Daniel & Jean-Claude Besse

Natation Vélo Course

Doublé sur olympique à Uster

Le fameux plus jamais

Tout participant à un ironman (ou partenaire/proche/supporter) connaît bien ce fameux "plus jamais" qu'on dit en tentant de reprendre ses esprits le soir même en se convainquant que cette fois on s'y tiendra. Et pourtant, magique comme il est, notre cerveau efface très vite les souvenirs de souffrance et de longueur pour ne se rappeler que les points positifs. La drogue faisant alors son effet, le jamais devient un peut-être puis un pourquoi pas et enfin une inscription. L'intervalle de temps entre chaque étape dépend de beaucoup de conditions. Pour nous, après Zürich, la démarche n'a pas trop tardé avec une récupération express (comparé à Francfort) et, l'option d'inscription "tardive" avec la licence PRO aidant, nous sommes désormai inscrits pour l'ironman de Barcelone en octobre. Avant cela, reste à rouler encore et toujours, ainsi que se faire plaisir sur quelques courses plus courtes comme préparation. La première a eu lieu aujourd'hui: Uster.

Train through

Ce qui est bien avec une préparation longue distance (et un volume conséquent), c'est que les olympiques sont devenus beaucoup moins compliqué: tapering minimal, pacing sans trop se poser de question, préparation (voire inscription) de dernière minute. A fond (ou presque) tout du long et ça va bien passer, la confiance est là. Et ça c'est heureusement confirmé une fois de plus aujourd'hui. Entre les 250km de vélo du week-end dernier et une semaine relativement chargée, j'avais un peu de doutes quand à mon état de fraîcheur et la façon dont les jambes allaient répondre. Vendredi à l'entraînement du TVO, les 4x5' sur route se sont avérés beaucoup plus difficiles que prévus quand bien même pas faits à fond. Le tendon d'Achille qui tire un peu, les mollets très durs, et l'envie qui manque. Pourquoi l'avoir fait? Jean-Claude a dit qu'Uster était une train-through race... mais en vérité, je me dis que ce n'était pas forcément une bonne idée de forcer une série dans ces conditions.

Geiles Gefühl

Whatever, no stress, no pressure. Le but est de faire Uster avec ce qu'on a. Et c'est toujours mieux d'avoir des sensations de m* à un entraînement plutôt que durant la compétition. D'ailleurs, dès la natation, le ressenti n'est pas si mal. Je pars juste derrière Jean-Claude dans ce rolling start, pour le rattraper vers la première bouée. De là, je mène la danse, sans trop savoir où sont les autres. Je vois plus souvent des gens à qui je prends un tour (et dont le rythme est parfois très différent du mien) que Jean-Claude ou mes concurrents direct. Qu'importe, je fais ma course, avec ce que mes jambes veulent bien fournir (et pour une fois un peu moins le compteur).

Ainsi, je sors de l'eau dans l'ignorance la plus totale et au milieu des athlètes du short et m'élance seul sur mon vélo. Les 300W sont rapidement atteints, sans que les jambes si douloureuses deux jours auparavant ne se plaignent. Et ceci résumera presque l'entièreté des deux tours du Greifensee. Seules distractions au programme sont des athlètes (et une voiture) à dépasser, soit du short au premier tour, soit du premier tour dans mon deuxième. Il me semble que je reste nettement plus sur mes barres que les dernières années sur le même parcours. Tant mieux, à Barcelone, le parcours tout plat me fait un peu craindre la lassitude au niveau de la position sur la longueur. 300W average, 308W normalized, autant dire que, mis à part les quelques chicanes de Fällanden, mon rythme est régulier. 41.2km/h de moyenne sur 38km, joli!

Uster run
Arrivée.

Et en courant aussi les sensations sont bonnes. Je regarde peu (pour ne pas dire pas du tout) la montre. Les jambes tournent, le rythme est sûrement bon. Juste après le demi-tour, je croise Jean-Claude qui n'a pas tant de retard que ça, personne d'autre ne semble être de l'olympique par contre. Avec les départs échelonnés, on ne peut être sûr de rien par contre et il faut tenir le rythme jusqu'au bout. Pas de soucis, puisque j'arrive à tenir le rythme sur le retour ainsi que l'entame du deuxième tour. Un petit gel à 6km, le check avec Jean-Claude à 7.5km pour voir que je lui ai repris un peu de terrain. Mentalement je me force encore à pousser à fond. Les mollets deviennent gentiment durs et se plaignent de plus en plus, pourtant ils devront accélérer encore sur le dernier kilomètre (sans d'autre raison que la tête en a envie et qu'ils le peuvent).

Uster podium
Podium.

Bref, une belle course qui m'a fait très plaisir tout du long. Pas de coup de mou, pas de fatigue comme vendredi, pas de réactions bizarres d'un quelconque muscle, pas de mur, pas de surprise hors plan à gérer. Que du positif. Et le doublé 1er et 2e avec Jean-Claude comme cerise sur le gâteau. Peut-être que prendre une course comme elle vient, sans pression, est parfois plus facile mentalement. Ou peut-être que la préparation longue distance a rendu les olympiques plus aisés.

Uster group
Photo de groupe.



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