accélération, non sans jeter un coup d’œil pour être sûr qu’elle suive. Rendre ce qu’ils m’ont aidé serait sympa et la prendre avec moi pourrait permettre qu’elle relance à son tour ensuite si je cale. Un kilomètre bien dur s’en suit avant qu’on ne rejoigne Maxime Fluri et que, comme espéré, Fabienne en remette une couche. Je m’accroche alors tout comme Maxime et arrive même à faire une dernière accélération au finish pour m’imposer contre eux deux. 32’02 selon Datasport… après qu’ils ne me prennent dans leur mini-bus et fixe un temps arbitraire à la main « un poil plus rapide que Fabienne » puisque je n’ai pas pris le départ dans leur software. Pas de record personnel pour moi ni pour elle, juste une bonne indication que celui-ci peut, voire ceux-ci peuvent, tomber le 23 mars prochain.


Dernière ligne droite pour le finish.

8e overall et 3e M20, je suis surpris presque mais ça confirme que bien gérer le tempo aide énormément et qu’on a fait que de dépasser dès le 2e kilomètre. Le seul point qui me gêne est que j’ai toujours cette impression, après une course gérée selon le plan, de ne pas avoir suffisamment essayé d’aller chercher plus ; cette sensation de ne pas avoir su souffrir. Reste juste à ne pas lui donner trop de poids avant les championnats suisses, car c’est la recette pour exploser au deux-tiers.



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