Daniel & Jean-Claude Besse

Natation Vélo Course

Half-iron de Doussard

Après nos dernières nouvelles du TDFO, suivant deux semaines sans douleurs à la cuisse gauche, un incident de parcours s’est produit pour ma part, à moins de deux mois de l’échéance de l’année à Frankfurt : une douleur aussi subite qu’insistante lors de la séance de course du mardi soir. D’abord comme une crampe au mollet droit, puis qui ne s’améliore pas le soir même. Arrêt immédiat de la série. Le lendemain matin au réveil à 6h presque tombé dans les pommes, la douleur est persistante, et je renonce à la natation. Les jours suivants n’apporte que peu de réconfort, et je crains fortement une fracture de fatigue.

Si maintenant presque trois semaines plus tard le diagnostic n’est toujours pas clair, entre médecins planchant plutôt pour quelque chose de tendineux, kiné pensant à l’os, ou peut-être la veine, physio perplexe devant la situation, et des avis divergents de toute part, le mal est toujours présent par vagues, l’intérieur du tibia juste au-dessus de la malléole souvent rouge et enfle sans bandage, aucun pas de course à l’horizon, et ne serait-ce que ma participation à l’iron ressemble plus à du miracle que le plan bien exécuté jusque-là ne le laisserait paraître.

Doussard, qui se présentait alors comme une course de préparation à 5 semaines du terme, tient alors ce goût spécial de la course dans laquelle je ne serais jamais, de la compétition vécue officiellement comme un compétiteur mais dans la tête de l’extérieur, avec l’envie parfois de tout recommencer à zéro, en retenant une larme au coin de l’œil.

Il reste toutefois 5 semaines (si peu ; mais à la fois, peut-être, sait-on jamais, beaucoup), et donc il faut quand même revoir la gamme, et laisser voler le mince espoir de voir cette ligne d’arrivée qui m’a tant motivée depuis septembre passé.

Annecy
Ville d'Annecy le samedi.

Je pars ainsi samedi sur Annecy avec le Rushteam avec pour ambition de nager et rouler, ça devrait passer, d’écouter le corps et d’arrêter à la première douleur ; comme beaucoup trop d’athlètes avant moi, et beaucoup trop plus tard sans doute, de prendre le départ avec la conviction interne de ne pas arriver au bout. Le plus dur étant de savoir que je tiens (comme Daniel) la meilleure forme de ma vie, et qu’un petit bout de corps défectueux peut stopper net tout effort de continuer.

La fin de semaine se passe toutefois relativement bien, après un week-end de l’Ascension assez chargé en vélo, mais un début de semaine limite niveau douleurs. Après passablement (peut-être trop) de marche dans la belle ville d’Annecy, la jambe redevient douloureuse en soirée, et le matin le réveil est pénible. Je place mes affaires sans certitude, ne dépose pas de chaussures en T2, et ne m’échauffe que brièvement en natation.

Rushteam
Le souper Rushteam d'avant course.

Le départ est donné face au large, et un virage à gauche au coin du ponton nous attend après 20m. Heureusement le départ est dans l’eau, pas besoin de courir sur la plage. Je pars tout droit à fond et en levant la tête la première fois je suis déjà plus loin que le ponton, il faut tourner à gauche. Je suis en deuxième position, très bien placé. Les pieds du premier semblent toutefois un poil trop rapides, et je prends plus ou moins mon propre rythme, en léger surrégime pour garder les bulles et ne pas devoir lever la tête trop souvent. Daniel me rejoins par l’arrière après 400m environ, et je drafte un peu jusqu’à la première bouée. Ensuite c’est un petit bout à les garder en mire, avant de reprendre mon rythme propre. La houle me fait un peu zigzaguer dans ce lac à température bien agréable. Je suis un peu déçu de mon orientation, mais sinon il me semble bien gérer ma natation. Pas de douleurs, et si tout ira bien finalement ?

Sortie de l'eau
Sortie de l'eau en 3e position, satisfait de cette partie.

Sur le retour je me dirige un tantinet mieux vers la sortie, nage jusqu’au maximum pour éviter de trop marcher. En sortant le monde encourageant le 3e que je suis me motive à essayer de trottiner. Ouille ! ça sera un seul pas de course, puis une T1 en marchant tranquillement.

Montée sur le vélo, mise des chaussures, sortie jusque sur la départementale, et je réalise à la première ligne droite qu’aujourd’hui ça ne va pas le faire. Je me pose sur les barres sans l’envie de forcer sur un tibia douloureux, d’emmener un braquet qui me fait mal, de sentir une lancée à chaque tour de pédale. Alors je me relève, prends la décision d’arrêter avant la première bosse à 10km, me repose sur les barres et tente de manger en quasi roue libre pour tester le ravitaillement. Et après moins de 6km, une barre avalée, c’est flèche à gauche (ou plutôt vélo à droite sur une place de parc).

T1
T1 en marchant, la course s'arrêtera peu après.

Direct derrière moi une camionnette des samaritains me demande si j’ai besoin d’aide (comment savaient-ils qu’ils devaient me suivre ?). Je dis que je peux rentrer seul, pas de soucis. Je me remets en route en sens inverse, encourage les Rushtistes que je croise, réalise aussi en passant que si en sortant tout devant de l’eau on est livré à nous même, bien rapidement le champ d’athlètes suivant ressemble plus à Zug ou Ironman Brasil qu’à du no-drafting.

De retour en T2 je rends ma puce, mon dossard, me change et réalise combien subitement la saison qui vient de commencer de la pire des manières est incertaine. Si la forme ne se perdra pas si vite je l’espère (et ceux qui m’écrivent gentiment arrivent presque à me convaincre), reste l’immense inconnue de savoir quand le corps sera prêt à recourir. L’évolution ces prochaines semaines en dira plus, d’ici là il faut être sage et patient. En rêvant toujours de ne pas finir similairement à Frankfurt.



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