Daniel & Jean-Claude Besse

Natation Vélo Course

Management de la performance

Après des années passées dans le triathlon, peut-on encore changer quelque chose dans notre préparation d’une saison ?

La réponse est oui, surtout lorsqu’on s’entraîne sans plan à long terme, et que la distance de nos compétitions augmente au fur et à mesure des années s’écoulant. Et la réponse est d’autant plus oui, lorsqu’on se dit qu’avec un Master of Science en poche, on devrait comprendre les modèles de l’entraînement et de la performance d’un oeil plus scientifique.

Avec Daniel depuis un peu plus d’une année on s’est un peu plongé dedans (lui peut-être bien plus que moi), on a compris l’intérêt de certaine formulations, implémenté quelques concepts, eu des réticences face à certaines déclarations, et gentiment convergé vers notre façon d’analyser nos entraînements, leur charge sur notre corps et la fatigue qu’ils génèrent, etc.

Le travail a débouché sur 3record.de (en beta privée, nous contacter si intérêt il y a), qui évolue encore peu à peu, mais permet déjà une belle analyse de la saison passée. Reste encore à tourner cela en un plan pour la suivante avec les acquis de connaissance. J’avais de la chance de commencer aussi avec presque 5 ans de journaux d’entraînements en poche (peut-être que je transformerai l’évolution de mes saisons en une news plus tard), ainsi que depuis cette saison des pédales mesurant la puissance à vélo (car pour analyser des données, mieux vaut les avoir collectées auparavant, et le plus précisément possible).


Le but pour 2016 était de continuer comme les années précédentes, avec un parallèle toutefois 3record.de pour avoir un feeling des informations utiles à extraire. J’ai toutefois l’impression qu’il en a parfois fait un peu plus, preuve que c’est un outil utile.

TSS, ATL, CTL, TSB, késako ?

Avant de commencer, quelques définitions (ici en version crash course simplifiée, les détails mathématiques peuvent être trouvés sous http://www.3record.de/about/metrics par exemple) :

  • FTP : Estimer la fatigue et la forme peuvent se faire par la durée et/ou la distance des entraînements uniquement, mais ne sera pas très précis. L’intensité entre aussi en compte. (J’insiste sur estimer. Beaucoup de facteurs - mentaux, professionnels, familiaux, liés à la santé, etc - non pris en compte dans le modèle peuvent affecter la performance.) Toutefois l’intensité d’un entraînement ne dépend pas seulement du travail fourni, mais de la capacité de chacun à fournir ce travail. Ainsi on définit le Functional Threshold Power comme la puissance maximale qu’un athlète est capable de tenir sur environ 1h. La FTP est donc la référence de notre niveau en endurance (par exemple 1’30/100m en natation, 325W à vélo et 3’25/km en course).

  • NP : Le corps réagit à l’effort fourni non pas instantanément, mais un peu plus lentement (de l’ordre de 30s). De plus, l’effort fourni ne dépend pas du travail moyen (ie. 10km en 50min régulier seront plus faciles que 2x5km, le premier en 20min le deuxième en 30min). Le Normalized Power (ou Normalized Pace en fonction du sport) donne ainsi la puissance (ou vitesse) correspondant au même effort si maintenue constante pour la durée de l’entraînement.

  • TSS : Armé de la FTP ainsi que NP, on peut faire des calculs intéressants. Leur ratio donne un facteur d’intensité (IF), qui mis au carré et multiplié par la durée et par 100 donne le Training Stress Score. Le TSS est une mesure du stress généré dans le corps par un entraînement dans sa globalité. Une course d’une heure donne 100 points, des intervalles durs sur plus d’1h30 peuvent donner 100 voire 200pts, un footing récup de l’ordre de 30-50 par exemple.

  • ATL : Pour Acute Training Load, ou la charge d’entraînement récente, est calculé comme une moyenne pondérée du TSS sur la dernière semaine. L’ATL est souvent comparé à la fatigue, car c’est une charge à court terme.

  • CTL : Pour Chronic Training Load, correspond à la charge d’entraînement chronique, calculé comme l’ATL mais sur une période correspondant plutôt à un mois. Le CTL est associé à la forme, c’est une charge accumulé sur du plus long terme.

  • TSB : Enfin on calcule le Training Stress Balance, par simple soustraction CTL-ATL. Le TSB est positif lorsque la charge récente est inférieure à la charge chronique (de manière équivalente lorsque la forme est supérieure à la fatigue). Il devient négatif dans les périodes de croissance de charge, lorsque la fatigue se fait sentir. Ainsi TSB est aussi référencé comme la fraîcheur.

Note : Ceci est la première d'une news en 3 volets, qui devriendra de plus en plus orientée pratique. La deuxième partie est publiée sous http://www.besse.fr.nf/news/260-Management-de-la-performance-2e-partie, la troisième sous http://www.besse.fr.nf/news/261-Management-de-la-performance-3e-partie.

1 commentaire
bravo, ça devient top !
par PA le 17-10-2016 à 09:00


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